4 Juillet 2007

Permalink 22:09 pm, Richard Martineau / Franc-parler, 677 mots  

My Visit in Ottawa (1)

Il y a quelques jours, j'ai écrit une chronique sur le piètre état de santé du bilinguisme dans notre capitale nationale, Ottawa.

Ce texte m'a valu un nombre de courriels record...

En voici quelques-uns.

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Courriel de M B (évidemment, il n'est pas signé. C'est le propre des commentaires négatifs...)




Bonjour,

Je viens de lire votre ''FRANC-PARLER'' My visit in Ottawa et j'aimerais bien commenter la dessus.

Premierement, vous nous racontez votre vie, qui nous interesse guere et qu'on n'est pas cense la connaitre.

Secondo, a Ottawa, vous avez trouve des gens qui ne comprenaient pas ou font semblant de ne pas comprendre le Francais, chose qui vous a soit disant choque et mis un peu en colere.

Vous devez savoir Mr Richard qu'au Quebec, la meme chose se produit, quelques Quebecois ne comprennent pas ou font semblant de ne pas comprendre l'Anglais. J'ai assiste a une scene et j'ai joue le role de traducteur.

Oui en dehors du Quebec, le Canada est unilingue, Anglophone. Mais en dedans, le pays est aussi unilingue, Francophone.

Le bilinguisme ne s'applique que s'il y a interet a l'appliquer. Ce n'est pas chose nouvelle pour nous.

PS. J'ai visite Ottawa et croyez moi, je n'ai parle que Francais. Tout le monde m'a repondu en Francais.

Je suis au Quebec depuis 6 ans et j'aime cette belle province, mais je ne deviens pas frustre si on me dit qu'on comprenne pas le Francais ou l'Anglais. Je respecte le choix de langue des gens.

Sans raucune



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Message d'André Mainguy, de Longueuil




Votre courte visite à Ottawa démontre si besoin était, qu'il est très difficile, sinon impossible d'être entendu comme francophone à Ottawa. Si vous demandez à l'ex-députée de Gatineau à la Chambre des communes, madame Françoise Boivin, une fille de la région, de quelle manière étaient reçues ses demandes d'installer plus de fonctionnaires ou de chercheurs scientifiques fédéraux à Gatineau, elle vous répondra probablement par le même « What » que celui que l'on vous a servi à Ottawa.

Monsieur Martineau, si vous avez une minute, penchez-vous sur les faits qui suivent et essayez de trouver une réponse intelligente à la non réaction d'Ottawa.

A Gatineau, on y trouve une énergie sans GES, celle d'Hydro-Québec. Qui plus est, celle-ci coûte 45% moins chère que l'électricité des centrales au charbon de l'Ontario, l'énergie consommée dans les édifices fédéraux d'Ottawa. Pendant ce temps, plusieurs élus fédéraux déchirent leur chemise sur la place publique, concernant les changements climatiques. Pourquoi ne pas délocaliser plus de fonctionnaires et de scientifiques fédéraux d'Ottawa vers Gatineau ? Dans un contexte où l'on trouve que le Québec se laisse vivre grâce à la péréquation du « What canadian », il y a là, matière à réflexion, si jamais nos intelligents à lunette, en sont encore capables.!

Actuellement, on retrouve à peine 18% des fonctionaires fédéraux à Gatineau et sur 36 laboratoires de recherche, comptant 35.000 employés, il y a celui des langues à Gatineau. Celui-là, ne devrait-il pas être installé à Ottawa et en retour, le Québec ne devrait-il pas avoir un nombre de laboratoires à la hauteur de sa démographie, surtout que le Québec offre une énergie sans GES et à très bon marché.

Décidément, il faut rêver en couleur pour se croire canadien comme francophone. Pas surprenant que l'on doive conserver un commissaire aux langues officielles, une autre parure qui cache l'hypocrisie toute canadian de la très vaste majorité dans ce pays, n'en déplaise à celui qui occupe le poste, monsieur Graham Fraser, un homme honnête, mais sans aucun pouvoir de changer les choses. En réalité, il ne sera que toléré par les siens, afin de faire bonne figure, un trait caractéristique des anglophones.

Monsieur Martineau, le Canada va respecter le Québec, seulement si le Québec accède à son indépendance. Léon Dion n'a t-il pas déclaré, nous devrons leur mettre le couteau sous la gorge pour les obliger à changer !


