LES JOURNAUX RÉGIONAUX DE QUÉBECOR Régional - Le Mirabel

23/11/07

Permalink 11:43 am, Marc Fradellin / Général, actualité municipale, 525 mots  

Ils rencontrent leur ange

Par France Poirier

Benoît Morin a eu de la veine, le 20 novembre dernier, lorsque son chemin a croisé celui de Marie-Blanche Boily, qui l'a sauvé d'une mort certaine.

L'homme de 30 ans a perdu le contrôle de son véhicule sport utilitaire et a heurté un autobus scolaire sur le chemin Val des Lacs à Sainte-Sophie. Seule la conductrice de l'autobus était à bord et elle n'a pas été blessée.
Le véhicule de Benoît Morin s'est retrouvé dans le fossé. Prisonnier de son auto qui était plongée par l'avant, le conducteur avait la tête dans l'eau et cherchait à se déprendre, mais il n'en avait pas la force à cause de ses nombreuses blessures.
C'est alors que Marie-Blanche Boily est arrivée sur les lieux. «Lorsque je me suis approchée, j'ai vu qu'il bougeait. J'ai paniqué parce que ma phobie est la noyade et je me disais, il ne faut pas qu'il se noie. Le seul moyen de l'atteindre était par la vitre arrière qui était fracassée. J'avais de l'eau jusqu'aux genoux. Je suis passée par la vitre et j'ai pu lui tenir la tête hors de l'eau. Je lui disais, on va s'en sortir, tiens le coup, les secours s'en viennent», a raconté avec émotion Mme Boily.

«Tout m'a dirigé vers l'accident»
«Ce matin-là, tout me retardait à la maison. J'ai barré la voiture avec les clés à l'intérieur, puis avec trente minutes de retard, j'ai quitté la maison. Je suis retournée parce que j'avais oublié quelque chose. En repartant, je suis arrivée sur les lieux de l'accident où j'étais passée cinq minutes plus tôt. Sans hésiter, je suis allée au secours de la victime», raconte Mme Boily.
«On ne fait pas ça pour les honneurs. J'ai réalisé l'ampleur de mon geste le lendemain matin quand j'ai parlé à sa mère. Elle m'appelait pour me remercier d'avoir sauvé son fils. Je me suis dit que j'aimerais que quelqu'un en fasse de même pour moi. J'ai trois enfants à peu près du même âge que Benoît et j'ai compris ce qu'elle a pu ressentir», souligne l'héroïne.

Une rencontre émouvante
C'est avec une certaine anxiété que Mme Boily se rendait à l'Hôtel-Dieu de Saint-Jérôme pour rencontrer celui qui lui devait la vie. Lorsqu'elle est entrée dans la chambre, la mère de Benoît, Diane Thiboutot, l'a accueillie à bras ouverts. Elle a dit à son fils : «Ton ange est ici». Tout de suite, l'héroïne s'est rendue au chevet de Benoît et, avec émotion, lui a raconté le fil des événements. Il ne se souvenait pratiquement de rien. Il n'avait pas de mots et était très heureux de rencontrer sa bienfaitrice. Pour Marie-Blanche Boily, cette rencontre était aussi très importante. «J'avais besoin de le voir, de savoir qu'il se portait mieux, ça m'a fait du bien», a-t-elle confié au journal à l'issue de la visite à l'hôpital.



Diane Thiboutot, la mère de la victime, était très heureuse de rencontrer Marie-Blanche Boily. (Photo CDM par Claude Cormier)

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