30/03/07

Permalink 21:42 pm, Marco Fortier / Catégorie: Général, La campagne Québec 2007, 164 mots  

L'odeur d'élections revient avec le printemps

Déclenchera, déclenchera pas?
Stephen Harper assure qu’il n’a pas l’intention de plonger le Canada en élection, mais au rythme où il multiplie les annonces électorales, il est permis de douter de ses intentions.
Lundi, le premier ministre Harper et son homme de confiance à Montréal, Michael Fortier, annonceront une aide financière de 900 millions de dollars pour l’industrie aéronautique, selon Radio-Canada.
Exactement le genre de bonne nouvelle qui arrive toujours pile au moment des élections. Le gouvernement conservateur en a justement effectué quelques-unes, de ces annonces, dans les dernières semaines. Ça adonne tellement bien.
Stephen Harper et Michael Fortier diront qu’ils ne font que leur travail, sans arrière-pensée électorale. Mais au même moment, le Parti libéral, le Bloc québécois et le NPD se préparent comme si des élections étaient prévues.
Vous, électeurs, devriez aussi envisager d’aller voter encore une fois au début de l’été.

29/03/07

Permalink 09:13 am, Marco Fortier / Catégorie: Général, La campagne Québec 2007, 242 mots  

«Vieux» partis cherchent idées neuves

André Boisclair et Jean Charest devront se soumettre dans les prochains mois à un vote de confiance de leurs militants. Dans les deux cas, la partie est loin d’être gagnée.
Libéraux et péquistes doivent toutefois éviter de penser qu’ils régleront tous leurs problèmes en montrant la porte à leurs chefs.
En plus de remettre en question leur leadership, les deux «vieux» partis doivent proposer quelque chose de neuf aux Québécois, sortir des vieilles recettes du passé.
Le PQ et le PLQ ont laissé le champ libre à l’ADQ pour incarner le nationalisme québécois.
Le Parti libéral s’est lancé en campagne électorale sans avoir strictement rien de nouveau à proposer aux Québécois. «Le fruit n’est pas mûr» pour les grandes manœuvres face à Ottawa, dit-on depuis toujours au PLQ, mais est-ce que ça veut dire qu’il faut s’asseoir et attendre à ne rien faire?
De son côté, le Parti québécois doit aussi donner un grand coup de balai dans son programme. Bien sûr que le PQ doit demeurer souverainiste, mais ce parti ne pourra plus exiger que son chef se mette la tête dans le sable et promette un référendum le plus tôt possible. On l’a vu, ça devient tout simplement ridicule.
Plus que jamais, le PQ et le PLQ sont dus pour une vraie «saison des idées».

27/03/07

Permalink 10:17 am, Marco Fortier / Catégorie: Général, La campagne Québec 2007, 168 mots  

La vague Dumont aurait pu devenir un tsunami

La vague adéquiste aurait pu se transformer en véritable raz-de-marée. Ou même en tsunami.
En plus de rafler 41 comtés, le parti de Mario Dumont a terminé deuxième dans pas moins de 46 circonscriptions.
Des châteaux forts du Parti québécois, comme Verchères (l’ancien comté de Bernard Landry), ou du Parti libéral, comme Brome-Missisquoi, ont connu de solides percées de l’ADQ.
Les libéraux ont conservé les cinq comtés de Laval, mais les troupes de Mario Dumont ont terminé au deuxième rang partout sauf dans Laval-des-Rapides.
L’ADQ a aussi marqué des points dans l’est de Montréal, sans toutefois faire élire un seul député. La prochaine élection sera-t-elle la bonne? Super Mario percera-t-il le fameux mur de Montréal?
Hier, j’aurais répondu non, mais aujourd’hui, on ne peut plus exclure aucun scénario. Après tout, Montréal compte sans doute aussi quelques électeurs tannés des «vieux partis»…

26/03/07

Permalink 10:45 am, Marco Fortier / Catégorie: Général, La campagne Québec 2007, 169 mots  

