11 Août 2008Nuit rouge
Ça y est, après des mois et des mois de tension accrue entre les policiers et la population du quartier (surtout les jeunes), Montréal-Nord a fini par exploser.
Après Paris, c'est au tour de Montréal d'avoir sa banlieue rouge. La recette est exactement la même... Vous prenez une poche de pauvreté, vous ajoutez des gangs de rue et des immigrants peu fortunés, vous agitez quelques jours, vous attendez que la police tire dans le tas et tue un jeune de 18 ans, et hop, vous avez une belle émeute flambée au cocktail Molotov et au gaz propane. La question à se poser n'est pas: pourquoi s'est arrivé? Mais: pourquoi ce n'est pas arrivé avant? Car entre vous et moi, ça ne prenait pas un post-doctorat en sociologie pour savoir que Montréal-Nord allait exploser! C'était écrit dans le ciel. Pourtant, les policiers ont été pris de court. Comme s'ils n'avaient JAMAIS envisagé ce scénario. Comme si l'éventualité d'une émeute ne leur avait jamais passé par la tête. Coup donc, on dort au gaz, chez les flics? Ils croyaient qu'un des leurs pouvait tirer sur un jeune non-armé sans que la marmite ne déborde?
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Richard Martineau est chroniqueur au Journal de Montréal.
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