12 Mai 2008

Permalink 14:07 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 167 mots  

Vers une crise majeure?

Pierre Curzi, député péquiste dans Borduas et porte-parole de l'opposition en matière de langue, trouve qu'il faut renforcer la loi 101 au plus sacrant, sinon on risque de "sombrer dans le démembrement social".

Un peu alarmiste, comme affirmation, non ?

On est quand même loin de la guerre civile !

On dirait un pompier qui allume des incendies pour mieux les éteindre.

"Votez PQ, sinon, on va sombrer dans une profonde crise sociale!"

Je ressens effectivement un malaise à Montréal concernant la situation du français.

Mais de là parler de crise sociale, il y a une marge...

Ces sorties alarmistes n'aident personne. C'est comme les écolos qui ne cessent de multiplier les scénarios-catastrophe. "Le niveau de la mer va monter de un mètre, deux mètres, trois mètres..."

Chaque avertissement est pire que le précédent.

Un moment donné, à force de crier au loup et d'annoncer la fin du monde (ou des crises sociales majeures...), plus personne ne nous croit.


Permalien 25 commentaires

Commentaires:

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Commentaire de: Charles Magne
Indeed, Mr. Martineau. You're so damn right.
Permalien 2008-05-12 14:18:46
Commentaire de: tann nne
C'est exactement çà! Je déteste sentir qu'on me manipule oû qu'on essaie de me pousser. Quand çà arrive, je me rebutte et je n'écoute simplement plus ce qu'ils disent.

Les freaks de la santé veulent me dire quoi manger? Alors je me fait un devoir d'aller au McDonald 3 fois par semaine et je renonce à cesser de fumer.

Les écolos ne cessent de brailler que la planète est en danger? Maintenant je m'en balance et je ne recycle plus rien. J'en ai marre. C'est jamais assez avec eux et moi je débarque.

La langue française va disparaître qu'ils nous disent? Parfait! On parlera anglais so what? I dont care anymore! On verra bien ce qui arrivera.

Moi, les discours alarmistes et les gens qui ont réponse à tout, je suis pu capable. Je les laisse parler tout seul.

Je les ai cru une fois et c'était là bien mon erreur.

Permalien 2008-05-12 14:30:35
Commentaire de: martin gingras
Et dire que c,est ces meme Péquistes qui accusent les fédéralistes de faire des campagnes de peur...
Permalien 2008-05-12 14:42:18
Commentaire de: k bg
ces pas pour rien que les liberaux au quebec sont haut dans les sondage ,le chef de l'adq prend tout les nouvelle de la fin de semaine pour creer sont capital politique de la semaine(etre pret du monde ya right)ex:election scolaire a montreal qui marche pas bien faut faire sauter le gouvernement pour ca et le PQ qui font sauter leur chef pour n'importe quelle raison et toujour un sentiment de discorde et toujour un probleme avec notre identité sa sent le bateau qui coule.je croit que les liberaux sont mort de rire a voir les frasque des deux autre partie en tout cas moi je le suis.
Permalien 2008-05-12 15:13:13
Commentaire de: Normand Lapierre
Ben oui! si on ecouterais tous ces vents de paniques et dans environ 80% des cas il y a de l'exageration, on ne serait plus capable de bouger. C'est la facon dont les gouvernements et les groupes anti-ci et anti-ca se servent pour faire passer leurs idees.
S'ils en mettent un peu plus, c'est plus convainquant. Imaginez que seulement une petite poignee de gens bien organisee peut chambarder toute une societe. Je ne vous apprends rien de nouveau la dessus. Et meme on se fait un plaisir meme de changer nos habitudes dans notre propre maison.
Merci de m'avoir lu.
Permalien 2008-05-12 15:23:57
Commentaire de: francois provost
Heureusement que vous n'êtes un général, M. Martineau, vos troupes seraient souvent dans le pétrin!

Quel serait votre évaluation de la situation, si après avoir utilisé 90% de vos troupes vous verrez toujours une progression de l'ennemi ?