Mario doit ranger son arc et ses flèches

En attendant le verdict des électeurs, Mario Dumont doit réfléchir sérieusement à son plan pour les prochains jours.
L’ADQ détiendra possiblement la balance du pouvoir face à un gouvernement minoritaire libéral ou péquiste. Qu’en fera-t-elle?
Chose certaine, Mario Dumont devra mettre de l’eau dans son vin pour éviter de plonger le Québec dans le chaos. Les deux «vieux partis» et l’ADQ se détestent mutuellement. Ils s’haïssent comme c’est pas possible.
Dumont a toujours été bon pour diriger des phrases assassines contre ses adversaires, mais le temps est venu pour lui de ranger son arc et ses flèches et de montrer qu'il peut rassembler.
À en juger par ses propos des derniers jours, une coalition en bonne et due forme est exclue. Mais l’ADQ devra choisir ses batailles et éviter de demander la lune au prochain premier ministre. À moins que ce premier ministre s’appelle… Mario Dumont. Hautement improbable, mais on ne peut jamais dire jamais!

24/03/07

Permalink 10:33 am, Marco Fortier / Catégorie: Général, La campagne Québec 2007, 178 mots  

Turbulence en vue au Parti québécois

On aura vécu une campagne électorale étonnante jusqu'à la fin.
Encore ce matin, le sondage Crop-La Presse confirme que 58% des Québécois sont favorables à un changement de gouvernement. Et 60% des électeurs sont plutôt ou très insatisfaits du gouvernement Charest. Tout cela, à deux jours du vote!
Normalement, c’est la victoire servie sur un plateau d’argent pour le chef de l’opposition. Surtout que Jean Charest a mené une campagne très ordinaire, c'est le moins qu'on puisse dire.
Mais de toute évidence, le Parti québécois d'André Boisclair n'a jamais réussi à s'imposer comme une solution de rechange crédible aux libéraux.
Les Québécois refusent aussi de signer un chèque en blanc à Mario Dumont, mais le chef de l'ADQ est devenu un joueur incontournable dans le paysage politique québécois pour les années à venir.
À moins d'un revirement extraordinaire dans la position des astres, qui mènerait à la formation d'un gouvernement majoritaire du Parti québécois, le mouvement souverainiste se dirige vers une zone de turbulence.

22/03/07

Permalink 21:07 pm, Marco Fortier / Catégorie: Général, La campagne Québec 2007, 270 mots  

L'arrogance est une maladie qui s'attrape

Alors mesdames, irez-vous voter avec ou sans niqab? Pour être à la mode, portez votre foulard islamique noir, cette année. C'est très branché dans les rues de Riyad.
Par contre, si vous optez pour la burqa, le bleu s'impose, d'après mes informateurs à Kandahar.
N'y a-t-il pas un bureau de vote dans une cabane à sucre, quelque part au fond d'un rang? Tout en votant, pour pourrez en profiter pour manger des oreilles de crisse sans porc et du jambon végétarien. Tant qu'à y être, vous ferez aussi votre prière sur la piste de danse.
OK, j'arrête, c'est une blague. C'est vraiment une blague.
***
Parlons plutôt de Stephen Harper, si vous le voulez bien. Il a changé d'idée, vous avez vu? Finalement, il accepterait de parler à un gouvernement du Parti québécois.
M. Harper n'a pas voulu le dire lui-même. En conférence à Montréal, il est entré et sorti par la porte d'en arrière pour se sauver des journalistes. Aux Communes, il a laissé parler son ministre Lawrence Cannon.
Avant de faire volte-face, il a quand même fallu que Jean Charest, Mario Dumont et André Boisclair lui rappellent gentiment que c'est aux Québécois à élire le gouvernement du Québec.
Ce drôle d'épisode est-il révélateur de ce qui nous guette à l'avenir? C'est curieux, mais j'ai eu l'impression d'entendre un Stephen Harper à la tête d'un gouvernement majoritaire.
L'arrogance est-elle une maladie qui s'attrape à Ottawa? Même dans ses plus belles années, il me semble que Jean Chrétien était rarement allé aussi loin…

