26 Janvier 2008X ou Y?
J'ai reçu cette question d'un lecteur:
"Bonjour monsieur Martineau, J'aimerais que vous répondiez à mon interrogation. Je vous ai vu à la télé et je vous lis dans le journal de Montréal. Par les temps qui courent, nous parlons beaucoup des relations entre les générations. Vous trompetez que vous êtes de la génération X alors que vous êtes né en 1961. Si je me fie à votre propre journal, l'année 1961 entre dans la catégorie des baby boomers. Pourquoi vous identifier à la génération X alors que, selon le tableau donné par votre journal, vous êtes un baby boomer?" _________ Ma culture est celle des X, le contexte économique dans lequel j'ai grandi est celui des X (j'ai été pigiste toute ma vie), j'avais 6 ans à L'Expo 67, je n'ai pas vécu la révolution sexuelle, je n'ai pas eu d'emploi protégé, les groupes de ma génération sont Nirvana et U2, je n'ai pas grandi au sein d'une famille nombreuse.... Bref, culturellement et économiquement, je suis un X... 100 % X. Ce n'est pas parce que je suis né LE 29 JUILLET 61 plutôt que le 1ER JANVIER 1962 que je suis un baby-boomer, voyons!!!!! Commentaires:Vous désirez réagir à cet article? Connectez-vous au Passeport Canoë pour laisser un commentaire. Vous désirez joindre le modérateur pour lui signaler des abus sur ce blogue? Cliquez ici.
Commentaire de: Docteur Poitras
@M. Martineau,
Vous ne devriez pas donner votre date de naissance en ligne. Les gens peu scrupuleux peuvent savoir absolument TOUT sur vous avec ça. La date de naissance et le numéro d'assurance maladie (qui contient la date de naissance) sont PIRES pour votre sécurité que votre numéro d'assurance sociale. Vous donnez la date de naissance partout, à chaque spécialiste médical, à chaque abonnement vidéo, à chaque visite gouvernementale etc. Ils peuvent retracer votre vie entière. Dans bien des cas, tout ce dont les fraudeurs ont besoin, c'est de votre date de naissance et votre signature. Commentaire de: Charles Magne
Martineau,
Vous prouvez par ce commentaire toute la futilité du débat créé par les médias de la corporation qui vous emploie et toute la mauvaise foi qui entoure cette question. On ne peut pas trancher systématiquement et classer les gens par catégories ni étiquetter les générations, ou carrément les marquer au fer rouge, simplement sur la base de leur date de naissance, ou même de l'époque où ils sont nés. Tout ça n'est que foutaise et manipulation de masses. Et "by the way", Nirvana n'est pas vraiment un groupe de votre génération. Comme moi, vous êtes peut-être resté à l'écoute des nouvelles tendances musicales mais, né en 1961, alors que Nirvana n'a sorti son premier disque qu'en 1991, vous ne faisiez vraiment pas partie du véritable public-cible et n'aviez assurément rien d'un "grunge". Commentaire de: Alain Thomas
Monsieur Martineau, c'est comme les dates de péremptions sur les produits alors ?
«Meilleur avant le 29 juillet 1961» Certains croient qu'à 00H00 passant du 29 au 30 juillet 1961 il se passe une réaction chimicophysicométaphysique qui fait changer le produit... ;P Commentaire de: prénom nom
Avouez donc, c'est juste pour vous donner un air plus jeune :P
Commentaire de: Charity Bernhard
Disons que martineau est un hybride 10% x et 90% y
Disons aussi que tout ceux qui ont commencé à travailler avant 1973 ou 1979 ont vécu les trentes glorieuses donc, ils risquent d'être de vrai bommers. Donc si Martineau avait opté pour un métier demandant peu d'instruction il aurait pu profiter des privilèges de son époque... Commentaire de: Denis Philosophe
Statistiquement parlant le baby boom au Québec n'aura durée qu'une douzaine d'années(1946-1957). Pendant ces 12 ans le taux de natalité au Québec s'est maintenu au dessus de 30 naissances par 1000 habitants. À partir de 1958 ça va redescendre constamment jusqu'à se stabiliser à un taux d'environ 15 naissances par 1000 habitants durant toutes les années 70. Par la suite la descente est plus lente pour finalement se stabiliser autour des 10 naissances par 1000 habitants dans les années 2000. 2006 marquant l'année d'une première remontée (taux de 10.7).
(Source: institut de la statistique du Québec). Quand j'étais étudiant, je me souviens que le baby boom était associé aux enfants nés de l'après guerre. On parlait à l'époque de la période 1946 à 1960. Bizarrement, maintenant certains étirent cette période jusqu'à 1966. Pourtant on voit bien que la brisure s'est produite vers la fin des années 50, coincidant d'ailleurs avec le retrait progressif de l'Église dans la sphère publique au Québec et la venue du changement radical des mentalités qu'aura apporté la révolution tranquille. Commentaire de: Charity Bernhard
la révolution sexuelle s'est terminé avec la découverte du sida et ou avant 1980(àge de rico en 1980:19ans) Commentaire de: Charity Bernhard
lu sur wikipedia:
in Canada, the baby boom is usually defined as the generation born from 1946 to 1966. Canadian soldiers were repatriated later than American servicemen, and Canada's birthrate did not start to rise until 1947. Most Canadian demographers prefer to use the later date of 1966 as the boom's end in that country. Commentaire de: Charity Bernhard
les sociologue de wikipedia distingue deux classes des babyboomers ceux née avant 1954 et ceux née jusqu'en 1964... car Mr.Martineau vous ne pouvez nier que vous êtes née à une époque ouè on fessait beaucoup d'enfant. Aussi le fait que vous avez vécu dans un contexte économique difficile ne vous permet pas de prétendre à être un vrai -X-; imaginez donc qu,il y a des x qui ont vécu pire situation que vous. Et oubliez que le domaine artistique est précaire quel que soi l'époque.SVP ne soyez pas trop -centriste-
Commentaire de: Charity Bernhard
les américains ont un nom pour les gens née entre 1954 et1964:
Generation Jones ou génération sandwitch Commentaire de: Charity Bernhard
Generation Jones has rejected the optimism and trust in governments of those born immediately after the war but has yet to endorse the cynicism and selfishness of Generation X
Commentaire de: Marguerite Visiteur
Je suis de la génération "T" trop intelligente pour répondre aux "X" et "Y" qui entre les deux se chicanes sur la date des "X" et des "Y". ))))
bye bye j'ai des choses à faire moi, je reste pas devant la télé à la journée longue )))) Commentaire de: paul Latreille
Eh bien moi aussi je ne colle pas du tout avec la génération des Baby-boomers car tout ce qui se raporte aux X , sois musique expérience et émission télé sont excatement ce que j'ai vécu .
Dsl mais je crois que leurs classement devrait etre réévaluer car tant qu'a moi La classe des baby-boomers devrait se situé de 1945 a 1955 donc 10 ans c tout , car apres ,sa ressemble pas mal plus aux X . Commentaire de: guy ducharme
Un 'gros' 9,5/10 pour votre pirouette arriére Mister Martineau!
Mouhahaha!!!!! Commentaire de: Pierre Lemieux
Tout le monde ça: de 47 à 61, un ange passait dans les pouponnières du Québec. L'ange soufflait dans l'oreille de chaque nouveau né: "tu vas écoeurer les plus jeunes pour qu'y t'haïssent. C'est ton destin, faudra que Fillion fasse des bidoux sur ton dos pis qu'y les redonne à Demers. Tu va écoeurer ..."
Commentaire de: Francine Trudeau
Que c'est énervant ces petites cases où chacun doit être casée.