Avec la loi 101, nous avons déjà utilisé les armes lourdes !
Permalien 2008-05-12 15:59:37
Commentaire de: Raymond Saint-Arnaud
Quand la moitié des immigrants allophones au Québec se foutent du français et et optent pour l’anglais, et que d’autre part on augmente l’immigration à 55 000 par année, à mon avis on a raison de craindre qu’à moyen terme cela va créer des problèmes pour l’avenir du français au Québec. C’est une question de mathématiques et non d’opinion.

Chacun a le droit d’exercer son sens critique devant la situation dénoncée par M. Curzi, soit pour ignorer la situation comme la grenouille dans la marmite sur le poêle, soit pour alerter ses semblables au danger qui les guettent.

Par contre seulement critiquer la personne qui énonce une idée n‘est pas très constructif. Il convient de regarder le message plutôt que le messager. Autrement dit, il faut évaluer ce qui est vrai ou ce qui est faux dans le message, et apporter son opinion en un sens ou dans l’autre.

Permalien 2008-05-12 17:34:35
Commentaire de: René Bouthillette
A lire certains en tentant d'y comprendre le texte tellement il y a de fautes et à en entendre certains autres s'exprimer , ce n'est pas un remforcissement de la loi 101 qui sauvera la langue !!!
Permalien 2008-05-12 20:56:00
Commentaire de: Clarisse Lévesque
Bonsoir,vers une crise majeur! Quelle crise...majeure! Une p'tite pillule, une p'tite granule pour ci et pour ca en plus! C'est ca notre société. On essaie de nous faire croire à...pour être dans le clan des...Peur d'avoir peur de quoi! De la loi 101, de nos politiciens, de nos dirigeants, de nos supérieurs et quoi d'autres! J'en ai marre de: on peut pas faire cela et ceci parce que...quoi encore et encore, hein! Je crois que je vais utiliser mon instinct animal, c'est pas mal moins compliqué si ca continue comme ca. Les animaux, eux ne se cassent pas la tête et sont heureux. Nous, sommes-nous aussi animal en quelque sorte!!! Bonsoir et bonne nuit.
Permalien 2008-05-12 21:59:14
Commentaire de: Melanie W. Robert
Une crise majeure?

Comment une crise majeure ? Pour qu'il y est une crise majeure, il faudrait que les gens se révoltent, qu'ils sortent dans la rue...

Vous n'avez qu'à aller vous promener sur le plateau où on vous sert maintenant en anglais par des unilingues anglophones et où les moutons québécois répondent docilement dans la langue de Shakespeare sans exiger qu'on leur parle en français.

Pour qu'il y est une crise majeure, il faudrait que les Québécois ait une colonne pour ça. Ce n'est pas le cas, l'anglais avance et le français recule.

So What !? C'est tellement cool de parler anglais.

Une crise majeure au Québec...causé par des moutons....Laissez-moi rire!
Permalien 2008-05-13 01:34:27
Commentaire de: j.m. ouellet
mais c est ca le nouveau truc... ca a marche pour le tabac, ca a marche pour la centrale au gaz de beauharnois.. ca a marche pour la station de ski en monteregie.. et ca presque marche pour rabaska.. on dramatise, on desinforme, et surprise ca marche.. mais moi on ne m y prend plus.........
Permalien 2008-05-13 06:19:49
Commentaire de: Fernand Cloutier
Au lieu de crier au loup au sujet de langue française, ÉTABLISSONT un système d'ENSEIGNEMENT avec des PROGRAMMES qui INSTRUISENT nos jeunes au lieu de les ABRUTIR et en FAIRE des ILLETTER......................
Permalien 2008-05-13 10:01:32
Commentaire de: Claude Archamabult
Le PCul va toujours tenter de créer l'impression d'une crise linguistique, même si ce n'est que par apparence. Car sans cette fausse cause, ils n'ont pas de raison d'être.
La souveraineté le peuple sait maintenant qu'il ne la fera jamais, l'économie, ils avaient des politiques plutot gauchiste, mais la gauche a perdu la faveur populaire à cause de tous ses échecs. Donc le Pcul fra tout en son possible pour appeurer la population sur un danger qui n'existe que dans leur tête.
Permalien 2008-05-13 10:44:39
Commentaire de: Monsieur tout le monde
Ouch ...

