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29 Octobre 2009
Des files d'attente pour le vaccin!
Je travaillais dans la salle des nouvelles aujourd'hui. Rappatrié à l'intérieur pour coordonner le résumé provincial sur la grippe.
J'étais à mon poste de travail quand la voix de notre boss s'est fait entendre dans le système d'intercom réservé aux breaking news.
- "Prenez note que l'hélico décolle en direction de St-Eustache. Problèmes à un centre de vaccination à St-Eustache."
Sur le coup, je n'ai pas trop réagi. Mais je me demandais bien pourquoi l'hélico (mon ancien bureau!) et mon ami Réjean décollait pour ça. Qu'allaient-ils pouvoir nous montrer?
J'ai eu ma réponse quelques minutes plus tard. Dans la salle des nouvelles, on est tous resté bouche bée en voyant cette image retransmise par l'hélico.
Du monde! Du monde! Du monde! Des centaines de personnes en ligne... pour se faire vacciner! La police sur place. Une congestion monstre.
Les gens dans la salle disaient tous la même chose: "Ben voyons donc!" On était tous abasourdi, flabergasté.
On savait bien qu'il n'allait pas avoir suffisamment de vaccins aujourd'hui pour tous ces gens. Ils étaient plus de 2 000 à attendre! Et seulement 800 vaccins disponible...
En regardant ça, je me suis passé une petite réflexion:
1- C'est drôle mais je ne reçois presque plus de courriels prônant la théorie du complot. On dirait qu'il y a moins de monde qui a peur de ce fameux vaccin.
2- Il ne faudrait pas que la situation dégénère rapidement en pandémie. Je vous jure que le côté civil de notre population ne tient pas à grand chose...
26 Octobre 2009
Les jeunes fous au volant
Clarifions tout de suite un point. Je ne suis pas un vieux grincheux. Un "popa" qui veut faire la leçon. Non, je suis un gars de 32 ans qui conduit depuis qu'il a 16 ans et un jour.
Et je suis aussi journaliste. Un journaliste qui, comme bien d'autres, a couvert son lot d'accidents mortels avec des jeunes au volant. Des jeunes parfois saoûls. Des jeunes gelés. Des jeunes fous. Des jeunes écervelés.
Ne les mettons pas tous dans le même panier. C'est vrai. Mais mon dieu qu'ils sont nombreux!
Et chaque fois qu'on fait face à un accident comme celui de St-Jean-sur-Richelieu, on se pose la question: "Mais n'ont-ils rien appris?!?"
Ils étaient 12 dans deux véhicules. Douze jeunes!!! Encore beau que le bilan ne soit pas plus lourd...
Et 24 heures plus tard, que reçoit-on par courriel? Ce vidéo. Le gars l'a envoyé ce matin à Jean-Luc Mongrain, tout content de dire qu'il n'y avait pas eu de mort. Moi, ça me rappelle trop bien cet autre vidéo. Et ça c'était terminé de façon pas mal plus tragique dans ce cas-là.
Et chaque fois, on est supposé dire: "Bah! Ils sont jeunes et insouciants. Pas de leur faute."
Je regrette. Non.
Quand on pose les mains sur un volant et qu'on a 16 ans, 17 ans, 18 ans, on se voit confier l'une des plus grandes responsabilités de notre jeune vie.
Visiblement, plusieurs n'ont pas la maturité pour accepter cette responsabilité.

Alors, que fait-on? On change la loi et on repousse l'âge à 21 ans?
22 Octobre 2009
en direct du CLSC
Mon beat, habituellement, ce n'est pas tellement la sante. Ma collegue Maryse Gagnon est meilleure que moi. Sauf aujourd'hui...
Parce que, voyez-vous, je suis actuellement le correspondant officiel de TVA en direct du CLSC St-Hubert. Et c'est palpitant, vous n'avez pas idee. Hum! Hum! Hum!
