29/11/07Mama Coca, papa Felix![]() On peut voir sur cette photo Félix Atencio-Gonzales, Charle Coocoo, le guide Alfredo, Éli Laliberté, le caméraman accompagné d’un garde du corp par Michel Gourd Le documentaire Mama Coca, d’un réalisateur et journaliste de Listuguj sera présenté à la télévison en début décembre. Ce film est un regard de l'intérieur sur l'importance de la feuille de Coca pour les autochtones du Pérou. Felix Atencio-Gonzales réalisateur journaliste autochtone vivant à listuguj a une feuille de route impressionnante dans le domaine des communications, notamment dans la production de documentaires cinématographiques de calibre international. Son plus récent film « Mama Coca » sera présenté le 3 décembre à 8 heures au canal APTN sur le câble. Il porte sur l’utilisation traditionnelle d’une plante considérée comme divine. Pour beaucoup de gens, la feuille de Coca est synonyme de cocaïne. En réalisant ce film, Félix Atencio-Gonzales voulait montrer que ce n’est pas vrai. L’idée est venue d’une discussion avec un Inue il y a quatre ans de cela. « Quand j’expliquais que chez nous on consommait des feuilles de Coca depuis des millénaires, ils me disaient, à oui, vous consommez de la cocaïne ? Non ! Il y a une grosse différence entre la feuille de Coca et la cocaïne. Dans la cocaïne, bien sur, il y a la feuille de Coca, mais il y a aussi 15 autres produits chimiques qui sont utilisés pour faire la poudre de cocaïne ». Le chemin pour produire ce film a été long. « J’ai présenté l’idée à plusieurs producteurs, finalement, il y a eu la maison de production Vic Pelletier de Matane qui a trouvé le projet intéressant et a été chercher du financement. L’année dernière, en novembre, nous sommes allés filmer à Wemotaci, dans la région de la Mauricie et au Pérou en Amérique du sud. En Mauricie, il y avait un leader spirituel Atikamekw, Charle Coocoo, que j’ai invité au Pérou. En tant que leader spirituel, il doit guider son Peuple. Il a été rencontrer les Indiens kitchua du Pérou et a été expliquer à son peuple et aux autochtones en général ce qu’est la feuille de coca ». Felix Atencio-Gonzales veut montrer dans ce film est que la feuille de Coca est sacrée. « La cocaïne, je ne l’ai jamais goûtée et je n’en prendrai jamais, car c’est une offense que l’on fait contre mon peuple et contre la feuille sacrée quand on en consomme. Tout le commerce entourant la cocaïne a une répercussion contre mon peuple et contre la feuille de Coca. La méconnaissance totale des européens face à la feuille de Coca a fait qu’à leurs yeux, le seul fait de la mâcher faisait passer les paysans pour des drogués ». Pourtant, des études très sérieuses venant de la très prestigieuse Université Harvard montrait que la feuille de Coca était plutôt un aliment très nutritif. À l’inverse, la consommation de cocaïne engendre des processus très destructeurs contre mon pays qui forcent les gouvernements a détruire les feuilles de Coca pour qu’ils puissent reçevoit de l’argent. Le message du film est d’expliquer aux gens que la feuille de Coca n’est pas de la cocaïne. « On a été voir des chamans, des cultivateurs qui vont placer des feuilles de Coca avec les germes de pommes de terres qu’ils plantent. C’est une relation étroite avec la feuille de Coca. En tant que personne qui vient d’une autre culture, s’il y a un souhait que je pourrais faire c’est de faire prendre conscience à la population que la cocaïne détruit beaucoup de vie, pas seulement de celui qui la consomme, mais aussi de celui qui la produise. « Mama Coca » passera au canal APTN le 3 décembre à 20 heures et sera représenté le 7 décembre. La date à laquelle il passera a Radio-Canada a l’émission Grand reportage n’a pas encore été fixé. ![]() Les leaders spirituels Charle Coocoo, des Atikamekw (Wemotaci, Qc) et Pedro Marticorena pour la nation Wanka. ![]() Lors d’une cérémonie à 13,000 pieds d’altitude ou l’on offre la feuille de coca à la montagne sacrée Huaytapallana. Le guide spirituel du peuple Wanka Pedro Marticorena fait l’offrande dont fait aussi partie la nourriture. Rien ne va plus dans l’industrie du sciage![]() par Michel Gourd Le forum sur l'avenir de l'industrie forestière du Restigouche, qui s'est déroulé mercredi, à Dalhousie, a permis d’importants échanges sur l’avenir de cette industrie en crise. Pour Betty-Ann Mercier, directrice générale d'Entreprise Restigouche, le concept de la valeur ajoutée a été central lors de ce forum où s’étaient assis pour la première fois à la même table les trois secteurs de l'industrie. Selon les nombreux intervenants, il faut faire plus que transformer des arbres en bois de construction si l'on veut relancer cette industrie qui n’a pas fini de perdre des plumes. Toutes les scieries ne pourront êtres sauvés. Donald Arseneault, ministre des Ressources naturelles, a dû se faire une raison. Le Nouveau-Brunswick va voir une rationalisation dans l'industrie de la forêt au cours des prochains mois. En cela il a aussi décidé de laisser la province être régulé par les lois du libre marché. La nouvelle politique forestière, annoncée au mois d'août et en vigueur jusqu’au 31 décembre 2007, va en ce sens et entraînera une diminution du nombre scieries dans la province. Pour réduire les résistances aux changements, une compensation de 10$ le mètre cube sera fournie aux communautés perdant ses allocations de bois. Cette politique tente de corriger une situation que les gestionnaires de la province croient être la cause du marasme actuel. Les entrepreneurs du bois du Nouveau-Brunswick sont les plus petits de l'industrie. Le gouvernement désire donc grossir leur allocation de bois des terres de la Couronne. Ils répondent en cela à une demande des industriels toujours en quête de volumes supplémentaires. Cela aura cependant comme impact de fermer les usines perdant leurs allocations. En fait, cette rationalisation a déjà commencé. Le nombre de scieries aurait diminué depuis 1999, passant de 85 à 61. Les pertes d’emplois ne cessent pas dans cette industrie qui crée au Nouveau-Brunswick un peu plus de 23 000 emplois, générant 1,1 milliard $ en masse salariale. Récemment, les mises à pied temporaires à l'usine de meubles Shermag de Saint-François ainsi que la fermeture temporaire la scierie Papiers Fraser à Plaster Rock ont été sont prolongées. Ce problème n’existe pas qu’au Nouveau-Brunswick. La