Un gars, Pierre Curzi, arrive en politique dans le but sincère de travailler au plus haut niveau pour la sauvegarde de la culture et de la langue au Québec. C'est l'un des très rares politiciens en vue qui ne sont pas des administrateurs professionnels qui veulent gèrer des portefeuilles. Lui, il a donné sa vie entière à sa culture et à sa langue. Et c'est pcq il ne veut pas les voir disparaître qu'il est là.

Vous avez un politicien intègre et sincère qui vous représente. Y'en a pas des tonnes. Lever un peu le pied sur le mode cynique à son égard serait une bonne idée.

S'il parle de "crise sociale majeure", c'est pcq lui, ça le bouleverse de voir ce qui se passe. Et qu'il pense que tous les québécois devraient l'être autant. Vous savez bien qu'il risque d'avoir raison d'être boulversé à ce point. On ne parle pas d'un sujet futile ici. Lui, il est au niveau politique, il a les études en mains, il a les experts, il a les chiffres cachés, il est intelligent et il a peur de ce qui s'en vient.

Et il nous invite à tendre l'oreille, pour ce qu'il a le droit de dire.

Alarmiste ? Moi je dirais compétent. Il nous défend, et très bien jusqu'à présent. Soutenons le au lieu de le "basher". On est vraiment caves au Québec ... Vous êtes désespérant.

Permalien 2008-05-13 10:52:33
Commentaire de: andré michaud
Si vous cherchez une cause perdue c'est celle de faire apprendre le français écrit et parlé ...AUX FRANCOPHONES!!!

Mais ici c'est toujours la faute des autres...les méchants immigrants, les méchants anglos, les méchants américains..pourtant aucune de ces personnes ne nous empeche de FAIRE L'EFFORT de parler et écrire correctement le français!!!

La vérité est que les québécois se foutent de parler et écrire convenablement le français...mais voudraient que les AUTRES fassent cet effort qu'ils refusent OBSTINÉMENT de faire EUX même!!

Quand on parle de loi 101 c'est toujours pour forcer...les AUTRES à faire l'effort d'apprendre à parler et écrire le français!!! Quelle hypocrisie!! Le français disparaitra parce que les québécois francophones ne tiennent pas à faire l'effort d'apprendre leur langue, comment alors l'exiger des AUTRES???
Permalien 2008-05-13 12:53:10
Commentaire de: Christian Boyer
J'habite le centre-ville de la ville du pêché depuis bientôt 10 ans. Au cours des dernières années, le nombre de fois où on m'aborde en anglais dans les magasins, ou que personne ne peut me parler en français dans un commerce, ou qu'on refuse de me parler en français (!!!Ste-Catherine Ouest, essentiellement) a augmenté substantiellement. Qu'on m'aborde en anglais en premier, c'est maintenant tous les jours. Il y a 10, c'était une fois par semaine. Est-ce qu'on va brasser les choses? J'en doute. Je pense qu'une majorité de francos considère que la guerre est perdue. En fait, on semble avoir fait le choix implicite de la lente assimilation. Triste et lâche.
Permalien 2008-05-13 17:07:23
Commentaire de: francois provost
Ben voyons, ce n'est pas grave si le francais recule
Ce n'est pas grave si à Montréal, il faut-être bilingue pour pousser une moppe.

Avec l'augmentation de l'immigration, c'est l'étape finale de l'assimilation qui se met en place. Le rêve du lord Durham va devenir réalité. Les statistiques ne portent pas sur la qualité du français, mais de langue parlé à la maison.

Si Montréal tombe, le reste du Québec suivra. Soyez-en certain !

Une langue qui ne permet pas de gagner sa vie, est une langue qui meurt.
Permalien 2008-05-13 17:15:04
Commentaire de: francois provost
è Pour andré michaud

Quand on parle de loi 101 c'est toujours pour forcer...les AUTRES à faire l'effort d'apprendre à parler et écrire le français!!! Quelle hypocrisie!! Le français disparaitra parce que les québécois francophones ne tiennent pas à faire l'effort d'apprendre leur langue, comment alors l'exiger des AUTRES???

C'est sûr que pour travailler en anglais, un bon français est très utile ...

