Le Groupe de travail sur la tarification des services publics a remis ses conclusions la semaine dernière. Un peu à la manière des «Lucides» il y a quelques années, les auteurs du
rapport Montmarquette invitent les Québécois à «s'affranchir de la «culture de la gratuité», évoquant notamment le fait que chaque Québécois paierait 650 $ de moins par an que la moyenne des Canadiens en tarifs pour les services publics. Pour corriger la situation, il faudrait donc hausser les frais de scolarité, de l'électricité, des frais de garde, des droits automobiles et introduire des compteurs d'eau. Selon Joseph Facal (un des auteurs), une tarification «équitable» servirait mieux l'intérêt collectif que des tarifs maintenus artificiellement bas, à condition de protéger les plus démunis. On connaît la chanson. Fort bien. Mais pourquoi s’arrêter là sur le chemin de l’équité?
Un lecteur du
Devoir - le géographe Pierre-Mathie Le Bel - suggère de pousser le questionnement un peu plus loin et y va de
réflexions fort intéressantes. Je me permets de le citer et, par le fait même, de vous soumettre ses questions:
(…) je suggère de reconsidérer les coûts collectifs dus à l'étalement urbain. Les banlieusards paient moins de taxes alors qu'ils coûtent plus cher en infrastructures. Plus de mètres d'aqueducs, de câbles électriques, de routes..., plus de distances parcourues pour des produits de toutes sortes. Moins cependant de terres cultivables pour le pays (ce qui fait que l'on doit importer plus de denrées alimentaires). Moins, aussi, d'exercice physique pour ces gens de la route (ce qui se répercutera un jour ou l'autre dans les services de santé).
Croit-on vraiment que cette utilisation de l'espace est gratuite? Que les taxes foncières en vigueur ou les frais liés au permis de conduire et autres assurances couvrent les coûts sociaux de la banlieue? Que quelques postes de péages constituent une solution? À quand un rapport sur ce que nous coûte l'utilisation suburbanisée grandissante du territoire québécois?
* air connu