scierie de l'Association coopérative forestière de Saint-Elzéar, en Gaspésie, a fermé ses portes le 23 novembre, jusqu'en février, en raison de la faiblesse des prix du bois d'oeuvre en Amérique du Nord. Elle perdait 30 000 $ par semaine en demeurant ouverte puisque depuis juillet, le prix du 1000 pieds de planche baissait de 5 à10 $ par semaine. En défense de ses demandes qui vont créer inévitablement des pertes d’emplois, l'Association des produits forestiers estime que sa contribution à l'économie du Nouveau-Brunswick est d’environ 2 milliards $, soit 11,2 % du produit intérieur brut provincial. Il y a deux ans, ses exportations comptaient pour 40 % de toutes celles du Nouveau-Brunswick. Elle est se décrit aussi comme un puissant moteur économique. En 2005 l'industrie forestière a acheté pour 260 millions de dollars d'électricité et paie annuellement 600 millions de dollars à la province pour ses approvisionnements en bois. Pour plusieurs personnes, dont Jean-Paul Savoie, maire de Kedgwick, une municipalité durement touchée par la crise, l’industrie de la forêt ne pourra survivre qu’en créant de la valeur ajoutée. En conclusion des tables rondes qui se sont déroulées en après-midi, il a été fortement suggéré de faire des recherches pour créer des produits finis et identifier les produits de porteurs d'avenir plutôt que d’exporter des 2 par 4. La conception de panneaux, meubles ou plus particulièrement de maisons préusinées pourrait être les voies a suivre. « Il faut créer une synergie au niveau régional. Cela permettra à chaque entreprise de mieux se développer » conclut Nicole Soucy d’Entreprise Restigouche. Le développement économique par l’éducation : Élection du nouveau CA de la MFR Gaspésie-Les Plateaux![]() par Michel Gourd Démarrée a la mi-septembre, la seule MFR en Gaspésie et dans la Baie des Chaleurs a le vent dans les voiles. L’organisme à peine né se montre déjà comme un fournisseur d’emplois capable de développer la région des Plateaux. La première assemblée générale annuelle de la Maison Familiale Rurale Gaspésie-Les Plateaux s’est tenue à Saint-Alexis-de-Matapédia, le 18 novembre 2007. Cette assemblée fut l’occasion pour les membres de procéder à l’élection de son conseil d’administration et de fixer ses priorités pour la prochaine année. Il y a près de deux mois et demi que la MFR a débuté ses activités. Son ouverture est le résultat d’un travail acharné pendant les cinq dernières années pour permettre d’implanter une nouvelle manière d’apprendre en Gaspésie. « Jusqu'à maintenant, tout est au beau fixe et tout semble se dérouler comme sur des roulettes », affirme Pierrette Lévesque qui est de la première équipe au tout début du comité de suivi et fait partie du conseil d’administration au niveau d’un comité de suivi. « Les jeunes se sont bien adaptés à la formule pédagogique de l’alternance propre aux MFR et ont déjà fait leurs premiers séjours de stage en entreprise. Ils ont hâte de répéter l’expérience » . L’impact de cette MFR pour les Plateaux n’est pas négligeable. Non seulement a-t’elle aidée à rentabiliser la petite école de St-Alexis qui marche sur le fil du rasoir en terme de population étudiante, mais elle a aussi contribué à la création d’emplois par l’embauche des trois professeurs de la MFR par la Commission Scolaire René-Lévesque en septembre dernier. « Déjà, après seulement deux mois et demi de fonctionnement, la MFR Gaspésie-Les Plateaux se montre comme un outil de développement remarquable pour le milieu rural », continue Pierrette Lévesque. « L’année passée, c’était une année d’organisation. Il y a cinq ans, on a commencé à solliciter les gens, à leur parler de maison familiale rurale, à rencontrer le monde politique, les élus pour d’abord voir si c’était viable dans un monde comme le nôtre. Les choses ont vraiment commencé en 2003 avec l’implication de Bertrand Berger le préfet de la MRC d’Avignon qui a déjà été en mission en France visiter des MFR et rencontrer des enseignants ». « Depuis un an, il y a eu différentes personnes qui ont été embauchées à différentes étapes du projet. Il y a eu un chargé de projet dont les fonctions se sont terminées il y a quelques semaines de cela. Ça a été une grosse année de travail, une année d’implantation et il y avait toute la question de savoir si la communauté est capable de supporter ce projet, car il est éducatif et communautaire. Il y a un gros 50 % qui demande à la communauté d’être derrière ce projet sinon ce projet-là ne serait pas différent d’une autre école. Le milieu se dévitalise, la région se dépeuple, il y a moins de jeunes qu’il y avait. On était conscient qu’il fallait faire quelque chose de différent et aller chercher des créneaux de formation en accord avec la commission scolaire, mais aussi avec le milieu. L’objectif premier, c’est de revitaliser le milieu, donc les créneaux de formation doivent être dans des métiers qui s’exercent dans le milieu. Ça a été l’agriculture et la cuisine d’établissement », affirme Pierrette Lévesque. « La prochaine année ne sera pas facile. Ça va être du recrutement, on va devoir encore faire de la publicité, mais les bases semblent solides », continue Pierrette. « L’objectif n’est pas une question de nombre. C’est de donner une formation académique de qualité tout en permettant que la MFR soit viable. L’année prochaine on espère doubler le nombre d’étudiants. Les jeunes doivent trouver qu’ils font des choses intéressantes. Même les enseignants ont adapté leur pédagogie à la formation des élèves. Cela semble fonctionner. « Il a un jeune qui a dit qu’il haïssait l’école, mais que c’était la première fois qui aimait le français. La MFR, c’est un mode de vie même si c’est une école ». Actuellement, la Maison Familiale Rurale Gaspésie-Les Plateaux, avec ses 10 étudiants est l’entreprise qui a attiré le plus de nouveaux arrivants dans la région des Plateaux. Si son cheminement est identique à celui des quatre autres MFR déjà implantés au Québec, elle devrait rapidement croître à plusieurs fois sa grosseur actuelle. Un parfait exemple de développement économique par la valorisation de l’éducation. Le cercle littéraire La Tourelle s'implique dans l'éducation des jeunesPar Michel Gourd Dans le but de favoriser l'apprentissage des jeunes du CEGEP Baie des Chaleurs, Le cercle littéraire La Tourelle reporte La Tournée d'automne à l'hiver. Après