M.Martineau, vous devez vous justifier d'être de la génération X par votre année de naissance qui est 1961. Consolez-vous car je suis née en 1955 et, franchement, je ne me considère pas comme une baby-boomer. Je me sens plutôt comme étant de la génération zéro. Car finalement, où étais-je en 1960 pendant la révolution tranquille? Dans ma chambre à jouer avec mes poupées en attendant ma première année scolaire. Ou étais-je en mai 1968? Chez-moi, encore, à faire selon ce que mes parents me dictaient, soit d'aller à la messe le dimanche. En fait j'étais à l'âge de voir tout autour de moi, plein de changement. De voir, le voisin, le cousin, la soeur, partir avec son sac à dos trouver le nivarna en Inde ou aller faire les vendages en France ou partir n'importe où faire un trip de power flower quelque part. J'étais à l'âge de voir mais non de faire. Alors j'ai vu la parade du trottoir. J'ai connu la 7ième année du primaire, la 8ième année du matin seulement parce qu'il n'y avait pas assez de place dans mon école et par magie me retrouver en 4ième secondaire quand j'avais 11 année de scolarité. J'ai connu aussi de payer une pension à mes parents à partir de ma première semaine de travail à 17 ans. Par contre pour être juste envers mes parents qui n'étaient pas comme les autres, je n'ai pas payé cette pension très longtemps...Mais toutes mes amies l'a payait, ça j'en suis certaine. J'ai connu aussi, la révélation, que pour réussir nous devions être éduqué, scolarisé. Ah!bon! quelle belle nouvelle. Alors, la job, les études le soir. Mais finalement ce n'était pas si pire. En tout cas moins que mon père qui devait marcher 2 milles au travers des champs pour aller à son école de rang, qui recevait pour Noël son orange. C'est ce qui énervant de la nouvelle génération bien éduqué, par qui??? Ils ont tous les outils pour pouvoir mettre dans des petites cases, chaque citoyen selon son année de naissance. C'est l'évolution...chaque génération précédente est responsable du malheur des adultes en devenir. En attendant, j'allonge à chaque semaine mon budget pour payer les études, le transport, la bouffe de ma chérie qui fait de belle étude universitaire et qui parce qu'elle travaille une fin de semaine sur deux doit impérativement se trouver un beau forfait dans le sud, dans un tout inclus de préférence un 4 étoiles. C'est vrai que début mars c'est très cher, mais quand même, elle travaille fort, elle a droit à une vie. Ma fille est Y, elle aurait pu être X, je suis baby boomer, fille de la génération silencieuse et nous sommes tous ensemble, en même temps, en 2008. Commentaire de: S Bernard
"Midlife crisis?" Bientôt, on va vous voir en décapotable avec une petite jeunesse de 20 ans avec des Guy A. Lepage et Marc Labrèche qui sont, il me semble, de votre génération aussi?
Non, mais y'a rien qui empêche quelqu'un d'aimer U2 ou Nirvana et d'être un baby-boomer... Mon père a 76 ans et je le surprends bien à chanter Metallica... Si j'écoute Elvis, j'ai 30 ans, ça fait de moi quoi? Personnellement, j'ai appris que je faisais partie d'une génération quand je suis arrivée sur le marché du travail et qu'on a commencé à me qualifier comme tel... On nous a monté contre les ethnies avec le sondage sur le racisme et les accomodement raisonnables, est-ce qu'on essaie de monter les générations les unes contre les autres maintenant? Commentaire de: normand tremblay
Soit A un succès dans la vie. Alors A = x y z, où x = travailler, y = s'amuser, z = se taire
Commentaire de: Katherine Kelly
AMEN...enfin vous me rassurer, moi de la génération X qui pensait qui n'était pas de ma génération malgré mon année de naissance avec un conjoint né en 1963 à qui je disait, tu es de ma génération, mais vraiment, tu es un BabyBoomer...Je ne croyais pas l'entendre de vous mais finalement, tout n'est pas noir ou blanc...qui l'aurais cru...
Tout ça mis à part, je crois que la plus grosse différence en les X et les Babyboomers est que les X se sont permis le droit de faire de leur famille la chose primordiale, ce qui n'est pas le cas de la majorité, et je dit bien la majorité des Babyboomers, pour qui la job était no. 1... Commentaire de: claude martineau
C'est normal M.Martineau que vous vous sentiez plus X que boomer.Les autres lecteurs qui parlent d'hybride, de génération sandwich ou de baisse notable de natalité à partir de 1958, ont mis le doigt sur le phénomène de l'effet de bordure qui touche les débuts et fins de cohortes d'âges, lesquelles empruntent alors des éléments des cohortes précédentes ou suivantes.On considère en effet que le baby-boom se divisent en trois tranches, ceux nés entre 1945 et 1952 (les plus typiques),ceux nés entre 1953 et 1957 (déjà légèrement différents) et ceux nés entre 1958 et 1963.Ces derniers sont statistiquement des baby-boomers(encore que...), mais sociologiquement et économiquement ce sont plutôt des X. En effet, ils ont surtout hérité de valeurs et d'idées des baby-boomers plus vieux (qui sont leurs grands frères et grandes soeurs),ils ont assisté au spectacle grandiose de leurs aîné(e)s, mais, comme les X, n'ont pas eu les moyens et les opportunités des baby-boomers typiques pour concrétiser ces idéaux naissants.Bref, ils arrivaient un peu trop tard.Quant aux X, idéologiquement ils en avaient soupé des baby-boomers!Donc, oui on peut placer les gens dans certaines cases (après tout, nous sommes beaucoup le produit de notre époque)mais n'oublions pas que ces cases se superposent en leurs extrémités et que l'on obtient beaucoup d'hybrides sociologiques, économiques ou idéologiques.Ces cases expliquent certaines tendances mais,comme le dit si bien Mme Trudeau,dans les faits tous ces gens agissent et vivent ensemble et on peut croire qu'ils continuent de s'influencer mutuellement !C'est la rencontre des grandes et des petites cases !Un bon petit bouquin humoristique sur ce sujet serait L'Acceptation globale, publié chez Boréal.
Commentaire de: René Bouthillette
En ce qui a trait aux propos de Alain Thomas :
«Meilleur avant le 29 juillet 1961» Parfois ,avec un certain type de bouffe , j'inscirais plutôt : "" Pire avant ... " Commentaire de: Gilles Tremblay
Plusieurs témoignages ici me rassurent, notamment celui de Mme Trudeau, et me permettent de croire que malgé les média à sensations et les "preachers" de la catégorisation et du "prêt-à-porter" intellectuel claironné au porte-voix, les québécois sont encore des êtres intelligents et sensibles, capables d'établir des nuances. Bravo!
Je vous l'ai déjà écrit, M. Martineau, les média ont une lourde responsabilité dans la société; trop souvent pour vendre de la copie, on est prêt à tout, notamment attiser les différences entre "générations" alors que, comme l'évoque si bien Mme Trudeau, nous vivons ensemble au même moment, ce qui devrait faire de nous des contemporains et non des opposants. Commentaire de: Alain Berthiaume
La période du « baby-boom » n’est pas la même d’un continent à l’autre.