Le problème: une mega eruption cutanee depuis 48 heures. J'ai la moitie du visage rouge vif. Ca brule. Ca pique. Je ressemble a Bozo le clown et je n'ai aucune idee de ce qui a provoque ca. Et en plus, ce matin, je me reveille avec la paupiere gauche enflee.
Je ne suis jamais malade. Je n'ai même pas de medecin de famille. J'ai donc pris la direction du CLSC. Arrive a 9:30.
- Le quota du medecin est déjà atteint, monsieur.
- Euh. Bon. Mais m'avez-vous vu la face?!?
- je peux vous faire voir l'infirmiere.
Je m'asseois. La salle d'attente est divisee en deux: ceux qui ont des masques et ceux qui n'en ont pas. Ca tousse. Ca ronchonne. Oui, je vous confirme que la deuxieme vague de H1N1 est bien arrivee.Dans ce CLSC en tout cas.
- Le numero 526!
C'est moi. Il est 11:15. L'infirmiere me regarde.
- Ouais. Pas beau, ca.
- je le sais. C'est pour ca que je suis ici.
- Faudrait voir le medecin.
- je m'en doutais, savez-vous...
Alors, la gentille infirmiere m'explique que l'autre medecin commence a 17:00. Mais pour etre certain d'avoir une place, faut arriver vers 15:45 et faire la file.
Je retourne donc chez nous en realisant que je viens carrementr de perdre 2 heures de ma vie.
Et cet apres-midi, me voilà de retour au CLSC dans la file. Il est 16:30. On fait la file pour avoir un numero.
Je me sens comme en U.R.S.S!
Et on dit que notre systeme de sante est prêt a faire face a une pandemie? Ce soir, en direct de mon CLSC, permettez-moi d'en douter.
*** MISE À JOUR - 21h00 ***
Bon. Me revoilà sorti. Je suis obligé de dire que, même si ça prend du temps, c'est efficace. Personnel très gentil, bien compétent. Bref, notre système de santé en est un de qualité. Le problème, c'est juste d'y entrer!
16 Octobre 2009
Ça bouille dans la salle des nouvelles
Je travaille exceptionnellement de soir aujourd'hui. Un petit vendredi au 22 heures, ça fait toujours du bien.
Et c'est particulièrement intéressant ce soir. Ça bouillonne dans la salle des nouvelles, mes amis! C'est que mon collègue Paul Larocque sort un méchant bon scoop dans quelques minutes. Tout le monde est sur les dents. Beaucoup beaucoup de monde pour un vendredi soir au 10e étage de TVA.
Paul est fébrile. Il multiplie les coups de téléphone. Méchante job de recherche et d'enquête qu'il a accomplie. Je lui lève mon chapeau. Mon collègue Yves Poirier est là aussi. Un bon team!
C'est exactement pour ça que je voulais devenir journaliste. Pour être là quand c'est gros. Pour sentir et ressentir cette fébrilité quand c'est le temps de sortir une grosse nouvelle, un gros breaking news.
Et ce scoop? Secret total. Je ne vous en dis pas plus. Écoutez ça tantôt... ça vaut la peine.
*** MISE À JOUR... 22h21... ***
Bon. C'est sorti en ondes. Alors, l'histoire...
...c'est à propos de lui.
15 Octobre 2009
J'appelle la police!
Faut que je vous raconte ma journée.
Je travaillais sur un truc aujourd'hui qui m'amène à aller filmer l'extérieur d'une école de la rive-sud de Montréal. Rien de très exceptionnel jusque-là.
Je stationne mon camion (bien identifié) à proximité de l'école, sur la rue. J'empoigne ma caméra et je commence à tourner quelques images.
C'est l'heure du diner. Les enfants sortent à l'extérieur. Je me dis que ça pourrait être intéressant d'avoir un peu de viz des p'tits mousses qui jouent et s'amusent.
Mais bon. Tourner des images d'enfants, quand on travaille aux nouvelles, ce n'est jamais chose facile. Il ne faut rien identifier. Je m'assure donc de laisser mes images avec un flou volontaire.