quelques mois de vacances, Le cercle littéraire La Tourelle a recommencé ses activités au mois d'août. « On a pris un petit congé cet été », affirme Alvina Lévesque. En plus de ses rencontres aux deux semaines, les membres prévoient aussi tenir la traditionnelle Tournée d'automne des écrivains, mais en la repoussant un peu. Nous accueillons en général trois écrivains en cette saison. La rencontre a habituellement lieu le samedi et est ouverte a tous gratuitement. Plus d'une trentaine écrivains y ont participé jusqu'à maintenant. Des gens de la stature de Raôul Duguay, Louise Desjardins, Robert Lalonde, José Acquelin, Pierre Morency et Marie-Claire Blais, pour nù,en nommer que quelques-uns. Il y a cependant un petit changement cette année. «La tournée d'automne d'écrivains a été reportée à l'hiver pour favoriser le CEGEP Baie des Chaleurs pour donner la chance aux étudiants de lire les auteurs qui vont se présenter. Le but de ce changement est d'aider les jeunes dans leur apprentissage. « Les professeurs vont mettre ces auteurs à leur programme ». C'est une expérience que tentent les membres du cercle littéraire. « On va voir si ça va enrichir le parcours des étudiants qui sont en création littéraire ou en art et lettre au cégep », continue Alvina. « C'est un petit CEGEP, mais au niveau créatif, c'est incroyable ce qu'ils font. » Ce Cercle littéraire, dont les membres proviennent des deux rives de la baie des Chaleurs, se veut un réseau et non un noyau. Il renforce donc par ce geste le lien que ses membres ont tissé au fil des ans avec le Cégep de Carleton qui avec la Société culturelle de la Baie des Chaleurs, est son partenaire dans l'organisation de ces rencontres avec les écrivains. En cela, il reste fidèle à la tradition commencée par le premier cercle littéraire au Canada qui fut fondé à la fin du XIXe siècle à Saint-Jean au Nouveau-Brunswick. Alvina Lévesque et onze autres fidèles de l'écriture, tout en tenant solidement leur flambeau, en allument de nouveau dans la génération montante. La CGRMP gérera la Dunière![]() par Michel Gourd La Société générale de financement du Québec vient de céder la gestion faunique du territoire de la Dunière à la Corporation de gestion des rivières Matapédia et Patapédia. Richard Firth, directeur de la CGRMP est extrêmement heureux des derniers développements touchant le territoire de la Dunière. Cette nouvelle n'est quand même pas une surprise pour lui. « Il y avait des pourparlers à ce sujet depuis ce printemps », affirme-t-il. C'est en fait par l'entremise d'une filiale, Gestion forestière Lacroix, que la SGF, récemment devenue propriétaire du territoire forestier la Dunière, confiera le 1er décembre pour cinq ans le mandat d'administration des droits de chasse et de protection de la ressource faunique de ce territoire à la CGRMP. La Corporation qui œuvrait principalement dans le domaine de la pêche va dorénavant organiser et fournir tous les services touchant la chasse à l'orignal, y compris les droits d'accès. Cela devrait créer 24 nouveaux emplois de guides, gardiens, journaliers et administrateurs responsables de la conservation du cheptel d'orignaux de la Dunière et des droits de chasse. Il est estimé que des retombées d'environs un million de dollars pourraient êtres créés dans les MRC de La Matapédia et d'Avignon par cette entente. C'est une grande nouvelle pour la CGRMP qui emploie actuellement 40 personnes et injecte annuellement 700 000$ dans l'économie locale. « On augmente de 50% le nombre d'emplois de la corporation et on double le chiffre d'affaires », continue Richard Firth. Il faut dire que ce n'est par la première fois que cet organisme gère des biens du gouvernement. Créée à la fin des années 1980 à la suite des actions communes de 23 municipalités des MRC Matapédia et Avignon, la CGRMP a été mandatée en 1993 par le gouvernement comme gestionnaire la réserve faunique des rivières Matapédia et Patapédia. Elle prend un grand soin à maximiser les retombées économiques sur le développement régional, promouvoir l'éducation et la sensibilisation de la population en général sur la valeur et le potentiel de cette ressource dans la vallée de la Matapédia. Elle développe de nouveaux produits touristiques, en tenant compte de la diversité des ressources et recherche le partenariat avec les différents exploitants. Cette annonce est aussi un plus en ce qui concerne les relations avec les autochtones. On sait que dans le passé, la relation avec plusieurs communautés était tendue au sujet du territoire de la Dunière. « Notre organisation a des liens de communications avec les autochtones depuis de nombreuses années. Cela ne pourra qu'améliorer la situation », termine Richard Firth. Dorénavant, la CGRMP veillera donc, en plus de gérer les installations, à maintenir en tout temps les équipements de secours et les mesures appropriées pour assurer la sécurité des usagers. Ces activités seront exécutées conformément à la Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune et ses règlements, tels qu'administrés par le Ministère des Ressources naturelles et de la Faune. Vu le professionnalisme de Richard Firth et de ses gestionnaires, le succès de cette nouvelle activité est pratiquement assuré. Lettre de Claude Bourque
Éducation postsecondaire
Réveillons-nous avant qu’il ne soit trop tard ! Le 14 septembre dernier, après avoir lu le rapport de la Commission sur l’éducation postsecondaire au Nouveau-Brunswick et bizarrement intitulé « Avantage Nouveau-Brunswick, Une province cherche à accomplir sa destinée », je me suis dit ça va exploser en Acadie. Je me suis trompé, l’explosion s’est faite à Saint-Jean et non en Acadie. J’ai relu le rapport pour m’assurer que j’avais bien compris. Hélas oui. Le débat en Acadie a jusqu’à maintenant porté presque exclusivement sur l’avenir des campus d’Edmundston et de Shippagan. Tout le monde semble s’être mis d’accord sur le bien-fondé des recommandations touchant l’endettement des étudiants. Voici mes principales interrogations à propos de certains aspects importants du rapport L’Écuyer-Miner qui ont reçu à ce jour très peu d’attention. La gouvernance bilingue ou l’absence du principe de la dualité Commençons par le commencement avec les multiples structures de gouvernance. Le rapport propose une nouvelle Commission de l’enseignement postsecondaire du N.