Dans la plupart des pays de l’Europe, elle couvre semble-t-il davantage l’immédiat après-guerre, soit environ les cinq premières années de 1945 à 1950. Ici on étend à la fin des années cinquante cette période, faisant de celle de 1961 à 1981 la génération X, et celle d’ensuite la génération Y. L’après-guerre jusqu’au premier choc pétrolier de 1973 a peut-être constitué au Québec une sorte d’ « âge d’or » du monde, où le bonheur nous envahissait en même temps que tout devenait possible dans l’immense ferveur libératrice qui parcourait les consciences et la pensée en général. Depuis la mise en orbite de Spoutnik et la fantasmatisation de la société sur les promesses de la science, le futur s’annonçait heureux et libre pour ceux qui, avec leur jeune progéniture, s‘émancipaient comme jamais auparavant des rênes de la religion et des duretés économiques de la guerre, au rythme même de l’enchaînement enchanteur des inventions techniques : Haute-fidélité, voitures stylisées et puissantes, nouveau matériaux domestiques tels l’ « arborite », le nylon, l’arrivée du transistor, du VHS, des appareils domestiques, sans compter d’autres phénomènes puissants au niveau culturel comme le Rock and Roll, la drogue, la pilule, le féminisme, le mouvement « peace and love » et une certaine gauche politique incarnée sous les dénonciations du livre « L’Homme Unidimensionnel » d’Herbert Marcuse. Le bonheur sur la Terre passait cependant par une critique sévère de l’inhumanité du consumérisme et de la bourgeoisie économique, et l’appel utopique d’une proche société des loisirs, soutenue par l’arrivée massive de la robotisation du travail, qui dégagerait enfin l’homme de l’accaparement de son temps par des moyens techniques « sous-développés ». Les jeunes de cette époque, vêtus de coton et de jeans, fumant des herbes et célébrant la conscience voulaient réaliser l’avènement historique de la justice, de l’amour, de la paix et de la joie simple de vivre grâce à une utilisation judicieuse des machines, désormais perfectionnées de façon inouïe, et une réorganisation de la société qui ressemblerait à une abolition des hiérarchies basées sur les injustices matérialistes de classes. Puis subitement, tous ces hippies ici, par on ne sait quel effet de rupture, peut-être l’échec référendaire, peut-être l’absence d’implantation dans l’économique de ces idéaux vite pécuniairement récupérés pour la consommation, et éblouis par l’appel des sirènes de la consommation se sont ravisées, changeant de bord désormais pour accaparer avidement tous les postes nouveaux du marché du travail et toute la richesse naissante. Ils se sont chromés à même le disco et leur spéculation métaphysique s’est avec dérision muée en spéculation immobilière et financière qui a fait leurs choux gras pendant que plusieurs, plus ébranlés et désenchantés, plus jeunes, constatant la contradiction, se réfugiaient frileusement dans des postes gouvernementaux syndiqués mur-à-mur. Voyager devenait alors la promenade périodique de ce nouvel « homo économicus », désormais dissocié à la fois de son sol natal, de sa culture comme de son passé : ne valait que cette ouverture abstraite sur le monde, lancée dans l’hystérie de l’Expo ’67 qui sous l’appât du gain allait verser dans la mondialisation et ici dans la chute, si près pourtant du but, du nationalisme. Et Beau Dommage délogeait Harmonium, comme la nostalgie familiale de banlieue délogeait sous la rengaine de ses souvenirs atomisés l’utopie sociale se souvenant de la souffrance historique du passé. Replis individualiste. Défaite. Fuite en avant. En sourdine, une nouvelle sensibilité faisait son chemin et Black Sabbath lançait le rythme dissonant de cette déception, de cette désolation de l’esprit devant l’impérialisme de la matière, alors que plusieurs jeunes de cette société postindustrielle ayant abandonné l’Homme allaient verser ironiquement sur scènes des « larmes de métal ». Pour ceux qui comme moi arrivaient sur le tard, à la frontière des deux générations, le nouveau mot d’ordre de ce monde en éternel mutation et se raréfiant comme le pétrole son salut, était : « carrière ». Le Salut idéologique par la Carrière, pendant que tout un chacun devenait un numéro dans le devenir-chiffre de la société. L’homme « maître de soi » qui réussit en cumulant toutes les charges, portant désormais le poids de tout, baisant de gauche à droite et de droite à gauche, tenant les féministes à distance mais toujours proche d’une chambre à coucher et tablant sur sa Liberté 55. Et puis le sida. Et puis les autres chocs pétroliers. Les coupes dans la fonction publique. Les emplois précaires et partiels, ou temporaires. Les « restructurations » de compagnies. La spéculation boursière et l’inflation mutuelle des prix et des salaires jusqu’au mur de la mondialisation, montrant l’écart réel où se fragilisait notre furtif confort. L’enfer de la circulation automobile en ville. La nouvelle bienséance du bien-manger, du bien penser et l’obsession généralisée de la sécurité et du conformisme. L’obligation des deux salaires et la course pour joindre les deux bouts. Les divorces et la fin de la famille. La prise en charge sociale des enfants désunis par les garderies. Les crises boursières. Le Terrorisme. La surpopulation. Le rêve a-t-il tourné en cauchemar? Commentaire de: Marie-Chantal R.
Je ne suis juste PLUS capable d'entendre parler de ce sujet à la con et ressens le besoin de m'exprimer.
À ceux qui ont besoin de "catégoriser", de présumer et juger des gens par des étiquettes = posez-vous des questions sur vous... PLUS CAPABLE! ... Monsieur Martineau! Merci d'avoir initié la rubrique, ça m'a permis de "ventiler" et bonne journée! Commentaire de: Alain Thomas
Alors monsieur Martineau vous êtiez un enfant battut ?
Charity Bernhard :«Mr.Martineau vous ne pouvez nier que vous êtes née à une époque ouè on -fessait- beaucoup d'enfant», tout un lapsus Charity....J'ai bien ri. euh wikipedia comme référence, hum... Quand mes élèves le donne en référence ils perdent 1 point. Commentaire de: claude chabot
plus les annees avancent, plus c est pareil!j ai 40 ans et je peux affirmer que,plus je vieillis,plus je deviens nostalgique,du temps jadis,on accordait systematiquement,le respect envers autrui.maintenant, je trouve que la tengeante que l on semble donner, c est que le respect va au merite.dans mon coin(estrie)a mon lieu de travail(usine)les 20-30 ans,semble s aligner vers cette tendance.la tranche des 50-60ans,eux tendent a la securite financiere,et c est normal.une petite majorite de ceux-la qui ont acces a de tres haut postes de directions,ceux-la ont tres tendance a engranger outre mesure, soit disant qu ils ont ete les SAUVEURS et qu ils meritent bien des super grosses primes de depart,parce que soit disant ca c est toujours fait et que, si c est pas moi, ca va en etre un autre qui va ramasser le magot.plus capable.bref,peut importe les epoques,l Homme reste et se comportera comme les generations precedentes avec quelques variantes, selon les tranches d ages.message a mr.charest:ca fait du bien de jaser de d autres choses que les accomodements raisonnables.HI!HI!
Commentaire de: M II
Une chose est sûre, M. Martineau, c'est que votre génération gagne plus cher que la notre et a eu un coût de la vie moindre que nous.
On doit se fendre en 4 pour payer une maison vendue au cost de plus de 200 000$ par des baby-boomers complètement avide de fric. Si notre génération n'a pas d'autre chose à faire qu'engraisser les banquiers, notre descendance n'en aura pas autant. Commentaire de: Christian Desmarteaux
Peu importe, je suis comme vous, 1961 , c'est à dire celle où a débuté "La dégénération"
Cependant nous ne l'avons pas eu facile et ne l'avons toujours pas facile. Nos parents ont travaillé d'arrache-pied pour nous donner le plus qu'ils pouvaient, et nous étions bien loin des Ipod et autres gugusses du genre. Pour moi la génération X c'est la génération avec la clef autour du cou et qui se dépêche à revenir de l'école pour ne pas manquer Passe-Partout. A moins que je ne me trompe je ne crois pas que vous êtes ni un X ni un Baby Boomer. Vous êtes comme moi un extra-terrestre venu de nul part :) Commentaire de: Réal Leather
Est-ce une honte d'être un baby-boomer? Par qui le mal arrive! "Alors Yahvé fit tomber un profond sommeil sur l'homme, qui s'endormit." Gn 2.21 Il n'est dit nulle part, qu'il le réveilla.
Donc nous sommes une humanité endormie, nous vivons constament dans nos rêves... Réveillez-vous! Commentaire de: Jacques Boulanger
XYX, faux débat.