21/03/07

Permalink 21:32 pm, Marco Fortier / Catégorie: Général, La campagne Québec 2007, 223 mots  

On n'est pas sortis de l'érablière

Oh boy, on n’est pas sortis du bois…
Les éminents intellectuels Gérard Bouchard et Charles Taylor, qui ont eu le mandat d’étudier les «accomodements raisonnables», ont du pain sur la planche.
À en juger par vos commentaires depuis 24 heures sur cette histoire de prière à la cabane à sucre, vous voulez que les immigrants s’intègrent, entrent dans le moule.
J’ai l’impression que c’est ce que font la très très vaste majorité des nouveaux arrivants au Québec. Merci à Dalinda Liazoghli d’avoir rappelé dans ce blogue que les musulmans font autre chose dans la vie que de demander des accomodements raisonnables.
On ne les entend pas beaucoup, les gens comme Dalinda Liazoghli, parce que ce sont des citoyens comme tous les autres, qui font leur petite affaire sans déranger personne. J’en connais plein, des musulmans, et ils sont venus au Québec parce qu’ils aiment le Québec, sa démocratie, sa manière de vivre…
Plusieurs sont nés ici. Ils sont aussi québécois que les Tremblay ou les Gagnon. Il faut faire très attention pour ne pas généraliser à cause d’une minorité qui fait beaucoup de bruit.
Dommage qu’on entende toujours les mêmes grandes gueules qui se disent «porte-parole» de la communauté musulmane.

20/03/07

Permalink 22:14 pm, Marco Fortier / Catégorie: Général, La campagne Québec 2007, 343 mots  

Mahomet, Jésus et le sirop d'érable

Je ne suis pas d’accord avec ceux qui disent que les musulmans n’ont pas leur place à la cabane à sucre. Il me semble au contraire qu’il n’y a rien de plus beau que des musulmans, des juifs ou des hindous dans ce haut lieu de la gastronomie québécoise.
S’ils prennent la peine de se rendre dans une cabane à sucre, n’est-ce pas un signe d’ouverture, d’intégration à la culture québécoise?
Les cabanes à sucre qui offrent des fèves au lard sans lard à leurs clients musulmans agissent intelligemment. En autant qu’elles offrent aussi des fèves au lard… avec du lard à leurs clients qui en veulent.
Du lard, c’est du porc. Et les musulmans pratiquants ne mangent pas de porc. C’est comme ça.
Qu’ils mangent des fèves au lard sans lard, ça n’enlève rien à personne. Tout le monde est content. Ça permet aux musulmans ou aux juifs de s’ouvrir au Québec. Accomodement raisonnable, donc.
Par contre, le propriétaire de la cabane à sucre qui a «tassé» des clients de la piste de danse pour permettre à un groupe de musulmans de prier a commis une erreur.
Imaginez un instant un groupe de fervents catholiques qui interrompraient un party sur une piste de danse pour faire leur prière. «S’cuse, peux-tu te tasser, faut que je parle à Jésus…» Ils se feraient dire que c’est à l’église qu’on parle à Jésus.
Même chose pour les musulmans. Ils prient généralement à la mosquée ou dans un lieu privé et discret. J’ai voyagé souvent et longtemps dans des pays musulmans, Maroc, Turquie, Émirats arabes unis, et je n’ai jamais vu personne prier dans un restaurant ou sur une piste de danse.
Il y a peut-être des musulmans qui liront ceci et qui me corrigeront. Certains cafés ou restos, dans des pays musulmans, «accomodent» sans doute leurs clients qui veulent prier. Mais ce n’est sûrement pas la norme.