-B. En consultant l’annexe qui traite de sa composition, on se rend vite compte que la majorité sera anglophone. Et ce sera cette commission qui approuvera les plans stratégiques et les budgets de nos institutions francophones. L’Acadie a-t-elle abandonné le principe de la dualité en éducation ? Quelle sera la langue de travail et de fonctionnement de la commission, comme si on ne connaissait pas à l’avance la réponse ? Est-ce conforme à la loi sur les langues officielles, à la Charte des droits et libertés et aux obligations constitutionnelles de la province ? L’Université de Moncton deviendrait une institution parmi tant d’autres alors qu’il s’agit de la plus importante institution culturelle. Pourtant, on lit à la page 29 que suite aux transformations proposées et adoptées, c’est à ce moment que l’Université de Moncton deviendra « le flambeau de la communauté intellectuelle francophone, non seulement en matière de culture et de traditions acadiennes mais aussi dans la plus grande sphère du développement socioculturel ». Allo ? De quelle planète êtes-vous ? Tous les progrès socioéconomiques des 40 dernières auraient-ils pu se réaliser sans l’Université de Moncton ? L’ancienne sous-ministre de la santé qui dirige maintenant le ministère de l’éducation post-secondaire va-t-elle faire aux recteurs ce qu’elle a fait aux présidents-directeurs généraux des régies de la santé en les faisant relever de la sous-ministre plutôt que du conseil d’administration ? Les recteurs vont-ils devenir des fonctionnaires de l’état ? Quel mépris et cynisme quand le rapport évoque comme dernier point des responsabilités la dualité et obligations linguistiques alors que la structure proposée ne s’y conforme pas. Le groupe de travail nommé par le premier ministre Shawn Graham et le ministre Ed Doherty, est-ce le début de la mise en place de la structure de gouvernance ? Les francophones sont minoritaires et dans quelle langue se font les discussions ? Curieux aussi que tous les intervenants gouvernementaux sont des anglophones : le premier ministre Graham ; le ministre de l’éducation postsecondaire Doherty et la sous-ministre de ce dernier, Nora Kelly. Ne leur faudra-t-il pas redoubler de prudence s’ils ne veulent pas nuire ou même détruire les acquis si difficilement et tardivement obtenus en éducation postsecondaire de langue française? Le financement des universités : la loi du plus nombreux et du plus fort Le rapport propose une nouvelle méthode de financement pour les universités qui serait fondée sur les inscriptions et le rendement, le tout mesuré, analysé et les fonds distribués à l’intérieur des structures majoritairement anglophones. Le recteur Fontaine a déjà exprimé ses craintes mais nous n’en savons pas davantage. Le rapport envisage même que cinq institutions universitaires privées ou religieuses de langue anglaise devraient éventuellement bénéficier d’un financement provincial. Il n’y a pas de projections de chiffres. Il faut faire confiance. Comme si un chat échaudé ne craint pas l’eau froide. Les collèges communautaires francophones dispersés aux quatre vents ou l’orphelin de Dieppe La bataille s’est faite jusqu’à présent à Saint-Jean où il faut saluer le leadership anglophone de cette communauté qui a vite compris que dans la guerre, l’offensive est toujours la meilleure stratégie. Tranquillement les différentes régions du Nord se réveillent. Si une polytechnique ou un Institut technique universitaire ou toute autre forme de cohabitation ont des chances de réussir, c’est bien dans la communauté homogène du Nord-Ouest. Quant à la proposition pour Shippagan d’administrer non seulement le campus universitaire mais les collèges communautaires de Shippagan, Bathurst et Campbellton, la route est pavée d’écueils. Par contre n’oublions pas la toile de fond : la préoccupation du gouvernement devant la crise appréhendée d’une pénurie de main-d’œuvre pour les méga-projets de Saint-Jean. Ceci dit, la commission rejette complètement la structure actuelle de programmation francophone des collèges communautaires. Après avoir distribué les quatre collèges communautaires du nord en deux polytechniques, il fallait bien trouver une solution pour l’orphelin, le collège communautaire de Dieppe. Alors la commission le rattache sur le plan administratif et de la programmation aux collèges communautaires anglophones restants en créant une structure unique. Voilà comment la commission respecte le principe de la dualité et des langues officielles. Pas surprenant que l’ancien directeur du Collège communautaire de Dieppe, Michel Richard, se démène corps et âme depuis quelques semaines pour faire appel au bon sens et proposer des modèles qui serviraient les intérêts des étudiants francophones du Nouveau-Brunswick. Et comment se fait-il que nous n’entendions pas parler du président-directeur général du Collège communautaire du Nouveau-Brunswick et de l’un des deux directeurs généraux, celui des collèges communautaires francophones directeurs généraux. Le prélude de la destruction d’une structure presque de dualité ? Ou est-ce un fait accompli ? Ma plus grande déception dans toute cette saga, ce ne sont pas les recommandations de la commission L’Écuyer-Miner mais le mémoire d’Entreprise Grand Moncton. Ce mémoire reprend un document de 2005 qui propose une structure unique pour les collèges communautaires sans mot dire sur la programmation de langue française ; recommande une vocation unique pour chaque collège et va même jusqu’à proposer les fusions administratives des collèges de Moncton/Dieppe et de Miramichi/Bathurst. Les membres acadiens de ce conseil d’administration ont-ils vraiment approuvé ce mémoire ? Les Acadiens du sud-est ont-ils perdu la parole, le sens de se prendre en main et la volonté de défendre nos institutions ? Sommes-nous au stade de l’accommodement déraisonnable ? Le guichet unique : une solution ou une menace cachée ? Aux dires mêmes des commissaires, l’une des plus importantes recommandations est la mise sur pied d’un portail, ou point d’accès unique informatique, pour le cheminement des étudiants dans le choix des cours et des institutions d’enseignement postsecondaire. À première vue, l’idée est intéressante. Cette expérience faite en Ontario a-t-elle fait l’objet d’un examen par nos dirigeants universitaires et collégiaux ? Pour l’Université de Moncton et les collèges