7 Avril 2008

Permalink 19:02 pm, Normand Jolicoeur / Vivre avec le cancer, 568 mots  

LE VOULOIR DE VIVRE

Il n’y a pas d’âge à vouloir espérer vivre. Dans sa lettre, Robert, âgé de soixante-quatorze ans nous le prouve bien. Il s’est accroché aux siens avec un désir ardent de survivre.

Lettre de Robert

Je suis un labyringectomisé de 74 ans. Tout a commencé en mai 2004 avec des problèmes de gorge. Après consultation, tests et biopsie, le médecin m’annonce que je suis atteint d’un cancer de la gorge. En juin de cette même année, je débute donc une série de vingt traitements de radiothérapie.

Tout allait pour le mieux, mais voilà qu’en mai 2006, de nouveaux problèmes surviennent et de plus je perds la voix. Nouvelle consultation, mais cette fois on me conseille l’opération du larynx ce qui a pour résultat l’ablation du larynx, de la glande thyroïde et d’autres glandes. Tout cela me laisse avec un trou dans la gorge pour respirer et la perte de l’usage de la parole et de l’odorat.

Mois D’enfer

Après douze jours d’hospitalisation, les trois mois qui suivirent furent de vrai mois d’enfer et un découragement total s’est emparé de moi. Je ne sais plus à quoi penser, ne peux plus parler et me demande sans cesse combien de temps il me reste à vivre.
Mais malgré tout, grâce au soutien et aux encouragements de mon épouse, de mes trois enfants, de mes deux petits-enfants, de ma parenté et de mes amis on réussit à me remonter le moral.

En octobre il est donc décidé que je dois reprendre les traitements de radiothérapie- cette fois au nombre de trente -, mais avant on doit m’extraire les dents du bas. Suivront encore d’autres grands moments de découragement, car je souffre de violents maux de gorge et d’oreilles, j’ai de la difficulté à avaler et je perds mes cheveux. De plus, le cou me brûle comme du feu.

Dans mon découragement j’ai beaucoup pleuré, tellement, que j’ai même demandé à Dieu de venir me chercher. Puis je me suis mis à penser à mon épouse, mes enfants et mes petits-enfants et me suit dit qu’il fallait que je me battre pour espérer vivre encore avec eux quelques mois, et qui sait, peut-être même quelques années de plus.

Aujourd’hui, 14 février 2008, ça va mieux, je parle avec une voix oesophagienne et je suis toujours là. Les meilleurs conseils que je puisse retenir et donner à toutes personnes aux prises avec cette terrible maladie qu’est le cancer sont : la patience, le courage et surtout le vouloir de vivre.
Parlez aussi avec vos proches, amis et médecins, car on a tant besoin d’eux.

Merci Monsieur Normand et continuez votre bon travail.
Bon courage à vous et à tous vos lecteurs,

Robert

J’ai été touché, Robert, par votre grande détermination, mais surtout par votre “Victoire”. Vous avez su persévérer malgré tous ces moments de souffrance et de découragement.
Une fois de plus, cela prouve bien qu’on ne doit jamais désespérer, et à 74 ans, vous en êtes une preuve vivante.

Encore longue vie à vous, et n’oublions pas que chaque journée qui nous est offerte peut devenir un vrai cadeau de la vie et que d’autres peuvent suivre.

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