Voici quelques citations tirées de la chronique de Jean-Jacques Samson du Journal de Québec. «Cette jeunesse est pourrie depuis le fond du coeur. Les jeunes gens sont malfaisants et paresseux. Ils ne seront jamais comme la jeunesse d'autrefois. Ceux d'aujourd'hui seront incapables de maintenir notre culture». -Découverte sur une poterie d'argile dans les ruines de Babylone (vieille de plus de 3000 ans) «Notre jeunesse est mal élevée. Elle se moque de l'autorité et n'a aucune espèce de respect pour les anciens. Nos enfants d'aujourd'hui ne se lèvent pas quand un vieillard entre dans une pièce. Ils répondent à leurs parents et bavardent au lieu de travailler. Ils sont tout simplement mauvais». -Socrate (470-399 av J.C) Commentaire de: henri riquet
@m!!les bb avide de fric comme s ils
etaient les seuls requin dans ce monde de voleur si vous ne pouvez pas mettre 200.000$ mettez moins,ou,allez en politique et changez les lois, Commentaire de: henri riquet
@ Mleather, Mdesmarteaux,j aime beaucoup vos intervention cela change de nos radotages je suis dans le lot.
Commentaire de: Aéro planeur
Objectivement, monsieur Martineau, vous faites partie de la génération des babyboomers.
Que votre coeur et votre tête soient davantage de type « X », c’est possible, mais cela n’enlève rien à la réalité objective. C’est comme l’âge de la majorité : elle est de 18 ans. Ainsi, même si vous avez la maturité, l’esprit et le coeur d’un gars de 35 ans, vous ne pourrez pas voter aux élections si vous avez, sur vos papiers, 17 ans, 11 mois et 29 jours au moment du vote. Les statistiques, les regroupements par classes ou par âge, existent afin de permettrent à ceux qui prennent des décisions de pouvoir y aller de la manière la plus adaptée à la réalité. Imaginez, par exemple, si on construisait des écoles ou des hôpitaux sans avoir de statistique sur les populations qui seront déservies : certains bâtiments seraient presque vides, alors que d'autres seraient complètement surchargés. Commentaire de: Melanie W. Robert
Cet automne ce fut la chicane "Montréal vs Québec".
Puis il y a eu les 514 vs les 450. Et là c'est les baby boomers, X, et Y. Donc, étant une X, je devrais maudire mes parents et me méfier des enfants. De plus, étant montréalaise, je devrait considérer ma famille 450 comme des ennemis et les gens de Québec comme de dangeureux étranges.... Diviser pour mieux régner qu'ils disaient ! Commentaire de: Ciceron Derome
@Alain Berthiaume
Est-ce que la lecture de l'Apocalypse vous a troublé? Vous semblez vous accrocher aux seules valeurs qui ont une saveur d'éternité, comme si elles étaient, de par leur statut même, isues d'un dieu ou de la cuisse de Jupiter, donc à saveur dogmatique. Un questionnement sur la valeur des valeurs, éloge de l'incertitude pour les uns, goût du sacrilège pour les autres, est le résultat d'une vision internaliste du monde et de l'homme plutôt que cette vision momifiée, externaliste, céationniste, Idéale, à partir de laquelle tout est imparfait, impur et donc sujet à la rédemption. L'externalisme religieux a tout simplement oublié que les "brebis" grandissent et finissent par se libérer de cet instinct de troupeau dans lequel on veut, à tout prix, les maintenir. L'externalisme religieux est tout à fait incapable de comprendre, ou ne veut pas comprendre, dans sa perte de contrôle sur "ses" brebis, que l'évolution des valeurs ne signifie pas nécessairement la décadence et le paganisme. Sur cette planète, la définition de l'homme se situant entre l'usufruit de l'organisation d'un ensemble de molécules et son origine d'essence divine, je préfère me situer entre l'optimisme aveugle et le pessimisme éclairé plutôt que de me "geler" dans les vapeurs des muses. Commentaire de: Andre Brisebois
Quand mon père a acheté sa première maison en 1970 , il l'a payé deux fois le salaire familial et il devait fournir 25% du cash.
Quand j'ai acheté ma première maison en 1987, je l'ai payée deux fois le salaire familial en fournissant le minimum 10% de cash. J'ai acheté ma deuxième maison en 2003. Devinez-quoi? Je l'ai payée deux fois le salaire familial..... Les salaires aussi ont augmentés. Alors je me demande bien pourquoi les jeunes se plaignent. Mon père et moi ne l'avons pas eue facile pour nos premières propriétés. Vous imaginez-vous que tout va vous tomber tout cru dans le bec ? De plus, maintenant vous pouvez acheter une maison sans cash. Les jeunes ne voient que les résultats de leurs ainés mais ils ignorent leurs efforts et ils ne sont pas prêts à faire les même sacrifices aussi longtemps. Pour eux, vaut mieux voyager à toutes les années, faire du ski toutes les fins de semaines et mettre 10000$ d'accessoires sur une civic vieille de 10 ans. Pour leurs ainés, les voyages ont commencé très tard, le ski c'était pas à la mode, les ordis à la dernière pointe de la techonologie ça n'existait pas on allait à la bibliothèque à pied et les voitures étaient peu entretenues et ne servaient qu'à se déplacer...en groupe. Faites les mêmes efforts et vous aurez la même chose. Commentaire de: Alain Berthiaume
@ Ciceron Derome
----------- "Vous semblez vous accrocher aux seules valeurs qui ont une saveur d'éternité, comme si elles étaient, de par leur statut même, issues d'un dieu ou de la cuisse de Jupiter, donc à saveur dogmatique." ----------- Je ne vois pas ce qui permet dans mon texte de tirer ces conclusions d’une origine divine des, ni du lien logique de causalité que vous faites entre les, valeurs et le dogmatisme. Par ailleurs, toute valeur a, par définition, et en son principe même, la consistance de la durée. Si, d’autre part, par "externalisme" (mot qui ne figure pas Le Robert) vous voulez signifier "extériorité", je vous dirais que la « valeur », l’axiomatique diriez-vous, d’émancipation individuelle que vous opposez peut-être abstraitement à l’ « instinct de troupeau » me semble dans la ligne d’une pensée qui ignore le moment dialectique des limites normatives ainsi que le caractère constitutif du lien social à l’égard de la subjectivité de même que du rôle des institutions dans l’établissement des limites par où seulement quelque chose comme une identité personnelle peut se former en participant à l’élaboration de la vision du monde de son temps. J'ai essayé d'enchaîner très rapidement tout à l’heure la série d'évènements depuis l'euphorie de l'après-guerre qui ont formé le "zeitgeist", l'esprit du temps, de ces années appelées celles du "baby-boom" jusqu'à sa métamorphose en son contraire et posé indirectement la question de l’oubli de l’histoire et du ratage d’une société fraternelle des loisirs où le temps de vivre dans l’horizon du bien commun aurait pu être possible et était alors souhaité. Que vous entrevoyiez des « valeurs » entre les lignes de ce que j’ai écrit et que celles-ci aient une « saveur d’éternité », voilà ce qui est naturel. Toute chose a une saveur particulière. Et puisque vous me parler d’éternité, je ne puis m’empêcher, chaque fois que je pense à ce mot et le laisse évoquer en moi, de me rappeler au vers de Rimbaud : « Elle est retrouvée! Quoi? L’Éternité. C’est la mer allée avec le soleil. » Non une quelconque secte religieuse. J’ai indiqué très indirectement et sommairement à la fin la tendance à l’effet que le citoyen postmoderne, dégagé de tout cadre normatif post-révolution tranquille, qui a suivi le progressiste des débuts de cette période appelée « baby-boom », a à la fin abandonné le monde à lui-même pour se soumettre aux seules forces du marché. La négativité de ce dernier (le marché) à l’égard du bien commun me semble le moment nihiliste de notre époque, légué en héritage à la génération « Y », si ce n’est à une génération « Z » qui, espérons-le, ne sera pas la dernière de l’Homme. Ce nihilisme, qui baigne dans les présupposés de l’Aufklarung de la métaphysique fichtéenne où le non-moi (les institutions, les normes de vie, les pratiques, les coutumes et les codes de la civilité) est posé comme dogmatique et engendrerait essentiellement l’hétéronomie du moi, nourrit les fantasmes d’une transgression infinie de celui-ci où la conscience subjective, flottant dans un sentiment de toute-puissance désentravé, s’abandonne en réalité, dans l’objectivité de la vie concrète, à l’impuissance totale aux mains non-démocratiques de ceux qui influent structurellement sur le cours du monde en ayant remplacé la complexité des dimensions anthropologiques (le politique, le culturel et le spirituel) par le seul économique. Comme le fait remarquer brillamment G. Kortian : -------------- « On rencontre ce que R. Musil diagnostiquait ironiquement dans notre civilisation scientifique et technologique, la situation de l’homme des possibilités. C’est le prototype de l’homme du vouloir-vouloir qui vit en pleine fiction, dans un « conjonctivus potentialis ». ------------ In Garbi Kortian, « Le Sens du Possible », Revue « Critique » numéro 370, mars 1978. Commentaire de: Marie-Chantal R.