Il n'y a pas à dire, l'aveuglement politique de certains est vraiment risible.
Permalien 2008-05-13 17:24:42
Commentaire de: Mario Brunet
Tout à fait raison. Quant est-ce que l'on va arrêter d'écouter les niaiseries que ce parti a à dire. Je l'ai appelle la gang de couleuvre car ils sont prêt à dire prêt à faire n'importe quoi pour atteindre leur but. La porte d'en avant ça marche pas c'est pas grave on va essayer d'entrer par la porte d'en arrière. Gang de défaitiste.

Permalien 2008-05-13 19:59:22
Commentaire de: francois provost
La naiserie est de considérer normal qu'un gouvernement ne bouge que lorsque les ponts s'écroulent. Le défaitiste, il est là !
Permalien 2008-05-14 12:47:11
Commentaire de: Jean-Claude St-Yves
En effet, M. Curzy tient le port sur la langue car il sait que si ça continue, surtout à Montréal, il n'y aura que très peut de Québécois de souche à Montréal dans deux ou trois générations d'ici!
Permalien 2008-05-14 14:43:24
Commentaire de: andré michaud
@ Francois Provost

Je suis dans le domaine de l'éducation depuis plus de 30 ans, et croyez-moi quand je vous dis que les québécois francophones ne VEULENT PAS faire l'effort d'apprendre à parler et écrire correctement le français.Si vous étiez de bonne foi, vous constateriez vous-même cette ÉVIDENCE!!!!! On a même de la difficulté à trouver des profs qui ont une minimum de connaissances suffisantes en français...on est pas sorti du bois...

Et c'est totalement ridicule de dire que le manque d'effort de TOUS les francophones est dû aux méchants anglos. Dans beaucoup de régions on a même pas besoin de l'anglais comme langue de travail et on ne fait pas plus d'effort pour apprendre à parler et écrire VRAIMENT en français ...

Je n'en peu plus de ceux qui FONT RIEN mais blâme les AUTRES pour leur PARESSE!!!

Les immigrants se voient enseigner une langue DIFFÉRENTE de celle que les québécois parlent (oussé kalé, kossé qui fait...)trop de gens l'oublient, c'est un casse tête le québécois parlé pour ces gens qui sont pourtant de bonne foi....

Souvent les asiatiques ont une meilleure connaissance du français que les québécois (voir les satistiques du Ministère de l'Éducation..)parce que dans leur culture l'EFFORT est important (très peu d'asiatiques sur le bs)

Si vous voulez VRAIMENT sauver le français,et non faire de l'idéologie, commencez par convaincre les québécois d'apprendre à le parler et l'écrire avec un minimum de fautes.Si vous aviez eu l'occasion de voir les copies d'examens de français des étudiants de secondaire 5 depuis 20 ans vous comprendriez mon propos...
Permalien 2008-05-15 13:23:44
Commentaire de: Marc Lemay
@ Andre Michaud

On n'a qu'a lire les commentaires ci-haut. C'est cousu de fautes et les gens ne prennent pas la peine de relire ce qu'ils ecrivent.
Je suis un Quebecois bilingue, je vis en Colombie-Britannique depuis 5 ans. Je redemenage a Quebec cet ete, par choix, mais je me demande si c'est une bonne idee. J'ai un fils de 20 mois et j'ai l'impression qu'il aurait un meilleur avenir ici qu'au Quebec. Le petit peuple Quebecois est tres bon pour chialer que leur langue doit etre sauvee mais personne ne fait un effort. La grammaire, c'est important. Je suis dans l'Armee, et quand je recevais de messages ou memos de mes superieurs, je perdais souvent beaucoup de respect pour ces gens en voyant la qualite du francais ecrit. Maintenant on se plaint que les immigres apprennent l'anglais au lieu du francais. A ces gens, je leur suggere d'apprendre leur propre langue, pour que les gens comme moi ne se moquent plus d'eux. Et je ne me generai pas pour me moquer, ca me fera plaisir.
Marc
Permalien 2008-05-15 18:15:26
Commentaire de: francois provost
L’anglais, langue commune du travail à Montréal
19 mai 2008
Charles Castonguay

Nos apparatchiks de la langue ont un penchant pour noyer le poisson. Au lieu d’examiner en profondeur la situation linguistique à Montréal, là où se joue l’avenir du français en Amérique, ils préfèrent nous servir des analyses à l’échelle du Québec. La majorité massivement francophone à l’extérieur de la métropole garantit aussitôt aux résultats un aspect plus rassurant.