universitaires ou communautaires, cela aurait-il des avantages ou des désavantages ? Est-ce le loup anglophone dans la bergerie francophone ? On recommande aussi que le projet soit confié au secteur privé. Qui aurait le contrôle éditorial du site ? Et si le tout était présenté de façon subtile pour faire chuter les inscriptions universitaires vers les collèges communautaires ou le monde du travail ? Droits scolaires : un pas dans la bonne direction mais que dire de la gratuité scolaire ? Tous s’entendent pour dire que les recommandations de la commission L’Écuyer-Miner pour réduire l’endettement universitaire sont un pas dans la bonne direction. Curieux que la commission n’a pas voulu faire sienne la suggestion de Louis J. Robichaud qui recommandait la gratuité scolaire pour les études universitaires et collégiales. D’ailleurs, dans son livre The World is Flat sur la nouvelle économie, l’éminent journaliste du New York Times, Thomas Friedman, faisait la même suggestion en arguant que si, au début du 20e siècle, on avait créé le système public de l’enseignement secondaire public sans frais, aujourd’hui, en ce début du 21e siècle, en pleine société du savoir, il faudrait instaurer la gratuité scolaire pour les cours universitaires et collégiaux. Voilà de vrais visionnaires ! Finies les folies En voulant instaurer l’autosuffisance, le gouvernement Graham est en train d’instaurer le chaos, la confusion. Et comme tout cancer, c’est à la veille de se répandre aux ministères de l’Éducation et de la Santé, encore une fois tous dirigés par des ministres anglophones. La gouvernance par commission « quick fix » du gouvernement Graham évoque le récit biblique des dix plaies d’Égypte. Vite fait n’est pas toujours bien fait ! Il est évident que le rapport L’Écuyer-Miner doit être mis de côté car ce n’est qu’un brouillon, sans profondeur et sans chiffres et analyses pour justifier ses recommandations. Il faut que le gouvernement reconnaisse clairement et publiquement, et que ce soit compris au niveau du groupe de travail, que la dualité au postsecondaire, tant pour la seule université de langue française et ses campus que pour le collège communautaire francophone et ses campus est un principe sacré et que l’on n’y dérogera pas. Et cela vaut aussi pour toute instance comme une commission de l’enseignement postsecondaire. Il serait aussi utile que le public prenne connaissance des recommandations du groupe de travail avant leur mise en vigueur. C’est aux Acadiens et francophones de déterminer l’avenir de l’enseignement universitaire et collégial de langue française, n’est-ce pas ? Et de grâce ne tombons pas dans le piège tendu des batailles régionales stériles. Comme le dit le titre de la version anglaise du rapport, c’est peut-être Advantage New Brunswick. Malheureusement, ce n’est certes pas « Avantage Acadie » ! Le modèle qui nous est proposé est celui presque exclusivement masculin de petits collèges classiques sous-financés des années 1950 avant la réforme proposée par la commission Deutsch et mise en vigueur par le gouvernement Robichaud au début des années 1960. Réveillons-nous avant qu’il ne soit trop tard ! Claude Bourque bourquec@nbnet.nb.ca (Claude Bourque est un ancien rédacteur en chef et directeur du quotidien L’Évangéline ainsi qu’un ancien directeur régional des services français de radio et de télévision de Radio-Canada aux provinces de l’Atlantique) Lettre ouverte de la SAANB au Premier ministre
Le 21 novembre 2007
Monsieur Shawn Graham Premier ministre du Nouveau-Brunswick Monsieur le Premier Ministre, À titre de porte-parole politique de la communauté acadienne et francophone de la province, la Société des Acadiens et Acadiennes du Nouveau-Brunswick ( SAANB ) tient par la présente à vous demander d'intervenir, lors du discours du Trône, en réaffirmant que le plan d'action gouvernemental dans le domaine de l'éducation postsecondaire ne se fera pas au détriment des principes d'égalité des deux communautés de langue officielle de la province, ni en dérogation avec nos droits constitutionnels ou la dualité en éducation. Le rapport de la Commission sur l'éducation postsecondaire a fait couler beaucoup d'encre, et de nombreux intervenants de toutes les régions de la province ont exprimé leurs inquiétudes ou leurs désaccords avec plusieurs recommandations, notamment la création d'écoles polytechniques, le démantèlement de l'Université de Moncton, et la création d'institutions d'enseignement bilingues, au niveau des collèges communautaires. Devant des réactions aussi négatives, votre gouvernement a décidé de mettre en place un comité chargé d'étudier les recommandations de la Commission afin de poursuivre la réflexion et de vous proposer des alternatives. D'entrée de jeu, nous voulons vous faire part de l'inquiétude de la SAANB face à l'impartialité de ce nouveau comité. En effet, le point de vue des Acadiens, Acadiennes et francophones de la province en ce qui concerne le type de système d'éducation postsecondaire qu'ils souhaitent ne sera défendu que par le recteur de l'Université de Moncton. Les autres membres du comité étant en majorité anglophones ou bilingues, et de surcroît fonctionnaires puisqu'ils proviennent du réseau des collèges communautaires ou du ministère, auront peu de marge de manœuvre pour défendre des idées contraires à celles mises de l'avant par leur employeur, votre gouvernement. Cette situation, vous le reconnaîtrez, Monsieur le Premier ministre, laisse planer un doute profond quant à l'indépendance de ce comité face au gouvernement. De plus, comme nous l’avons écrit dans nos mémoires, si « …la Province se targue d’avoir la dualité en éducation, .. .la SAANB n'oublie pas que celle-ci ne couvre que les écoles primaires et secondaires. La responsabilité de l'éducation postsecondaire se retrouve sous la juridiction d'un autre ministère où la dualité n'existe pas ». Comme nous le soulignions encore dans notre mémoire, La SAANB juge que «.. .nous sommes tous en droit de porter à l'attention de cette Commission la pertinence de rapatrier sous un ministère d'éducation dualiste, l'ensemble des composantes de l'éducation en français». D'ailleurs, et nous l'avons également écrit aux Commissaires « puisque l'éducation est à la base de notre développement et de notre épanouissement comme communauté acadienne voulant vivre en français, la SAANB