MÉLANIE ROBERT
J'aime beaucoup votre Lucidité...:) Commentaire de: Sylvain Pelletier
...c'est comme les contraventions. MOI j'interdirais les interdiction de stationnement sur MA rue pour que j'aie toujours une place. MOI j'autoriserais 150 km/h juste sur le chemin pour me rendre à MON travail par exemple ailleurs se serait trop dangeureux. MOI je ferais enlever l'interdiction de tourner à gauche au coin de MA rue parce que ça ME fait faire un détour. MOI, j'enlèverais les parcomètres sur Ontario parce que quand il manque de stationnement sur MA rue JE pourrais aller sur Ontario. Il faudrait changer les couleurs des lumière de circulation parce qu'elle ne ME plaise pas.
'stie que c'est con les gouvernements. Pourquoi on a pas le droit de faire ce qu'on veut, quand on veut et comment on le veut. MA vie serait tellement plus facile. Commentaire de: Chantale Provencal
Je suis d'accord avec vous, M. Martineau. Moi même, étant née en 1975 devrait être associée aux "X" mais je m'identifie beaucouop plus aux "Y". Je n'ai jamais été pigiste et avec un peu d'instruction (et un bilinguisme!)j'ai réussi à choisir mes emplois selon ce que la compagnie pouvait m'apporter. Lorsque je postulais pour un poste, c'est l'employeur qui devait me convaincre de travailler pour lui. Après tout, on passe plus de temps au travail qu'avec notre famille alors ayant 2 beaux enfants, j'ai toujours cru que la job était ben mieux valoir la peine! Ce n'est pas que je ne veux pas travailler fort, au contraire, j'insiste à donner le meilleur de moi-même mais juste pas à n'importe qui. Si j'étais "paresseuse", je me foutrais pour qui je travaille! Se sentir valoriser et apprécié au travail est essentiel pour moi afin de me respecter à la fin de la journée alors si l'employeur donne, l'employé donnera au moins autant. Inacceptable qu'on profite de moi, le gouvernement le fait déjà assez! C'est juste une façon dont je m'identifie aux "Y"...
Commentaire de: Ciceron Derome
@Alain Berthiaume
Vous ne voyez peut-être pas, ce qui est assez surprenant, que votre texte peut être interprété de la façon dont je l’ai interprété, à propos de votre vision des valeurs, mais, à la lumière de certains de vos textes antérieurs, je suis tout à fait à l’aise avec cette interprétation, et je signe. Pour en revenir à votre remarque que « toute valeur a, par définition, et en son principe même, la consistance de la durée », là n’est pas la réponse à mon propos à propos des valeurs. Aussi, la valeur en soi n’a pas « en son principe même » la consistance de la durée. Elle a plutôt cette particularité, dans sa représentation en tant que valeur, de susciter une prise de position, soit d’adhésion ou non. C’est cet acte humain qui parfois cause problème. La personne adhère à une valeur notamment parce qu’elle est « vraie » pour elle. Là où le problème surgit, et c’est la caractéristique la plus évidente qui la rattache au jeu de la représentation, c’est cette orientation plus égocentrique qu'héliocentrique de la pensée, ce qui mène parfois à des conclusions désastreuses, vers ce qu’elle croit être une évidence, à savoir que ce qui est « vrai » pour elle doit l’être pour les autres. Si, de surcroit, cette valeur est, explicitement ou implicitement parfois dans vos textes, par une sorte d’acte de foi, d’essence divine, dont la caractéristique principale est l’immuabilité, cela peut mener, en passant notamment par le dogmatisme, à toutes sortes d’abus parfois fort désastreux pour l’humanité. Votre texte laisse croire à une certaine décadence, à un certain abandon des valeurs, sans les préciser évidemment, ce qui suscite cette pensée tout à fait légitime qui est de croire que la saveur de vos valeurs a ce goût d’éternité, cet apanage indéniable des religions. Cela se sent dans cette remarque à l’effet que le « baby boom » a tout abandonné, dans cette période post-moderne, pour s’abandonner aux seules forces du marché, ce qui, évidemment, est plutôt trivial comme remarque dans la complexité de l’évolution de l’humanité. Vous semblez rattacher la « négativité » du marché à l’aufklarung de la métaphysique fithéenne. Or, si vous relisez bien l’histoire de la philosophie, vous constaterez que l’aufklarung n’a pas la signification que vous voulez bien lui accoler. D’ailleurs, cette affirmation même de la « négativité » du marché n’a rien à voir avec la phase de la négativité, qu’elle soit hégélienne ou autre. Il y a là des notions que vous mélangez assez curieusement, notamment ce « nihilisme qui baigne dans les présupposés de l’aufklarung…) Quant aux aspects « externaliste » et « internaliste », que vous ne retrouvez pas dans le Petit Robert, il s’agit de termes employés en philosophie. Il existe des dictionnaires philosophiques sur le marché. L’aspect externaliste réfère notamment à une intervention « externe », à quelque chose comme une cause non causée qui agit sur le monde. C’est la porte ouverte au déterminisme… Parlant de votre remarque, qui semble apocalyptique, de ceux qui « s’abandonnent aux mains aux mains non-démocratiques de ceux qui influent structurellement sur le cours du monde en ayant remplacé la complexité des dimensions anthropologiques (le politique, le culturel et le spirituel) par le seul économique », ce qui incite à penser à cette saveur d’éternité à laquelle je faisais référence antérieurement, j’aimerais porter à votre attention une caractéristique fort importante du religieux (ce « spirituel » qui sent le religieux à plein nez) : c’est une théocratie, surtout pas une démocratie, une théocratie qui se barde de dogmatisme, caractéristique indéniable de cette illusion de la possession tranquille de la vérité… Sous un angle différent, le « conjonctivus potentialis » n’est peut-être pas sous le sceau de cette « fiction » qui, chez-vous, pourrait s’opposer à cette « spiritualité » directement connectée sur la Cause non causée. Commentaire de: Linda Burgess
Née en novembre 1960 sur la fin de la génération des BB et quelques mois avant la génération des X, je ne me sent pas faisant parti d'aucune de ces générations. J'ai l'impression de vivre entre les deux de ne pas avoir de "mot" qui identifie ma génération "les entre deux". J'ai discuter avec des personnes de mon âge et sa semble être le sentiment de plusieurs.
Comme exemple j'avais la moitié de mes amis/es (les plus jeunes des grandes famille de boomers) qui me disaient que je vivais dans une petite famille et l'autre moitié (les plus vieux de famille de 2-3 enfants) me disant que j'avais une grande famille, nous sommes 5 enfants. Mes enfants vivent la même chose ils sont des "entre deux" génération sur la fin des X et le début des Z. Des classification du genre ne fonctionne strictement pas car dans chaque groupe il y aura toujours ceux des limites, les premières et les dernières années Commentaire de: Linda Burgess
"Mes enfants vivent la même chose ils sont des "entre deux" génération sur la fin des X et le début des Z."