19/03/07

Permalink 20:56 pm, Marco Fortier / Catégorie: Général, La campagne Québec 2007, 169 mots  

La parole est à vous

Et voilà, Stephen Harper a parlé. C’est maintenant à votre tour.
La beauté de la chose, c’est qu’il reste à voir de quelle façon le budget du gouvernement conservateur rebondira au Québec. Les électeurs ont vraiment un pouvoir entre les mains. Aucun «expert», aucun journaliste, aucun chroniqueur, ne peut affirmer aujourd’hui qu’un parti, un seul, a gagné avec le budget Harper.
Bien sûr que Jean Charest peut se vanter d’avoir travaillé fort pour convaincre son vis-à-vis fédéral d’investir au Québec. Bien sûr que Mario Dumont peut essayer de plaider qu’il dépenserait mieux ces milliards que les autres. Et bien sûr qu’André Boisclair peut affirmer que le déséquilibre fiscal n’est pas réglé, malgré le bout de chemin qu’a fait le gouvernement Harper.
Il vous reste six jours avant de décider où mettre un X sur votre bulletin de vote. Le budget fédéral influencera-t-il votre choix?

18/03/07

Permalink 22:05 pm, Marco Fortier / Catégorie: Général, La campagne Québec 2007, 240 mots  

Et le gagnant est... Stephen Harper?

À en juger par vos réactions passionnées sur ce blogue depuis 24 heures, chers amis lecteurs, vous l’attendez avec impatience, le budget Harper.
Vous avez bien raison. D’abord, il est inusité qu’un gouvernement à Ottawa intervienne aussi clairement dans une élection au Québec. Une intervention de poids : Stephen Harper fera pleuvoir des centaines de millions de dollars sur le Québec.
Cette manne changera-t-elle le cours de la campagne électorale? On verra. Chose certaine, les chefs des trois principaux partis du Québec ont réagi de la même façon, dimanche : en disant que le Québec risquait de sortir gagnant du budget fédéral.
Si Jean Charest, André Boisclair et Mario Dumont sont contents, quelle conclusion en tireront les électeurs, le 26 mars? Que Jean Charest a défendu les intérêts du Québec à Ottawa? Que ça donne plus d’argent au Québec en attendant la souveraineté? Que le Québec a assez de «marge de manœuvre» pour devenir autonomiste?
Toutes ces réponses peuvent se défendre. Il sera très intéressant de voir comment les Québécois jugeront le budget Harper et ses conséquences sur le scrutin du 26 mars.
En attendant, le premier vrai gagnant du budget Harper s’appellera probablement… Stephen Harper. Il aura démontré encore une fois ses talents de stratège politique.
Si son budget est à la hauteur des attentes, évidemment.

17/03/07

Permalink 21:36 pm, Marco Fortier / Catégorie: Général, La campagne Québec 2007, 279 mots  

«L'axe du mal», version Québec

Le camp souverainiste aura une grosse décision à prendre dans les prochains jours : appuyer ou non le budget Harper, qui fera pleuvoir des centaines de millions de dollars sur le Québec.
Si le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, vote contre le budget fédéral, il se fera reprocher de priver le Québec de gros dollars dont la province a bien besoin. Il risque aussi de faire tomber le gouvernement et de déclencher une élection.
Par contre, si M. Duceppe appuie le budget, ce sera interprété comme un aveu de défaite des souverainistes face à Stephen Harper et Jean Charest, qui font fonctionner le Canada avec leur «fédéralisme d’ouverture». Pas trop bon pour le Parti québécois d’André Boisclair, à une semaine de l’élection.
Messieurs Duceppe et Boisclair viennent de donner un aperçu de leur stratégie d’attaque : ils ont dénoncé «l’axe Dumont-Harper», lors du rassemblement péquiste d’aujourd’hui à Québec.
Oh la la, c’est épeurant ça, «l’axe Dumont-Harper». On dirait «l’axe du mal» évoqué par George W. Bush pour parler de l’Iran et de la Corée du Nord.
Mais dites-moi, qu’est-ce que Mario Dumont vient faire dans le budget fédéral? Il faut quand même qu’ils aient peur de Mario Dumont, les souverainistes, pour placer le chef de l’ADQ au centre d’un «axe du mal» tourné vers Ottawa.
Et M. Charest lui, il est où dans cet «axe Dumont-Harper»? Ne le déclarez pas K.-O. tout de suite, la nouvelle de sa mort est nettement prématurée…