Comment déjouer ce conditionnement démographique? Comment déterminer, notamment, le statut du français dans des situations de travail où francophones et anglophones seraient davantage à forces égales?

Une solution du moins partielle serait d’enquêter non pas tant sur la langue principale de travail que sur la langue qu’emploient les francophones pour communiquer avec des anglophones dans leur milieu de travail immédiat. Et sur la langue commune utilisée entre travailleurs francophones et allophones, de même qu’entre anglophones et allophones. Enquêter, quoi, sur le degré de réalisation de l’objectif premier de la Charte de la langue française, qui est on ne peut plus clair : « Le français doit devenir la langue commune de tous les Québécois ».

J’ai donc insisté là-dessus durant mon mandat de cinq ans au Comité de suivi de la situation linguistique à l’Office de la langue française. Qu’attend-on pour enquêter sur la langue commune au travail ou dans d’autres domaines d’activité publique? La réponse du directeur de la recherche, Pierre Bouchard : « Ce serait trop compliqué ».
Des informations d’intérêt capital

Mais voilà qu’on nous présente les résultats d’une étude intitulée Langue de travail dans les grandes entreprises au Québec, qui offre quelques observations sur la langue de « convergence », ou langue commune, entre travailleurs de langues maternelles différentes. Ses résultats proviennent d’une enquête menée, elle, à l’hiver 2001-2002.

Les membres externes du comité ont aussitôt relevé l’intérêt capital de ces informations. Cela n’aura pas été finalement si « compliqué » pour les enquêteurs de poser, par exemple, la question suivante aux francophones : « Quelle langue utilisez-vous généralement lorsque vous vous adressez à vos collègues anglophones pour des questions de travail? »

L’étude s’est retrouvée parmi la pile de documents « dompés » par « Mam » Boucher à l’occasion de la publication, le 5 mars dernier, de son bilan de la situation linguistique. Comme on le sait, la mafia en place à l’Office a « flushé » le Comité de suivi lors du processus de confection de ce premier bilan quinquennal. C’est Pierre Bouchard, à la retraite depuis 2006, qui en a rédigé à contrat la majeure partie.

Tenons-nous-en, pour l’instant, à l’étude en question. Elle montre que même à l’échelle du Québec dans son ensemble, les francophones sont aussi nombreux, dans les grandes entreprises, à employer l’anglais comme langue principale de communication avec leurs collègues, supérieurs ou subalternes anglophones dans leur environnement de travail immédiat, qu’à utiliser le français.

À la même échelle, le français devance certes l’anglais comme langue de travail commune entre francophones et allophones, mais l’anglais est la langue la plus souvent utilisée entre travailleurs anglophones et allophones.
50% des francophones utilisent principalement l’anglais

On n’y trouve qu’un seul petit tableau, partiel, sur la langue commune dans les grandes entreprises situées dans la région de Montréal. Il révèle qu’environ 50 % des francophones utilisent principalement l’anglais pour communiquer au travail avec leurs collègues ou supérieurs anglophones, contre quelque 40 % qui emploient le français comme langue commune dans les mêmes circonstances. Les 10 % restants affirment employer le français et l’anglais à parts égales.

Il n’y a rien sur la langue commune à Montréal entre travailleurs francophones et allophones, ni entre anglophones et allophones. Les résultats pour l’ensemble du Québec laissent toutefois déduire que dans ces cas de figure, l’anglais jouirait d’un statut au moins égal à celui du français en tant que langue de travail commune dans les grandes entreprises de la région métropolitaine.

Néanmoins, les auteurs, deux employés de l’Office et un contractuel, ont pris soin de bien noyer le poisson à l’échelle provinciale, de façon à conclure que « lors des contacts interlinguistiques, le français est plus la langue de convergence que l’anglais ».
La domination de l’anglais

Il faut noter que cette enquête ne visait que les entreprises privées de cent employés ou plus et, par surcroît, inscrites au processus de francisation défini par l’Office. Il s’agit donc de la crème de ce qui a été accompli en matière de francisation de la langue de travail depuis les lois 22 et 101, soit le milieu des années 1970.