Je voulais dire des Y et des Z Commentaire de: Cali Gula
C'est désespérant de voir les représentants de ma génération (X) ou la suivante (Y) cracher sur la génération des boomers.
Ceux-ci ont cassé la baraque et pris leur place, on a qu'à faire pareil. Ils ont rien eu de tout cuit dans le bec, contrairement à ce que certains semblent croire. Si seulement les génération X et Y pouvaient accomplir le quart du dixième de ce qu'ont ont fait les boomers... Mais c'est plus facile ruminer, n'est-ce pas? Quand tous les boomers vont avoir disparu, croyez-moi qu'on va les regretter. Ils ont mis le party dans la cabane comme peu de générations l'avaient fait avant eux. Et ils avaient le mérite de voir grand et avaient de l'ambition. Quand je vois ces jeunes qui n'ont comme seul but que celui de s'adapter à la mondialisation... Wow! Que c'est palpitant. Commentaire de: Alain Berthiaume
@ Cicéron Derome
------------- "Quant aux aspects « externaliste » et « internaliste », que vous ne retrouvez pas dans le Petit Robert, il s’agit de termes employés en philosophie." ------------- J’ai trouvé quelque chose sur l’"externalisme", c'est en épistémologie des sciences. Mais vous, vous dites: ------------- "L’aspect externaliste réfère notamment à une intervention « externe », à quelque chose comme une cause non causée qui agit sur le monde. C’est la porte ouverte au déterminisme…" ------------- L'externalisme en sciences, contrairement à ce que vous dites, concerne, à l'opposé de ce qui relève de la logique propre des propositions scientifiques (internalisme), des facteurs non pas "non-causés" (?) mais de facteurs externes plus triviaux, comme les facteurs psychologiques, culturels, sociaux, organisationnels, politiques, économiques, contraires justement à l'idée d'inéluctable d'un "déterminisme" « non-causé », et relevant peut-être de ce que Kuhn je crois appelait les ruptures épistémiques ou paradigmatiques dans les conditions de la recherche. Mais je ne parle pas de la science, ni ne parle depuis elle dans mes post précédents. Tout comme je ne partage pas votre « position » sur le « concept » de « valeur », comme quelque chose « devant » susciter une prise de position et d’adhésion. On a des valeurs. D’autres gens en ont, qui ne sont pas les nôtres : elles sont les leurs et ne nous concernent pas. Vous parlez des valeurs en politicien, comme devant finir en objet de délibération pour un projet de loi. Je n’ai pas une telle vision « dogmatique » des valeurs, qu’étrangement vous projetez sur moi. D’ailleurs envisager d’autres part les valeurs dans l’optique de la « vérité » et se demander si elles sont « vraies » pour valider la décision d’y adhérer ou non, est une position d’épistémologue, qui n’est pas pertinente pour moi. Une valeur peut être juste, touchante, généreuse. La vérité est du domaine des objets, non des valeurs. Vous voyez toujours des choses d’ « essence divine » ou « théocratique » entre mes lignes. Je crois plutôt qu’elles sont entre les vôtres. D'autre part, vous dites : -------------- " J’aimerais porter à votre attention une caractéristique fort importante du religieux (ce « spirituel » qui sent le religieux à plein nez) : c’est une théocratie, surtout pas une démocratie..." -------------- Je veux bien mais, désolé, le religieux n’est pas la religion. L’essence du religieux échappe à la religion, à l’institution. Car la religion ne « pense » pas. La religion, qui pense son Dieu dans le sacrement, n’est pas capable de penser l’essence de la foi, car elle ne se préoccupe pas du rapport de l’homme à l’être du sacré, et d’abord, et même avant tout à l’ « être » tout court. Enfin, vous dites encore: ---------------- "Vous semblez rattacher la « négativité » du marché à l’Aufklarung de la métaphysique fichtéenne. Or, si vous relisez bien l’histoire de la philosophie, vous constaterez que l’Aufklarung n’a pas la signification que vous voulez bien lui accoler. D’ailleurs, cette affirmation même de la « négativité » du marché n’a rien à voir avec la phase de la négativité, qu’elle soit hégélienne ou autre. Il y a là des notions que vous mélangez assez curieusement, notamment ce « nihilisme qui baigne dans les présupposés de l’Aufklarung…)" ----------------- Premièrement, le marché qui a acquis socialement le statut pontifical de l’infaillibilité, est plutôt la conjoncture toujours mouvante qui résulte des forces économiques en présence, lesquelles jouent le jeu de décisions minoritaires, privées, intéressées, dépolitisées, donc non-démocratiques. Comme ces décisions façonnement non seulement le mode de distribution de la richesse, mais aussi la façon de l'obtenir, la qualité de la vie de ceux qui participent à sa constitution, la sélection des valeurs promues par leurs entreprises de publicité jusqu'à leurs relais dans la critique des biens dits culturels, avec désormais une ampleur et une puissance qui va jusqu’à mettre en jeu l'intégrité de la Terre, ces décisions vont jusqu’à adapter continuellement le travailleur au marché, quitte à se délocaliser, à délocaliser les travailleurs, à effriter les cultures locales et les identités nationales dans leur gestion mondialisée. En résulte bien une négativité, mais non dialectique, un nihilisme, car elle ne se résout en aucun dépassement de ses contradictions mais s’épuise en pure perte et erre de scandales financiers en mise à pieds et rachats par l’étranger. Quant au nihilisme des Lumières, je le vois dans le présupposé du criticisme : la réduction narcissique de la pensée à l’entendement et l’instrumentalisation de l’homme objectivé en producteur/consommateur mais à la subjectivité irrationalisée. Commentaire de: Ciceron Derome
@Alain Berthiaume
Concernant l’opposition des termes « externalisme » et « internalisme » ceci n’a rien à voir avec la science mais, comme je vous l’ai dit antérieurement, avec la philosophie. Ceci réfère au discours sur le monde dont l’état ou l’évolution dont les diverses explications réfèrent à l’externalisme, c’est à dire, notamment, à une Cause non causée qui a créé ou qui intervient directement ou indirectement sur l’état ou l’évolution de celui-ci, ou à l’internalisme qui réfère à des explications provenant de la nature même de la structure du monde. Votre tentative de rapprochement avec la science n’est donc pas pertinente pour moi Quant à la distinction que vous tentez de démontrer entre le religieux et la religion, je ne crois pas que « l’essence » du religieux soit différente de la religion dans une vision paradigmatique du langage. Il y a là une tentative de synonymie sur cet axe paradigmatique qui ne colle pas. Tenter de séparer la religion du religieux en tant qu’institution c’est tout simplement mêler les cartes pour employer un langage vernaculaire. C’est pourqoi je vous ai indiqué et je vous indique encore que votre langage, malgré cette tentative de distinction, se rattache à cette saveur d’éternité qui est l’appanage à la fois du religieux et de la religion chez-vous et du religieux pour ceux qui y incluent la religion. À propos du marché auquel vous attribuez « le marché qui a acquis socialement le statut pontifical de l’infaillibilité », il est bien évident que cette remarque vous appartient en propre et qu’elle est loin, très loin, de cette « sacralisation » dont vous voulez l’affubler afin d’expliquer, dans un certain sens, cette