15/03/07

Permalink 11:44 am, Marco Fortier / Catégorie: Général, 230 mots  

Ça va mal en «estick»

Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond avec la campagne des libéraux.
Jean Charest n'est pas l'ombre de lui-même. Encore ce matin, il s'est fait apostropher par un travailleur d'usine, à Varennes, qui lui a « dit tout haut ce que tout le monde pense tout bas»: il nous reste moins d'argent dans nos poches. Et cet «estick» de compte d'Hydro, comme l'a si bien dit le travailleur, qui augmente tout le temps…
La veille, les libéraux étaient les seuls à ne s'être pas présentés au rendez-vous avec la Fédération québécoise des municipalités et à refuser de débattre avec les étudiants.
Ces deux chaises vides ont fait mal paraître Jean Charest. Surtout que le chef libéral a raconté que la ministre Nathalie Normandeau l'a remplacé au congrès des municipalités — «Elle a bien fait ça», a dit M. Charest — alors qu'elle n'y était même pas allée.
Ironie du sort, l'avion de Jean Charest a dû atterrir à Ottawa plutôt qu'à Montréal, mercredi soir, à cause du brouillard. Le premier ministre a-t-il profité de ce détour dans la capitale fédérale pour aller rappeler à Stephen Harper qu'il doit faire un BEAU chèque au Québec dans son budget, la semaine prochaine?
M. Charest a bien besoin de l'aide de son ami Stephen.

14/03/07

Permalink 11:09 am, Marco Fortier / Catégorie: Général, La campagne Québec 2007, 148 mots  

Mario est en feu

Mario Dumont n'a pas perdu de temps pour exploiter le capital de sympathie qu'il a accumulé au débat d'hier soir.
Tôt ce matin, dans sa première apparition publique de la journée, il a réclamé la démission du ministre Michel Després, il a laissé planer des doutes sur la crédibilité de la commission d'enquête sur l'effondrement du viaduc de Laval et il est venu à un cheveu d'accuser le gouvernement Charest de négligence dans toute cette affaire.
Il y va fort, le chef de l'ADQ. Ses partisans aiment ça. Mario Dumont a été chaleureusement applaudi par ses militants dans le petit local électoral de Charlesbourg, en banlieue de Québec.
Mario «pète le feu», comme on dit. Mais il joue aussi avec le feu en exploitant de façon aussi crue une tragédie qui a fait cinq morts.

13/03/07

Permalink 10:41 am, Marco Fortier / Catégorie: Général, La campagne Québec 2007, 257 mots  

Pendant ce temps à Ottawa...

Vous en avez assez des élections? Ça ne fait que commencer. Dès que vous aurez déposé votre bulletin de vote dans l'urne, le 26 mars, une nouvelle campagne électorale sera peut-être sur le point de s'amorcer.
On sait qu'un gouvernement prépare des élections quand il commence à distribuer des millions à gauche et à droite. Et Stephen Harper a sorti son carnet de chèques.
Un milliard pour les agriculteurs. Des millions pour rénover des quais dans les provinces de l'Atlantique. Et un gros cadeau au Québec et à l'Ontario dans le budget fédéral de la semaine prochaine.
C'est pas beau, tout ça, les amis? Parlez-moi d'un gouvernement à l'écoute des citoyens.
Ça adonne bien, l'année financière se termine le 31 mars, il reste des milliards de surplus à dépenser.
Curieux tout de même comme le pouvoir peut transformer un parti. Quand ils formaient l'opposition, les conservateurs étaient les premiers à dénoncer les folies dépensières des libéraux.
Le gouvernement Harper a coupé un milliard dans les groupes de défense des femmes, du français et des analphabètes, mais il est en train de dépenser pas mal plus en bonbons électoraux.
Les conservateurs organisent une grande session de formation pour préparer leurs candidats à la campagne électorale, en fin de semaine prochaine. Si le parti de Mario Dumont remporte une bonne quinzaine de sièges à l'Assemblée nationale le 26 mars, Stephen Harper verra ça comme un bon signe pour les conservateurs. Il sera prêt à passer à l'attaque.

