4 Juillet 2007My Visit in Ottawa (1)
Il y a quelques jours, j'ai écrit une chronique sur le piètre état de santé du bilinguisme dans notre capitale nationale, Ottawa.
Ce texte m'a valu un nombre de courriels record... En voici quelques-uns. _____________ Courriel de M B (évidemment, il n'est pas signé. C'est le propre des commentaires négatifs...)
_________________ Message d'André Mainguy, de Longueuil
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Commentaire de: Bolt Laurence
J'ai étudié à Ottawa de 86 à 89.
Je suis devenu séparatiste vers la fin 88. Ville bilingue 9am à 5pm. Que dire de plus. Commentaire de: Annie Corbeil
Je l'ai souvent dit dans mes commentaires: les Québécois ne connaissent pas le ROC et le ROC ne connaît pas le Québec. Il y a toutes sortes de mythes qui circulent dans le ROC sur le Québec et au Québec sur le ROC.
Un de ces mythes, c'est que les Montréalais francophones ne sont pas gentils avec les anglophones, qu'ils sont impolis avec eux et qu'ils refusent de leur parler anglais même s'ils le peuvent (car les francophones parlent tous anglais, c'est bien connu). Il y a une dizaines d'années, un journaliste du Manitoba était venu faire un reportage à Montréal sur l'impolitesse des francophones envers les anglophones. Il n'avait pas pu faire son reportage parce qu'il n'avait trouvé aucun francophone impoli et que tout le monde avait répondu en anglais à toutes ses questions. Il était passé aux nouvelles à CBC pour s'expliquer et pour s'excuser. Bien entendu, la "nouvelle" n'est pas sortie dans les médias francophones. Lorsque je vivais à Ottawa, j'ai pris un autobus de la ville et j'ai demandé en français au chauffeur s'il arrêtait à la rue Hannah (prononcé à la française sans le "h" aspiré). Il m'a répondu que non. Quand je suis venue pour descendre de l'autobus en pensant que je m'étais trompée, il m'a dit : "Come back! It's Hannah ("h" aspiré)! You're not in Montreal, here!" Commentaire de: Ishi-Ann Roussel
Je suis pour le billinguisme: autant parce que c'est une chose qui ouvre les dialogues interaciaux, autant parce que c'est une preuve de culture et d'éducation. Par contre, pouvons-nous vraiment obliger la tenue billinguisme et s'offusquer qu'il ne soit pas présent partout ? En Belgique, par exemple, qui se divise en majorité flamande et française (sur un territoire, si je ne me trompe pas, plus petit que le Québec) la plupart ne parle pas la langue de l'autre peuple ethnique. Alors souhaiter que chaque canadiens, même les serveurs au Second Cup, parlent français et anglais, c'est beaucoup demander. Oui, parfois ça frôle le ridicule mais la même chose peut arriver en région avec des personnes anglaises. Hors, il faudrait les voir comme ceux qui ne se forcent pas alors que l'on veut en même temps qu'ils parlent français quand on est là ? C'est un peu trop demandé, je trouve.
J'habite personnellement en région, à une heure de route de ce qu'on appelle les portes de la Gaspésie. Ma ville est relativement grande, 40 000/60 000 habitants, et on y trouve une polyvalente d'un peu plus de 2 000 élèves. Or, en deux ans à être dans cette école, je n'ai trouvé que 2 personnes billingues d'anglais et un nombre tout à fait dérisoire de personnes le maîtrisant moindrement. Dernièrement, il a seulement fallut que je demande "How are you" juste un peu plus vite que les "H-Ho-we a-ar-re-e yo-ou-u" de nos professeurs pour qu'on me réponde: "euh... Frédérique ?" Ou encore, alors que je mangeais à un restaurant, des anglais sont venus mangés et la serveuse, balbutiant, a du recevoir l'aide d'une cliente pour pouvoir prendre leur commande. Pourtant, nous sommes dans le Canada, nous aussi. Je ne suis personnellement jamais allée dans le Canada Anglais (si on oublie le Nouveau Brunswick et l'île du Prince Édouard lorsque j'étais jeune) et je ne peux pas faire mon avis. Mais je crois que si je me suis fait servir en français dans beaucoup de villes américaines, je ne crois pas que ce soit possible de notre côté des Grands-Lacs. Mais demander à des gens d'apprendre une langue dans laquelle ils ne pourront tout simplement pas fonctionner, dans le simple souci de garder la langue de bien pouvoir accueillir leurs concitoyens, je trouve l'idée un peu poussée par les cheveux. À tous ceux qui montrent la volonté d'apprendre le français, je leur dis bravo (et souvent, ils sont très fiers de leur connaissance et font leur possible pour s'améliorer) mais quand je vois les efforts que font les jeunes de mon âge pour apprendre l'anglais (et le français aussi) je me sens tout simplement incapable de les juger.
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Richard Martineau est chroniqueur au Journal de Montréal.
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