Et, point important, je tourne ces images de loin. De très, très, très loin. Du genre: caméra sur le trottoir, de l'autre côté de la rue, de l'autre côté de la clôture. Je ne suis donc pas sur le terrain de l'école.
J'entends quelques kids qui crient: "TVA! C'est TVA! Hi! Hi! Hi!". Normal.
Soudain, je vois une enseignante qui traverse la rue vers moi. Elle semble calme.
- Bonjour Madame!
- Bonjour Monsieur. On peut vous demander ce que vous faites?
- Maxime Landry. Travaille pour TVA. Je prends quelques images de l'école. Rassurez-vous: aucun enfant identifiable.
- Ah. Parfait. Donc...
Tout était parfait jusque-là. Mais elle n'a même pas le temps de finir sa phrase que la directrice arrive. Elle, pas l'air calme du tout. Oh que non!
Je me présente et viens pour réexpliquer mon affaire.
- Bonjour Madame. Je suis...
- I am calling the police right now!
- Euh... pardon!?!?
- Your heard me! The POLIIIIICE! Stay where you are!
Sauter les plombs, vous dites!?! J'avais l'impression d'être dans un mauvais épisode de Cops!
Pendant qu'elle fait le 9-1-1 (eh oui!!), je lui montre ma carte de presse. Je lui montre le logo de TVA sur ma caméra. Je lui pointe mon camion. Rien à faire. Même pas capable de lui expliquer quoi que ce soit.
Selon moi, elle est convaincu que je suis un pédophile, un Taliban, un meurtrier en liberté. Mon crime: avoir osé pointer une caméra sur une école! Je lui offre de voir les images que j'ai tournées pour lui prouver qu'il n'y a rien de grave... elle ne veut rien savoir.
Comprenez-moi bien: qu'on assure une sécurité autour d'une école, parfait. Bravo.
Mais avant d'appeler la police et de conclure qu'un gars de TVA, facilement identifiable, est le pire des criminels, est-ce possible d'aller lui parler? De respirer par le nez deux minutes? Bref, d'avoir un peu de jugement svp...
7 Octobre 2009
Petit train ne va pas très loin
Vous avez été quelques-uns à m'écrire en début de saison en septembre pour dénoncer les problèmes importants des trains de banlieue de l'AMT. Notamment sur la ligne Saint-Jérôme - Montréal.
Aux gens qui m'ont écrit, je leur avais demandé de sortir leur cellulaire et de me prendre quelques photos lors de pannes. Il n'y a rien comme une image quand vient le temps de confronter les responsables.
Ca n'a pas pris de temps. Dès lundi, j'ai reçu des photos prises à l'intérieur du train #174 en matinée. Quand j'ai montré ça à ma conjointe, elle m'a demandé si c'était dans le métro de New York! Non, chéri. C'est ici. Cheu nous!
Pour résumer la pensée du téléspectateur qui me les a envoyées: "Du bétail à l'intérieur d'un enclos." Or, ce bétail paye quand même sa carte TRAM jusqu'à 191 dollars chaque mois pour s'entasser de la sorte à l'intérieur d'un wagon...
Voyez par vous-même:
Des gens entassés les uns sur les autres...
Plusieurs se sont retrouvés le nez vissé dans les portes."
Fallait pas être clostrophobe ce matin-là... oh que non!
J'ai diffusé ces images en ondes hier soir. Oui, la situation n'est pas comme ça chaque matin. Mais ce n'est pas si exceptionnel que ça non plus.
Coup de fil à l'AMT: "Oui, on a connu de gros problèmes lundi matin. Une vieille locomotive diesel a refusé de démarrer. On a dû amputer des wagons. On est conscient des frustrations mais que voulez-vous! Notre matériel roulant est vieux. On attend les nouvelles voitures et locomotives sous peu.
- Sous peu, ça veut dire quand?
- Sous peu. Dans quelques mois... peut-être l'an prochain... on ne le sait pas vraiment.