11/03/07

Permalink 23:09 pm, Marco Fortier / Catégorie: Général, La campagne Québec 2007, 220 mots  

Infernal, ce Paradis

Le député Pierre Paradis se fait un devoir d’embarrasser son chef, Jean Charest, à chaque campagne électorale.
M. Paradis a attaqué dimanche là où ça fait mal : sur la «première priorité» des libéraux, la santé.
«Quand vous regardez notre bulletin de santé, les gens savent que nous avons fait du bon travail, mais peut-être pas aussi bon que nous le prétendons», a affirmé le député de Brome-Missisquoi devant des journalistes.
Ayoye ! En plein dans les dents. Jean Charest n’avait surtout pas besoin de se faire rappeler cette triste vérité à deux jours du débat des chefs.
Il faut dire que Pierre Paradis a l’habitude de mettre des bâtons dans les roues de son chef. Durant la campagne d’avril 2003, le député libéral avait présenté Jean Charest comme le «sauveur du Canada» lors d’un discours du chef libéral dans Brome-Missisquoi. Aouch ! Ça fait mal…
Même histoire durant la campagne de 1998 : Pierre Paradis avait mis Jean Charest dans l’embarras en affirmant plusieurs fois que le gouvernement Bouchard s’était comporté de façon «criminelle» en coupant dans la santé.
Ne vous demandez pas pourquoi le premier ministre a oublié son ami Paradis sur les banquettes arrière de l’Assemblée nationale depuis quatre ans.

10/03/07

Permalink 20:58 pm, Marco Fortier / Catégorie: Général, 268 mots  

La bonne police et le pauvre petit journaliste

Les funérailles de l’agent Daniel Tessier ont bouleversé le Québec. La mort d’un policier en devoir est toujours une tragédie.
Ceci dit, le directeur de la police de Laval a fait une curieuse mise en garde aujourd’hui. Dans une lettre ouverte, il déplore l’intérêt des médias pour cette tragédie.
Les journalistes ont rapporté des faits importants: la famille de l’accusé, Basil Parasiris, affirme que le tireur croyait être victime d’une «invasion de domicile» par des bandits quand les policiers ont défoncé la porte de sa maison pour une perquisition dans une affaire de drogue, en pleine nuit. Son fils aurait même composé le 9-1-1.
Il y a eu échange de coups de feu. Le policier Tessier est mort. Un autre a été blessé. Une femme, une fillette de six ans et un garçon de 15 ans se trouvaient dans la maison.
Les policiers ont-ils effectué la perquisition dans les règles de l’art?
«Nous considérons que seuls des professionnels qualifiés, à travers une enquête rigoureuse, sont en mesure de répondre aux questions soulevées», écrit le chef de la police, Jean-Pierre Gariépy.
« Aucune enquête journalistique ne peut prétendre à de pareils résultats», précise-t-il.
La police mène une enquête de police. Les journalistes mènent une enquête de journalistes.
Comme journaliste, si je travaillais sur un dossier où un groupe impliqué me disait de me mêler de mes affaires, je mettrais dix fois plus d’efforts pour découvrir la vérité…

8/03/07

Permalink 11:08 am, Marco Fortier / Catégorie: Général, La campagne Québec 2007, 206 mots  