estime, comme beaucoup d'autres, qu'il aurait été plus judicieux qu'une telle Commission porte sur l'ensemble des composantes de l'éducation, allant de la petite enfance à l'éducation postsecondaire, de l'alphabétisation au doctorat ». Quoi qu'il en soit, et pour toute réponse à nos préoccupations légitimes, on peut lire dans le rapport Lécuyer-Miner que la Commission favorise plutôt des institutions bilingues ! Au nom de l'ensemble de la Communauté acadienne, je vous demande instamment d'affirmer dans le discours du Trône, le 27 novembre 2007, que votre gouvernement ne portera pas atteinte à notre droit constitutionnel à des institutions postsecondaires distinctes sur le plan linguistique. Le rôle des institutions universitaires et collégiales. Différenciation et collaboration Tout le monde sera d'accord, le rôle de notre système d'éducation est de former les individus, d'où qu'ils viennent, afin qu'ils puissent se tailler une place au soleil, avoir accès à un emploi bien rémunéré, et contribuer au développement économique, social et politique de la province ou de la planète. Pour la communauté acadienne, cette responsabilité est principalement partagée entre l'Université de Moncton et les cinq collèges communautaires francophones. Ces deux réseaux doivent certainement pouvoir mieux collaborer pour répondre aux aspirations des apprenants, mais doivent également garder leur mission propre. La collaboration ne doit pas se faire à n'importe quel prix. Et le prix que la communauté acadienne n'acceptera jamais de payer, c'est bien le démantèlement de l'Université de Moncton, la création d'une nouvelle Commission de l'enseignement postsecondaire du Nouveau-Brunswick dont la composition prévue sera en grande majorité anglophone, et la mise en place de services d'enseignement bilingues. Nous tenons à vous rappeler que, depuis plus de trente ans, la communauté acadienne s'est battue pour obtenir le droit à des écoles françaises, un ministère francophone de l'éducation, la Loi sur l'égalité des communautés linguistiques officielles au Nouveau-Brunswick et la Loi sur les langues officielles. Nous ne cesserons pas de veiller au respect des ces droits et n'accepterons aucun recul en la matière. Ici, comme ailleurs, il y a une limite aux accommodements dits raisonnables! La vocation généraliste de l'Université de Monclon doit cire farouchement défendue. La préoccupation première de l'Université ne devrait pas être de répondre à la demande accrue de travailleurs dans les métiers qualifiés. Nous avons besoin d'un lieu qui forme, avant tout, des libres penseurs et des citoyens responsables, capables d'analyse, de recherche et de synthèse. Et cela correspond aux désirs des étudiants et étudiantes puisqu'ils semblent « s'inscrire en plus grand nombre aux programmes des arts, alors que le besoin de diplômés en sciences, en mathématiques pures et appliquées, en génie et en informatique augmente » (p.7 - texte de réflexion de la Commission). Néanmoins, nous reconnaissons que tous les jeunes n'ont pas les mêmes aspirations, les mêmes ambitions, et les mêmes moyens. Les collèges communautaires doivent donc continuer à offrir une formation générale de base aux autres segments de notre population afin de fournir des formations répondant à leurs intérêts et habiletés ainsi qu'aux besoins de la société. Tout en mettant l'accent sur une meilleure collaboration entre ces deux réseaux, nous devons rester vigilants et nous assurer que la mission de nos institutions postsecondaires ne se dégrade, au point de répondre, simplement et à courte vue, aux impératifs économiques de l'emploi. Comme nous l'avons déjà écrit dans un mémoire soumis au ministère de l'Education, l'excellence en éducation et la quête de l'autosuffisance sont deux objectifs qui obligent les Acadiens, Acadiennes et francophones à revoir leurs façons de préparer l'avenir. La société acadienne change; elle est plus ouverte sur le monde et des personnes de différents horizons se joignent à elle. Ce changement doit se refléter aussi dans les programmes offerts aux jeunes de chez nous, qui souhaitent découvrir d'autres cultures. L'éducation au multiculturalisme devrait également faire partie intégrante de la formation donnée aux futurs enseignants par l'Université, ce qui nécessite une reconfiguration des programmes de formation postsecondaire. Accessibilité et financement des institutions d'enseignement Ces deux questions sont intimement liées. Assurément, il faut viser à rapprocher les institutions d'enseignement postsecondaire de leurs clientèles potentielles. Cela aurait l'avantage de soutenir le développement durable de nos régions. Bien sûr, il faut alléger le fardeau financier des jeunes apprenants et apprenantes. Le mémoire que vous a présenté la FEÉCUM suggère des pistes de solutions intéressantes, que vous étudierez certainement attentivement. Nous n'y reviendrons donc pas. Et encore, il faut tenir compte de la capacité financière de l'Université de Moncton si nous voulons améliorer, en même temps, la qualité de renseignement et de la recherche. Grâce à la Loi reconnaissant l’égalité des deux communautés linguistiques officielles (Loi 88) au Nouveau-Brunswick, et l'enchâssement des principes de cette loi dans la Constitution canadienne, nous sommes en droit de réclamer une égalité réelle. Comme le disent plusieurs juristes, l'égalité réelle implique qu'il faut aller plus loin que le financement égal ou équitable per capita de l'éducation. Il est un fait bien connu et bien documenté : UNE a été créée en 1783 et a bénéficié jusqu'en 1960 de subventions importantes pendant que l'Acadie du Nouveau-Brunswick recevait des miettes. Il doit y avoir une modulation importante du financement gouvernemental qui avantage pour un certain temps nos institutions d'éducation. Les Acadiens, Acadiennes et francophones de la province devraient avoir droit à du financement supplémentaire d'appoint, un fonds de rattrapage en éducation, afin de compenser pour la jeunesse de leurs institutions par exemple, ou encore le coût du matériel pédagogique plus onéreux en français qu'en anglais, et pour diminuer encore l'isolement des minorités francophones de Saint-Jean, Fredericton ou Miramichi. Pour accroître le financement de nos institutions d'enseignement, la tentation sera grande d'ouvrir toutes grandes les portes au contrôle des