Si l’on enquêtait sur les travailleurs de toutes les entreprises, de toutes tailles et inscrites ou non au processus de francisation, la domination de l’anglais comme langue commune dans le milieu de travail montréalais ressortirait nettement. Et davantage encore si l’on visait les entreprises situées dans l’île de Montréal où la composition linguistique de la population active avantage moins le français que dans l’ensemble de la grande région métropolitaine.

Soulignons aussi que les résultats de cette enquête ne sont nullement attribuables à l’incidence de la mondialisation sur la langue de travail à Montréal. Il ne s’agit pas d’observations sur la langue de communication avec des clients à l’extérieur du Québec mais bien sur la langue utilisée pour communiquer avec des personnes de langue différente dans l’entourage de travail immédiat de la personne interviewée.
Confirmé par d’autres études

Cette supériorité de l’anglais sur le français comme langue de travail commune à Montréal s’accorde parfaitement avec les études publiées en 2007 par Statistique Canada et l’Institut C.D. Howe, selon lesquelles l’anglais s’avère plus payant sur le marché du travail que le français pour les immigrés allophones au Québec. Le bilan Boucher-Bouchard fait comme si ces deux études n’existaient pas.

D’ailleurs, le bilan fait comme si la plus significative de toutes les études réalisées depuis cinq ans à l’Office même, qui porte sur les perceptions des résidants de l’île de Montréal quant au statut comparé du français et de l’anglais, n’existait pas non plus. L’étude en question conclut que l’anglais jouit aux yeux des Montréalais d’un statut supérieur. Attitude qui cadre parfaitement, elle aussi, avec les comportements que nous avons pu déduire en ce qui a trait à la langue commune du travail à Montréal. Cette étude demeure à ce jour inédite.
Comment noyer le poisson

Voyons maintenant ce qu’il reste, dans le bilan Boucher-Bouchard, des observations sur la langue de travail commune dans les grandes entreprises.

Le communiqué du 5 mars soutient que ce premier bilan quinquennal « permet de prendre la juste mesure de la place occupée par le français et les autres langues au Québec », pour ensuite aligner faussetés et fadaises. Pas un mot sur la langue commune, enjeu fondamental de la Charte.

La synthèse du bilan nous ment effrontément. On y affirme qu’une proportion « non négligeable » de travailleurs francophones « doit utiliser l’anglais en présence de personnes de langue anglaise ». Même si l’on ne s’en tient qu’à la situation dans l’ensemble du Québec, il s’agit en vérité, nous l’avons vu, de pas moins de la moitié des travailleurs francophones.

Quant au bilan au complet, ses auteurs noient allègrement le poisson. Ils ne reprennent que les tableaux les plus rassurants sur la langue de travail commune pour l’ensemble des grandes entreprises du Québec. Pas la moindre note sur les résultats de l’enquête pour celles qui sont situées dans la région de Montréal.


En somme, au lieu de nous donner la « juste mesure » de la place qu’occupent le français et l’anglais en tant que langue commune du travail, l’Office a pratiqué la dissimulation et le mensonge. Tout pour conforter les Québécois dans l’inaction.
Le triomphe de la langue de bois

Dès avant les dérapages de « Mam » Boucher, la réputation de l’Office avait été ternie par l’affaire de l’enquête inexistante sur la langue de service au centre-ville de Montréal. La même loi de l’omerta quant au statut réel du français à Montréal a abouti à un bilan douteux. Cinq autres années de perdues.

Vous souvient-il quand Louise Beaudoin et Nadia Assimopoulos nous endormaient avec « le français est la langue commune de la société québécoise »?

Il y a longtemps que la langue officielle du Québec est devenue la langue de bois.
Permalien 2008-05-20 17:20:36
Commentaire de: clement cardin
À 2% de francophones dans la mer anglophone américaine,il y a de quoi s'alarmer!
Permalien 2008-05-23 19:35:57