La partition comme instrument politique

Si Jean Charest voulait ramener la campagne électorale au vieux débat entre fédéralistes et souverainistes, on dirait bien qu’il a réussi. C’est comme ça à chaque campagne électorale au Québec, d’ailleurs.
Le chef libéral a toujours intérêt à transformer une campagne électorale en campagne référendaire, tout simplement parce qu’il y a plus de fédéralistes que de souverainistes au Québec. Sans oublier que les deux tiers des Québécois, y compris plusieurs souverainistes, ne veulent pas d’un référendum.
Avec ses déclarations ambiguës au sujet de la partition, Jean Charest tente de ramener chez lui les fédéralistes, et pousser vers le Parti québécois les souverainistes, qui étaient tentés de flirter avec l’Action démocratique de Mario Dumont. Un sale coup pour l’ADQ.
Pour arriver à ses fins, Jean Charest a utilisé la menace de partition comme un instrument politique. Comme le disait Christiane Charette à Jean Charest ce matin : «La politique dans tout ce que ça a de plus… politique.»
En politique, un premier ministre peut exploiter même les sujets les plus explosifs à des fins partisanes. Aimez-vous ça, vous, les électeurs?

7/03/07

Permalink 11:13 am, Marco Fortier / Catégorie: Général, La campagne Québec 2007, 217 mots  

Un gros lapsus

Bien sûr, tout le monde a droit à l’erreur. Surtout dans le contexte d’une campagne électorale épuisante où les journées commencent bien avant le lever du soleil et se terminent bien après minuit.
Il faut quand même prendre note du lapsus de Jean Charest au sujet de la partition du Québec en cas de Oui à la souveraineté. «Je ne crois pas que le Québec serait indivisible», a dit hier le premier ministre, en anglais, avant de se rétracter plus tard en soirée.
C’est un gros lapsus. Au lieu de dire «divisible», il a dit «indivisible». On ne parle pas du lapsus d’une mère qui lance à ses enfants : «Allez prendre votre pain», au lieu de dire : «Allez prendre votre bain.»
C’est l’intégrité du territoire québécois qui est en jeu. C’est la moindre des choses qu’on demande à un premier ministre du Québec de défendre bec et ongle l’intégrité du territoire québécois. Tous les prédécesseurs de Jean Charest l’ont fait. Même les fédéralistes comme Daniel Johnson ou Robert Bourassa.
On le répète : tout le monde a droit à l’erreur. Mais on peut quand même prendre note.

5/03/07

Permalink 21:08 pm, Marco Fortier / Catégorie: Général, 153 mots  

Encore une «tapette»

Il n’y a pas qu’au Québec que l’homosexualité d’un leader politique fait jaser. Le démocrate John Edwards s’est ainsi fait traiter de «tapette» la semaine dernière par la commentatrice Ann Coulter.
La célèbre éditorialiste de droite a insulté l’aspirant à l’investiture présidentielle dans un discours qu’elle livrait devant l’influente Conférence d’action politique de l’Union conservatrice, à Washington.
Qu’on le veuille ou non, il y aura toujours des gens allergiques aux homosexuels. On le voit, l’homophobie existe aux États-Unis, au Québec et ailleurs.
La beauté de la chose, c’est que Coulter se fait dénoncer, depuis trois jours, tant par les démocrates que par les républicains. Tout comme le formidable animateur Louis Champagne, du Saguenay, s’est retrouvé isolé après ses commentaires sur les «tapettes» qui osent se lancer en politique.

4/03/07

Permalink 13:45 pm, Marco Fortier / Catégorie: Général, La campagne Québec 2007, 183 mots  

Ce n'est plus du soccer, c'est de la politique

Eh que c’est compliqué, ces histoires de voile islamique. La fédération internationale de soccer s’est-elle, oui ou non, prononcé contre le port du voile islamique durant les matches?
Y en a qui disent oui. Y en a qui disent non. Y en a qui disent peut-être.
Cet Anglais, Brian Barwick, qui parlait au nom de sa fédération de soccer (et de la fédé internationale), est clairement contre le hidjab sur le terrain de soccer. Si on lit entre les lignes, il dit qu'il est contre. Mais il n’est pas le seul à s’être prononcé là-dessus. Y en a qui disent oui, y en a qui disent non…
La vérité, c’est que cette affaire est devenue politique. Culturelle. On ne parle plus de règlements sportifs, on parle de manière de vivre.
Chose certaine, les arbitres en ont lourd sur les épaules, à partir de maintenant. Si ça continue, ça va bientôt prendre un doctorat en droit constitutionnel pour arbitrer une partie de soccer entre petites filles de 12 ans au Canada…