affirmation, explicite ou implicite, concernant cette perte des valeurs qui transpire dans plusieurs de vos textes. Justement, à propos des valeurs, il n’est pas vrai de dire que le « vérité » des valeurs est une position d’épistémologue. D’ailleurs je n’ai jamais parlé de la vérité des valeurs en ce sens, le mot « vérité » étant pour moi, sur le plan de la logique, une conformité structurelle du syllogisme, et, sur le plan paradigmatique, associé à chacune des situations particulières plutôt qu’à une définition en soi. Donc, votre remarque à l’effet que la vétiré appartient au domaine des objets plutôt qu’au domaine des valeurs est tout à fait fausse. Autrement dit, notamment dans une perspective axiologique, il peut y avoir deux « vérités » à propos d’une même situation, le concept du vrai-faux ne s’appliquant pas automatiquement. Cette situation est classique lors des témoignages : chacun voit une situation donnée à travers les lunettes de ses expériences de vie et de ses croyances, en quelque sorte une vision axiologique des choses. Et, votre définition de la négativité, pour en finir, est pour le moins fort curieuse. En effet, une négativité « non dialectique », qui est de plus apparentée au « nihilisme », ce qui, pourtant, est fort différent, cette négativité étant, dans le discours humain, se situant nécessairement dans le champ de la dialectique. Je comprend que vous voulez distinguer « dépassement des contradictions » et « épuisement en pure perte », mais cette distinction ne tient pas et cache plutôt un fatalisme qui nie une constante dynamique, notamment des marchés, qui n’est pas mauvaise en soi mais qui le devient chez vous dans votre frénésie à vouloir expliquer que, maintenant, le baby-boom a délaissé les valeurs « vraies » pour s’aliéner dans une « théocratie » de marché. Ce n’est pas moi qui vous ramène constament à la théocratie mais vous même par vos explications qui, implicitement et parfois fort insidieusement, dans un dédale de distinctions échevelées, oppose « l’éternité » à un certain « paganisme » du marché auquel vous attribuez d’ailleurs une « infaillibilité pontificale », ce qui laisse croire que la gangue de vos croyances a une saveur d’éternité et donc d’immuabilité. Commentaire de: Alain Berthiaume
@ Cicéron Derome
------------- "Quant à la distinction que vous tentez de démontrer entre le religieux et la religion, je ne crois pas que « l’essence » du religieux soit différente de la religion dans une vision paradigmatique du langage. Il y a là une tentative de synonymie sur cet axe paradigmatique qui ne colle pas." ------------- Il y a une contradiction dans votre paragraphe. Vous affirmez ne pas croire comme je l'écrivais que l'essence du religieux soit différente de la religion. Pourtant, vous supposez ensuite que je fais une tentative de synonymie. Il faudrait savoir... D'autre part, cette sacralisation du marché que je constate et que vous contestez, dont vous dites qu'elle m'appartient en propre, est la base même des travaux issus des analyses socioéconomiques de Max Weber. Comme le résume très bien Bernard Stiegler, philosophe et docteur de l'École des Hautes Études en Sciences Sociales: ------------- "De manière très étonnante, Weber décrit l'apparition d'une nouvelle pensée religieuse - le protestantisme - qui ouvre la possibilité de se passer de la religion. Luther commence par légitimer le libre accès au Livre, par l'imprimerie. Sa revendication reste circonscrite au champ religieux mais elle ouvre la voie à celle de Calvin, qui systématise le principe selon lequel on peut et on doit faire son salut dans les affaires. En migrant vers les colonies d'Amérique du Nord, ce nouvel esprit, né dans les pays du Nord, se radicalise sous l'aspect d'une nouvelle figure, l'entrepreneur décomplexé par rapport aux interdits de l'ancienne religion: aimer Dieu, c'est accumuler le maximum de dollars...C'est l'apparition de la société où tout peut et doit devenir calculable." - in "La Crise à Rebonds Du Capitalisme", Le Nouvel Obs, Hors série, "Comprendre le Capitalisme". -------------- Vous voyez de la théocratie dans mes dires alors que j'essaie de la montrer là où elle se cache: dans le marché. C'est encore vous qui inventez une "saveur - négative, dogmatique - d'éternité" dans une position que je n'ai pas prise et que je dénonce plutôt tout au contraire dans la structure actuelle de la société économiste qui, croyant avoir évacué la religion, y carbure à plein régime. Si Dieu est mort, ca ne veut pas dire que les "curés" le sont aussi. Il n'y a qu'à voir d'ailleurs le port ostentatoire de la cravate dans ce milieu des affaires, qui ressemble étrangement à la pièce de tissu dont les prêtres s'entourent cérémonieusement les épaules pour s’autoriser de la célébration de leur institution. La négativité non-dialectique a un lien avec le nihilisme dans la mesure où ne revenant pas sur elle-même pour subsumer ses contradictions, elle persiste dans le pur gaspillage et, fuyant en avant, fait la girouette comme ce marché soumis aux aléas des spéculations boursières et des délocalisations moins dispendieuses vers les pays émergeants. En même temps elle a accaparé la sphère de l’ « incalculable », la vie privé, la vie de l’esprit, le loisir, dans la sphère économiste de son impérialisme. --------------- « Historiquement, le capitalisme est un processus de « désenchantement » du monde, selon la formule de Weber, parce qu’il érige un nouveau système de valeurs où tout, sans exception, devient calculable et « égalisable » par la monnaie. Il prépare en cela ce que Nietzsche annonce comme l’avènement du nihilisme." Ibid. -------------- C’est le règne de l’immanence, l’ère du spectacle sans transcendance, la réduction de l’homme à sa nature organique, l’application du behaviorisme et la biologisation de la psychologie, au détriment des valeurs, des héritages symboliques et spirituels, culturels en un sens oublié d’une sensibilité et d’une manière de vivre, de la simplicité et de la frugalité économe, de l’amour de la nature comme sujet, le flanâge et la méditation, la nostalgie et la conscience du passage du temps et des années, le raffinement, la pudeur, la réserve, les jeux d’approche de la timidité, la bonté, le rêve, le silence. Tout ce que permet la liberté d’être autrement. Commentaire de: sonia robitaille
Bof, dans plusieurs de vos positions ou interventions, je vous trouve pas mal babyboomer monsieur martineau
sonia robitaille membre agrée de la génération X Commentaire de: sonia robitaille
@ M.Martineau
Vous me faites vraiment penser à un vieux mononcle qui essaie d'être cool... Bonjour la censure... Commentaire de: Ciceron Derome
@Alain Berthiaume
La synonymie a ceci de particulier: il arrive parfois qu'on essaie de noyer le poisson dans le semblable tout en laissant croire que ce n'est pas indentique, que le religieux n'est pas la religion tout en surfant sur une certaine synonymie naturelle bien installée chez le commun des mortels. Commentaire de: Luc Bardier
Cest simple et pas compliqué,les gens des années 50 se sont enrichi a la tonne,évidemment ils travaillaient fort aussi.Les années 70 et 80 furent profitables pour tout le monde et moi qui suit né en 63,comme tous ceux qui suivent vivons l'époque des COUPURES CAUSÉS PAR LES GENS DES ANNEES 50. Car ils ont abusé du systeme jusqu'au bout.