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Commentaires:

Commentaire de: Bolt Laurence
J'ai étudié à Ottawa de 86 à 89.
Je suis devenu séparatiste vers la fin 88.
Ville bilingue 9am à 5pm.
Que dire de plus.
Permalien 2007-07-04 22:38:14
Commentaire de: Annie Corbeil
Je l'ai souvent dit dans mes commentaires: les Québécois ne connaissent pas le ROC et le ROC ne connaît pas le Québec. Il y a toutes sortes de mythes qui circulent dans le ROC sur le Québec et au Québec sur le ROC.

Un de ces mythes, c'est que les Montréalais francophones ne sont pas gentils avec les anglophones, qu'ils sont impolis avec eux et qu'ils refusent de leur parler anglais même s'ils le peuvent (car les francophones parlent tous anglais, c'est bien connu). Il y a une dizaines d'années, un journaliste du Manitoba était venu faire un reportage à Montréal sur l'impolitesse des francophones envers les anglophones. Il n'avait pas pu faire son reportage parce qu'il n'avait trouvé aucun francophone impoli et que tout le monde avait répondu en anglais à toutes ses questions. Il était passé aux nouvelles à CBC pour s'expliquer et pour s'excuser. Bien entendu, la "nouvelle" n'est pas sortie dans les médias francophones.

Lorsque je vivais à Ottawa, j'ai pris un autobus de la ville et j'ai demandé en français au chauffeur s'il arrêtait à la rue Hannah (prononcé à la française sans le "h" aspiré). Il m'a répondu que non. Quand je suis venue pour descendre de l'autobus en pensant que je m'étais trompée, il m'a dit : "Come back! It's Hannah ("h" aspiré)! You're not in Montreal, here!"
Permalien 2007-07-05 00:10:37
Commentaire de: Ishi-Ann Roussel
Je suis pour le billinguisme: autant parce que c'est une chose qui ouvre les dialogues interaciaux, autant parce que c'est une preuve de culture et d'éducation. Par contre, pouvons-nous vraiment obliger la tenue billinguisme et s'offusquer qu'il ne soit pas présent partout ? En Belgique, par exemple, qui se divise en majorité flamande et française (sur un territoire, si je ne me trompe pas, plus petit que le Québec) la plupart ne parle pas la langue de l'autre peuple ethnique. Alors souhaiter que chaque canadiens, même les serveurs au Second Cup, parlent français et anglais, c'est beaucoup demander. Oui, parfois ça frôle le ridicule mais la même chose peut arriver en région avec des personnes anglaises. Hors, il faudrait les voir comme ceux qui ne se forcent pas alors que l'on veut en même temps qu'ils parlent français quand on est là ? C'est un peu trop demandé, je trouve.

J'habite personnellement en région, à une heure de route de ce qu'on appelle les portes de la Gaspésie. Ma ville est relativement grande, 40 000/60 000 habitants, et on y trouve une polyvalente d'un peu plus de 2 000 élèves. Or, en deux ans à être dans cette école, je n'ai trouvé que 2 personnes billingues d'anglais et un nombre tout à fait dérisoire de personnes le maîtrisant moindrement. Dernièrement, il a seulement fallut que je demande "How are you" juste un peu plus vite que les "H-Ho-we a-ar-re-e yo-ou-u" de nos professeurs pour qu'on me réponde: "euh... Frédérique ?" Ou encore, alors que je mangeais à un restaurant, des anglais sont venus mangés et la serveuse, balbutiant, a du recevoir l'aide d'une cliente pour pouvoir prendre leur commande. Pourtant, nous sommes dans le Canada, nous aussi.
Je ne suis personnellement jamais allée dans le Canada Anglais (si on oublie le Nouveau Brunswick et l'île du Prince Édouard lorsque j'étais jeune) et je ne peux pas faire mon avis. Mais je crois que si je me suis fait servir en français dans beaucoup de villes américaines, je ne crois pas que ce soit possible de notre côté des Grands-Lacs. Mais demander à des gens d'apprendre une langue dans laquelle ils ne pourront tout simplement pas fonctionner, dans le simple souci de garder la langue de bien pouvoir accueillir leurs concitoyens, je trouve l'idée un peu poussée par les cheveux. À tous ceux qui montrent la volonté d'apprendre le français, je leur dis bravo (et souvent, ils sont très fiers de leur connaissance et font leur possible pour s'améliorer) mais quand je vois les efforts que font les jeunes de mon âge pour apprendre l'anglais (et le français aussi) je me sens tout simplement incapable de les juger.
Permalien 2008-01-13 22:03:00

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