3/03/07

Permalink 17:58 pm, Marco Fortier / Catégorie: Général, 257 mots  

Même les Anglais ne veulent pas du voile au soccer

Le foulard islamique, finalement, n’a pas sa place sur un terrain de soccer. Même les Anglais d’Angleterre, qui distribuent normalement les accomodements raisonnables comme des petits pains chauds, viennent de trancher contre le port du hidjab au soccer.
La FIFA, la fédération internationale de soccer, vient de se prononcer contre le foulard islamique, une semaine après la controverse qui a secoué le Québec en pleine campagne électorale.
«Si vous jouez au football (soccer), il y a des règles à respecter, et la règle numéro quatre décrit l’équipement de base», a déclaré Brian Barwick, directeur exécutif de la fédération anglaise de football, qui est un des membres de FIFA. Le hidjab, évidemment, n’est pas décrit comme un équipement de base du soccer, a pris la peine de souligner Barwick.
Étonnant, quand même, de la part de nos amis anglais. Au Royaume-Uni, le multiculturalisme et les accomodements raisonnables sont devenus une vraie religion, au point où ils offrent même des «burqas d’hôpital» aux patientes musulmanes dans les urgences.
C’est André Boisclair qui va être fâché. Le chef du Parti québécois avait appuyé la jeune Asmahan Mansour, d’Ottawa, bannie d’un tournoi de soccer la semaine dernière à Laval parce qu’elle refusait d’enlever son hidjab sur le terrain. Jean Charest et Mario Dumont, eux, s’étaient prononcés contre le port du voile.
Vont-ils encore accuser André Boisclair d'avoir «manqué de jugement»?

2/03/07

Permalink 22:01 pm, Marco Fortier / Catégorie: Général, La campagne Québec 2007, 373 mots  

La bataille des girouettes

C’est la bataille électorale la plus bizarre au Québec. Dans le comté de Groulx, dans les Basses-Laurentides, le député libéral est un souverainiste qui voulait passer au Parti québécois, la candidate de l’ADQ est une libérale qui voulait se présenter pour Jean Charest et la candidate du Parti québécois vient tout juste d’être nommée… 10 jours après le déclenchement de la campagne électorale.
Complètement fou, qu’on vous dit.
Commençons par le candidat et député libéral, Pierre Descôteaux. Il est bien mal parti pour défendre sa formidable majorité de 303 voix décrochée en 2003.
Dans les jours précédant le début de la campagne, il a rencontré l’exécutif péquiste du comté. Il s’est dit souverainiste. C’était fait, il passait au PQ. Puis il a changé d’idée après une rencontre avec Jean Charest. Finalement, il a décidé qu'il était fédéraliste et libéral.
C’est là que Linda Lapointe entre en scène. Elle voulait remplacer Descôteaux qui devait quitter les libéraux pour aller au PQ. Elle a écrit à Jean Charest qu’elle voulait être candidate libérale. En attendant la réponse de M. Charest, elle reçoit une offre de l’Action démocratique de Mario Dumont. Elle accepte. Linda Lapointe devient candidate-vedette de l’ADQ.
Le Parti québécois ne sort pas plus glorieux de toute cette aventure. Le PQ s’est fait prendre les culottes à terre quand l’ami Descôteaux est resté chez les libéraux. Pierre Dubuc, secrétaire du SPQ-libre, la branche syndicale du PQ, s’est porté candidat.
L’entourage d’André Boisclair n’était pas tout à fait enchanté par la présence encombrante de ce militant réputé pour ses positions pas très subtiles. Le chef peut dormir sur ses deux oreilles : le PQ vient de désigner Rachel Gagnon comme candidate.
Voilà, c’est parti. La campagne électorale dans Groulx peut commencer. Une semaine et demie après le reste du Québec.
Aux candidats du PLQ et de l’ADQ, félicitations pour vos belles convictions.

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