VOILA LE CHOC DES GENERATIONS ...C'EST CA ET QU'ON SE LE DISENT.Car quand mon *** de boss me dit que c'est la force du dollar qui cause ma mise a pied pour 3 mois,j'en ai rien rien a foutre de sa raison non recevable car avant 76 le meme dollar etait aussi haut et tout le monde travaillait.Abitibi-Bowater va fermer la semaine prochaine et à cause de quoi vous pensez.... Commentaire de: Alain Berthiaume
@ Ciceron Derome
------------- "La synonymie a ceci de particulier: il arrive parfois qu'on essaie de noyer le poisson dans le semblable tout en laissant croire que ce n'est pas indentique, que le religieux n'est pas la religion tout en surfant sur une certaine synonymie naturelle bien installée chez le commun des mortels. " ---------------- La religion est la manifestation institutionnelle du religieux, la transposition sociale, voire politique d'une disposition de la pensée qui renvoi à la distinction du sacré et du profane, à la séparation du ciel et de la terre, au sens de la vie et de la mort, à la possibilité du dieu. Je crois que si vous préférez gommer toutes les nuances et les différences par lesquelles la réflexion est possible, pour faire croire que tout est toujours pareil, que tout se vaut et s’équivaut, que tout est dans tout et que tout se rejoint et s'annule dans un magma informe dans lequel on ne peut plus rien analyser et qu'il ne sert plus rien de penser, libre à vous. J'imagine que vous êtes un relativiste invétéré qui se maintient dans une neutralité indifférenciée. Bien à vous. Pour ma part, je comprends l'essence de la religion, le religieux, l’essence du religieux comme ce qui n'est pas la religion, car la question de l'essence cherche à comprendre ce par quoi et comment il y a quelque chose comme « du religieux » et de la religion. Penser le religieux n'est pas la même chose qu'avoir ce que l’on appelle l' « acte de foi », ou le serment d’allégeance institutionnel, mais veut plutôt s'avancer jusque là où la différence métaphysique entre la foi et l'athéisme, la foi et ce que serait une « non-foi » peut non seulement advenir mais peut décider, en instaurant une série de différences constitutive a priori de deux sortes de monde, du destin d'une pensée, d'une vie, d'une communauté, voire d'une civilisation. Et si la question de la foi, de l’athéisme peuvent avoir une chance au-delà, ou en dehors de la métaphysique qui les institue dans leur différence. Et si l’athéisme, s’il existe quelque chose de tel, sincèrement ou « politiquement », s’il existe pour l’athéisme, qui s’en réclame expressément ou non, l’ « absolu » d’un au-delà de la distinction métaphysique qui l’oppose au théisme, si donc cet athéisme ne reste pas limité, déterminé de fond en comble par la disposition religieuse, ne serait-ce que contre elle si ce n’est en un combat intérieur indécidable, sans pouvoir éviter partout les symptômes de cette dénégation et les limites mêmes de son « penser ». Commentaire de: Alain Berthiaume
@ Cicéron Derome
Si jamais ca vous intéresse, j'ai retrouvé par hasard une copie de l'introduction à "La Dialectique Négative" d'Adorno de mes années d'études. Je vous en cite un extrait intitulé "La Dialectique n'est pas un point de vue", qui va dans le sens de ce dont j'évoquais plus haut: ------------- "Aucune théorie n'échappe plus au marché: chacune est mise à l'étalage comme possible parmi les opinions concurrentes, toutes sont proposées au choix, toutes ingurgitées. Cependant, s'il est vrai que la pensée ne saurait ici se mettre des œillères, s'il est certain que la conviction infatuée de posséder une théorie qui échappe à ce destin dégénère en boniment, il n'est pas moins vrai que la dialectique ne se voit nullement réduite au silence par ce reproche ni par celui qui l'accompagne, celui de sa superfluité, l'arbitraire d'une méthode plaquée de l'extérieur. Son nom dit d'abord seulement que les objets ne se réduisent pas à leur concept, qu'ils entrent en contradiction avec la norme traditionnelle de l'adaequatio. La contradiction n'est pas ce en quoi l'idéalisme absolu de Hegel devait inévitablement la transfigurer: elle n'est pas d'essence héraclitéenne. Elle est l'indice de la non-vérité de l'identité, l'indice de l'absorption du conçu dans le concept. L'apparence d'identité est pourtant inhérente au penser lui-même dans sa forme pure. Penser signifie identifier. Satisfait, l'ordre conceptuel se glisse devant ce que le penser veut comprendre. Son apparence et sa vérité interfèrent. Celle-là ne saurait être éliminée par décret, par l'affirmation par exemple d'un étant en-soi, à l'extérieur de la totalité des déterminations du penser. Il y a implicitement chez Kant, et ceci fut mobilisé par Hegel contre lui, l'affirmation que l'en- soi se trouvant au-delà du concept, est nul en tant que tout à fait indéterminé. La conscience du caractère illusoire de la totalité conceptuelle n'a pas d'autre issue que de briser de l'intérieur l'apparence d'identité totale: en se servant du propre critère de l'identité. Mais comme cette totalité se construit conformément à la logique dont le noyau est constitué par le principe du tiers-exclu, tout ce qui ne s'y conforme pas, tout ce qui est qualitativement différent, prend par conséquent le caractère de la contradiction. La contradiction est le non-identique sous l'aspect de l'identité; le primat du principe de contradiction dans la dialectique mesure l'hétérogène au penser de l'unité. En se heurtant à sa limite, celui-ci se dépasse. La dialectique est la conscience rigoureuse de la non-identité. Elle n'adopte pas de point de vue à l'avance. La pensée est portée à la dialectique de par son insuffisance inévitable, de par sa culpabilité à l'égard de ce qu'elle pense. Reprocher à la dialectique comme on n'a cessé de le faire à la suite des critiques aristotélisantes de Hegel, de ramener de son côté à la forme simplement logique de la contradiction tout ce qui passe dans son moulin et de plus, de laisser de côté - c'était encore l'argument de Croce - toute la diversité du non-contradictoire, du simplement différent, c'est rejeter la responsabilité de la chose sur la méthode. Le différencié apparaît divergent, dissonant, négatif tant que la conscience est forcée de par sa formation propre d'insister sur l'unité: tant qu'elle mesure ce qui ne lui est pas identique à son exigence de totalité. C'est là ce que la dialectique reproche à la conscience comme sa contradiction. La contradiction a elle-même, en vertu de l’essence immanente de la conscience, le caractère d'une norme inéluctable et fatale. Identité et contradiction du penser sont soudés. La totalité de la contradiction n'est rien d'autre que la non-vérité de l'identification totale telle qu'elle se manifeste en elle. La contradiction est la non-identité sous l'emprise de la loi qui affecte aussi le non-identique." ------------ A noter l’extrême proximité du travail, en France, de Derrida avec la pensée d’Adorno, éloquente ici à travers ce paragraphe. Commentaire de: Ciceron Derome
@Alain Berthiaume
Voilà!! Voici l’extrait qui caractérise justement ce que j’essaie de vous démontrer depuis le début: ¬¬¬¬¬¬ Penser le religieux n'est pas la même chose qu'avoir ce que l’on appelle l' « acte de foi », ou le serment d’allégeance institutionnel, mais veut plutôt s'avancer jusque là où la différence métaphysique entre la foi et l'athéisme, la foi et ce que serait une « non-foi » peut non seulement advenir mais peut décider, en instaurant une série de différences constitutive a priori de deux sortes de monde, du destin d'une pensée, d'une vie, d'une communauté, voire d'une civilisation. (Alain Berthiaume) Votre façon de voir le religieux, la religion, les religions, indépendament des dictinctions essentielles ou accessoires, j’aurais tendance à croire qu’elles sont plutôt accessoires, laisse cette impression très réelle d’une opposition très nette entre la « libération » du « divin », du religieux, des religions et ce relativisme « gommant » auquel vous voulez m’associer, un relativisme très subtilement associé, aussi, à l’athéisme. L’axiologie de votre pensée est très nette : vous opposez finalement la foi « libératrice » à la « non-foi » associée à l’athéisme, ce qui est faux, totalement faux. Il n’est pas vrai de dire, et je le martèle, qu’à la foi, telle que vous la décrivez avec maints détours, essentiels ou accessoires, s’oppose la « non-foi ». Vous indiquez ainsi, irrémédiablement, que le chemin de la foi est unique parce que le mot foi, chez-vous est associé au fait de « s'avancer jusque là où la différence métaphysique entre la foi et l'athéisme ». Vous venez ainsi de décrire l’ornière axiologique à partir de laquelle il est, bien sûr, évident que le relativisme est associé à du « gommage », est associé à l’athéisme, est associé à la décadence. Ce discours est exactement à l’opposé de celui de Nietzche qui annonça que « Dieu est mort », ce dieu de la décadence, ce dieu du troupeau qui finit par le caractère humain et dionysien de l’homme. Cette pensée, n’était pas de la « non-foi ». Cette pensée n’était pas de l’athéisme, au contraire. Il avait foi en quelque chose de différe |