entreprises. Ce faisant, il y a un danger réel de transformer nos institutions postsecondaires en usines à diplômes. Une telle approche peut possiblement mieux se comprendre pour ce qui est de la formation avant tout technique, mais ça ne doit pas être le cas pour ce qui est de la formation universitaire. L'excellence en éducation et la quête de l'autosuffisance sont deux préoccupations que la SAANB partage avec le gouvernement provincial. Il serait cependant très dangereux, à notre avis, de revoir notre système d'éducation postsecondaire, simplement pour répondre à des impératifs strictement financiers, ou dictés par les besoins du marché ou de la décroissance démographique. En effet, l'autosuffisance nous semble possible que dans un environnement où l'éducation à tous les niveaux et la formation ont su atteindre un niveau d'excellence. Nous comptons, Monsieur le Premier ministre, que vous saurez, lors du discours du Trône, rassurer les citoyennes et citoyens acadiens et francophones sur ces questions d'importance capitale. Le Nouveau-Brunswick qui « cherche à accomplir sa destinée » ne peut le faire au détriment des intérêts du tiers de sa population et en dérogation avec ses propres lois. Je vous prie de recevoir, Monsieur le Premier ministre, l'expression de ma haute considération. La présidente, Marie-Pierre Simard Lettre de M. Bertrand Berger adressée à M. Claude Ross.
Le 13 novembre 2007
Monsieur Claude Ross, relationiste Sûreté du Québec Objet : Accident mortel du 4 novembre dernier sur la 132 à St-André-de-Restigouche Monsieur, La présente se veut un écho à vos propos largement repris par les médias tant parlés qu’écrits à l’effet que cet accident serait dû à la conduite non adaptée aux conditions routières de la part de la conductrice, Mme Marquise Beaulieu. On se rappellera que Mme Beaulieu a péri dans cet accident ainsi que son mari M. Gaétan Landry. De plus, il y eut trois blessés dans l’autre véhicule impliqué. Dans les faits, quand on compte l’heure du départ de Pointe-à-la-Garde soit vers 19 h 15 et l’heure de l’accident soit 20 heures, on parle de 45 minutes pour franchir 45 kilomètres soit une vitesse moyenne de 60 km/heure. De plus, la chaussée était sèche de Pointe-à-la-Garde jusqu’au lieu de l’accident; de nombreuses personnes peuvent en témoigner. La vérité, c’est qu’une plaque de glace noire les attendait sournoisement sur le pont et dans la courbe qui suit. Il y a eu perte de contrôle et collision latérale. Il est facile d’en imputer la faute à une personne qui ne peut plus se défendre. Vous auriez pu attendre les conclusions de l’enquête avant de vous prononcer, ou encore, suggérer que peut-être le contracteur aurait pu répandre des abrasifs plus rapidement ou encore que le ministère des Transports n’aurait pas exercé la vigilance nécessaire (inspection) dans les circonstances ou que la Sûreté du Québec aurait pu intervenir si une patrouille efficace aurait été exercée. Vous voyez comme c’est facile quand on veut identifier des coupables. Un peu de rigueur, Monsieur ne vous ferait pas de tort. Bien à vous. Bertrand Berger, ami des victimes décédées 22/11/07Coup d'eau à Squaw Cap![]() Par Michel Gourd Les pluies abondantes tombées le 16 novembre ont causé tout un émoi à des résidents de Squaw Cap Quand Donald Boddle est arrivé à sa résidence du 12779 route 17 à Squaw Cat, le vendredi 16 novembre aux environs de 14 heures, toute une surprise l'attendait. À la suite des importantes pluies tombées au cours des heures précédentes, une partie de son terrain se retrouvait sous l'eau. « Il y avait une rivière devant ma maison », dit-il, ne revenant pas encore de ce qui lui était arrivé! En fait, ce n'est pas seulement sa demeure, mais aussi celle de la famille Marshal, placée juste en avant de la sienne qui a subi l'humeur de dame nature. « J'habite ici depuis 63 ans et la dernière fois ou il y a eu une inondation de cette importance, c'était il y a environs trente ans de cela », continue Donald Boddle qui est né et a été élevé dans la petite maison verte à droite dans photo. « Dès que je suis arrivé, j'ai dû prendre mon tracteur et creuser un passage pour l'eau dans mon entrée pour que l'eau ne rentre pas toute dans ma maison ». Donald Boddle ne sait pas s'il sera dédommagé pour les dommages qu'il a subis. Les fortes pluies qui ont causé ces inconvénients avaient déjà été prévues par environnement Canada qui avait émis une alerte pour jusqu'à 50 millimètres de pluies cette journée-là. En fait, les pluies abondantes avant ce qui est arrivé à Donald Boddle ont contribué à hausser les niveaux d'eau du réseau hydrographique dans l'ensemble du Nouveau-Brunswick et d'une partie du Québec. C'est le même système météorologique qui a frappé durement dans le secteur de Matane, coupant des routes, détruisant des ponts, inondant des résidences et causant l'évacuation de 160 personnes. Les rivières Cap-Chat et Sainte-Anne-des-Monts ont aussi étés la cause d'inondations en Haute-Gaspésie, sectionnant la route conduisant au Relais Chic-Chocs à Saint-Octave de l'Avenir en 3 endroits et causant la fermeture de la route du Parc de la Gaspésie pour une partie de la fin de semaine. Dans la Baie des Chaleurs, la rivière Nouvelle a aussi sorti de son lit en plusieurs endroits. La chose fut encore pire à Rimouski ou les précipitations se sont transformées en neige mouillée causant plus de 30 accidents dont une collision frontale qui a fait un mort sur l'autoroute 20. L’Aréna de Charlo ne pourra être reconstruit![]() On peut voir sur cette photo la base de béton qui supportait l’aréna de Charlo. Selon le conseiller municipal Eric Perry, il ne pourra être reconstruit et un comité sera formé pour trouver la meilleure manière de disposer de l’argent reçu des assurances. Par Michel Gourd Le 30 décembre 2003, à approximativement 3 heures du matin éclatait le feu qui allait détruire en totalité l'Aréna de Charlo. Au matin, les corps de sapeurs-pompiers de Charlo et la GRC de Belledune, District 9, assistée par les corps de sapeurs-pompiers de Eel River et Balmoral ne purent que constater la perte totale de cet équipement municipal. Durant toute l’intervention, personne ne savait qu’il s’agissait d’un incendie criminel. Le prévôt des incendies et la section d'identification de la GRC trouvèrent au matin suffisamment d’indices pour déclencher une enquête criminelle. La