- Compensation financière en vue pour les usagers?
- Non."
Double discours. On organise de belles journées En ville sans ma voiture pour encourager le transport en commun... et le service n'est même pas là!
Au moment même ou je diffusais ces photos en ondes hier soir vers 18h, je reçois un autre courriel d'une téléspectatrice:
"Mon copain est en ce moment même coincé sur le quai de Montréal-Ouest puisque la ligne de l'AMT est brisée vers Vaudreuil!"
Et dire que les grands froids d'hiver ne sont même pas commencés!
5 Octobre 2009
Ou est Natasha Cournoyer?
Il est 16h40 et je me trouve dans le stationnement de Place Laval, l'endroit ou travaillait Natasha Cournoyer. La dame est portee disparue depuis jeudi soir. Malgre des recherches intensives, malgre des centaines d'affiches d'elle placardees aux quatre coins de la region, aucune trace de cette femme apparemment sans histoire.
Je connais bien le secteur pour avoir grandi et travaille longtemps a Laval. Place Laval, ce sont 4 tours a bureau. A l'epoque, les grands visionnaires lavallois croyaient bien eriger autour de ces tours le futur centre-ville. Finalement, ce qu'on appelle le centre-ville de Laval est davantage situe pres du Carrefour Laval, plus a l'ouest. Place Laval est devenu un complexe un peu perdu au milieu du boulevard des Laurentides.
Je me presente donc ici ce matin, ma camera a la main. Premiere constatation: le peu de sentiment de securite qui regne autour. Vous savez, quand les gens VIENNENT vous voir directement pour vous dire: "On a toujours eu la chienne de se promener autour, tard le soir, apres le bureau." Ca vous donne deja le portrait.
Je jase, je jase. Je tombe sur quelqu'un qui m'explique un bon truc. Il faut savoir qu'il n'y a qu'un seul agent de securite pour surveiller l'ensemble du complexe. C'est grand en titi pour un seul homme. N'empeche, ce gars-la, un jour, decide, de son propre chef, de raccompagner les dames le soir jusqu'a leur voiture garees loin dans le stationnement mal eclaire.
Bonne idee, non?
Eh bien non justement. Pas aux yeux de ses patrons. Le gars, me dit-on, s'est fait dire de rester a son poste. "C'est pas ta job" lui aurait-on fait comprendre. C'etait il y a quelques temps, bien avant la disparition de Natasha Cournoyer.
Aujourd'hui, sans etre enquteur et presumer de ce qui s'est reellement passe, pensez-vous que ca aurait pu aider a augmenter un tout petit peu le sentiment de securite ici?
2 Octobre 2009
Allo Papou!
- Max, tu travailles sur Guy Laliberté aujourd'hui.
Quand mon affectateur me donne une histoire qui touche les avions, la météo ou l'espace, je flotte. J'adore. Ça commence bien la journée!
J'arrive dans la salle des nouvelles. Je commence à regarder les images reçues par le biais de NASA TV. Et v'là-tu pas que je tombe sur cette conversation entre Laliberté et sa famille, en direct de l'espace.
- Allo Papou!
- Salut toi! As-tu aimé le décollage de la fusée!?!
- Ouuuuuuuuuuuui!
J'écoutais ça et j'avais vraiment l'impression d'entrer dans la bulle familiale de notre clown de l'espace.
J'ignore si c'est parce que je suis moi-même papa depuis 1 an mais ça m'a vraiment touché. Je me revoyais dans ma chambre d'hôtel, lorsque je suis affecté pour un tournage à l'étranger, et que j'appelle ma fille le soir pour lui souhaiter bonne nuit.
Et là, je réalisais que Laliberté vivait probablement la même chose... à 400 kilomètres d'altitude. Pas le même décor. Pas le même contexte. Mais certainement le même pincement au coeur.
Pariez que si je gagne 35 millions de dollars un jour, moi aussi, je souhaiterai bonne nuit à ma Anaïs en direct de l'espace.
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