Plusieurs déplorent la grande vacuité de la présente campagne électorale. Le comédien Denis Bouchard n’est certainement pas seul à trouver navrant l’absence de projet de société emballant. De passage à
Tout le Monde en parle dimanche, il s’est plaint que tout ce que les principaux partis proposent, c’est de bien gérer le Québec pour les quatre prochaines années, un peu comme le ferait un gérant de caisse populaire. On augmente les dépenses ici, on les diminue là et c’est à peu près tout. Zzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz. Il y a bien la souveraineté que propose le PQ, mais encore là, il y en a certains qui, à l’instar de Michel Tremblay l’an dernier, se désolent que le discours indépendantiste ait été réduit à une question d’argent.
Voilà pourtant que nous provient un projet de société audacieux, gracieuseté d’un parti… municipal! En effet,
Projet Montréal a fait parvenir aux médias un communiqué dans lequel il rappelle sa proposition de relancer l’économie québécoise en réduisant sa dépendance au pétrole. Le parti se questionne sur le modèle du «tout à l’auto», qui sévit ici et un peu partout en Occident. Pour le Québec, ce questionnement n’est pas simplement d’ordre écologique, mais aussi de nature économique. En effet, le Québec ne produit ni pétrole ni automobiles. Nous devons donc importer ces ressources et ces biens fabriqués ailleurs, ce qui contribue lourdement à notre déficit commercial. Or, Projet Montréal estime que nous avons les moyens de changer notre façon de faire, grâce notamment à deux joyeux de notre industrie: Hydro-Québec et Bombardier. La première est en mesure de nous fournir de l’électricité en abondance et la seconde construit toute une gamme de technologies de transport sur rails. Bref, en misant davantage sur le transport collectif, nous pourrions à la fois produire moins de gaz à effet de serre et réduire nos importations. Qui plus est, nous serions en mesure d’investir davantage ici et de créer des emplois de qualité dans le secteur manufacturier. Le Québec en sortirait donc gagnant à tout point de vue.
Le projet est audacieux. Il implique que nous repensions notre façon d’envisager nos déplacements, mais aussi l’aménagement de nos villes. Cela demande donc un changement de mentalité et aussi beaucoup de volonté politique. En sommes-nous capables? Est-ce une solution crédible?