GRC commença donc immédiate une enquête demandant d'assistance à l'Unité des Crimes Majeurs de Bathurst (UCM). L’investigation fut longue. Le 5 décembre 2006, Matt Simonson et une personne d’âge mineure, furent arrêtés. L'UCM et les membres locaux se sont regroupés par la suite pour compléter un plan d'action. Pendant ce processus, un groupe de quatre individus étaient identifiés comme faisant part à cet incendie criminel. Des indices suffisants furent obtenus pour sécuriser deux charges d'entrées par infractions et vol à l'aréna de Charlo. En résultat des indices obtenus après les arrestations du 5 décembre 2006, la GRC appréhenda le 21 février 2007 en Alberta Nathan Richardson pour entrée par infraction et vol. Le 17 avril 2007, la GRC appréhenda pour la deuxième fois, Matt Simonson qui fut inculpé avec une accusation d'entré par infraction et vol. Il plaida coupable et reçut une sentence de huit mois de liberté conditionnelle, 60 heures de service communautaire suivi par un an de probation sous surveillance. Nathan Richardson, qui plaida coupable à une accusation d'entré par infraction et vol connaîtra sa sentence le 8 janvier 2008. Le mineur plaida coupable le 6 juillet 2006 une accusation d'entré par infraction et vol. Il recevra sa sentence le 30 novembre. Un autre jeune présentement aux États-Unis fut inculpé d’une accusation d'incendie criminel. Jusqu’à maintenant, un total de quarante-quatre agents de la GRC furent impliqués dans cette enquête baptisée « OPÉRATION JULIUS », selon le caporal Jean-René Lévesque de l’unité des crimes majeurs de la GRC. L’incendie de l’Aréna est une perte de plusieurs millions de dollars, qui ne pourra être remplacé selon le conseiller municipal Eric Perry qui était à la conférence de presse de la GRC tenue le vendredi 16 novembre dernier pour donner les derniers développements dans ce dossier. « Cet aréna a été construit avec l’aide de bénévoles et de donations. Il est impossible de la rebâtir avec la somme d’un demi-million de dollars recueillis des assurances. Elle sera donc dépensée à d’autres fins après qu’un comité de citoyens aura fait des suggestions à cet effet », affirme-t-il. Le bien-être des jeunes de la communauté a donc été hypothéqué par ce crime dont on ne connaîtra les motifs que lors du procès de l’incendiaire, s’il est déclenché un jour. Une lourde perte pour la communauté de Charlo. L’entrepreneuriat est un choix de carrière viable à la polyvalente Roland Pepin Dans le cadre du projet de formation à l’entrepreneuriat d’OFB, Hélène Massé et Vanessa Dupéré démarrent l’entreprise Sucre-Bec qui a pour but de substituer des aliments sains aux friandises et à la malbouffe. Par Michel Gourd Le marché entrepreneurial permet à de jeunes étudiants tels Hélène Massé et Vanessa Dupéré de se créer une entreprise et de vendre leurs produits pour Noël. Dans le but de déboulonner certains mythes mal fondés au sujet des entrepreneurs, Open for Business donne actuellement des cours de formations à la polyvalente Roland-Pepin. Pour Renelle Ouellette, la communauté doit percevoir l'entrepreneuriat comme un choix de carrière viable. « Le centre OFB a comme mission de promouvoir la sensibilisation à l'entrepreneurship au Restigouche. Le marché entrepreneurial a commencé en tant que projet pilote que nous voulions implanter dans les classes d'entrepreneuriat du Restigouche. Les deux premiers marchés furent un tel succès que les enseignants ont suggéré d'inclure le projet au curriculum du cours d'entrepreneuriat », affirme-t-elle. « Nous travaillons avec les enseignants pendant toute la formation afin d’aider les étudiants à faire de leur entreprise un succès. » La finalité de cette activité est d’utiliser la théorie du cours portant sur le plan d'affaires et de l’utiliser pour lancer une entreprise. « Notre organisme a comme mandat de sensibiliser les jeunes à l'entrepreneurship », continue Renelle. La formation qu’elle offre une fois par semaine aux étudiants de l’école Roland Pepin leur fournit une expérience pratique sur la manière de trouver une idée d'affaires, la rédaction d'un plan d'affaires, la création d'un produit et la manière de gérer leur propre entreprise. En apothéose à toute cette activité, le marché entrepreneurial qui aura lieu du 11 au 13 décembre permettra aux étudiants de vendre leurs produits et services et ainsi de se faire quelques dollars juste avant les fêtes. Cette récompense vient cependant au prix d’efforts non négligeables. Comme dans la réalité, les étudiants devront fournir une montagne de paperasse afin d’avoir le privilège de faire de l’argent en faisant quelque chose qu’ils ont pensé, créé et vendu. Ils doivent donner un nom à leur entreprise, en décrire la localisation, la gestion, les produits ou services et détailler leurs stratégies de croissance. Le tout doit être rédigé de façon à susciter l'intérêt des investisseurs. Les étudiants de 17 ans devront travailler en équipe et utiliser leur créativité tout au long du plan d'affaires. Ils devront convaincre les juges sur les raisons qui les poussent à se lancer en affaire et ce qui leur permettra de réussir. Aucun détail, incluant la préparation des cartes d'affaires ne doit être négligé. C’est dans le cadre de cette formation qu’Hélène Massé et Vanessa Dupéré démarrent leur entreprise Sucre-Bec qui vise à fournir des denrées alimentaires de substitution pour la nourriture trop riche en gras et sucre. Le besoin à la base de cette entreprise est né d’une récente politique mise de l’avant à la polyvalente Roland Pepin, affirme Hélène. « Dans le but d’améliorer la valeur nutritive des aliments consommés, tous les produits comme les barres de chocolat et les croustilles ont été retirés des machines distributrices », continue-t-elle. « Nous allons donc vendre des produits de substitution qui sont bons pour la santé et aussi à manger. On prépare actuellement diverses recettes de garnitures pour le maïs soufflé et l’utilisation créative de certaines céréales. C’est difficile, car nous cherchons à faire un produit de qualité pour satisfaire nos clients ». La formation que donne Renelle Ouellette semble donc porter fruit. Collectionneurs de pères en fils![]() Par Michel Gourd Se trouve à Eel River Crossing deux collectionneurs aussi extraordinaires que leurs collections. À 53 ans, Roch McIntire, mécanicien dans un garage de Balmoral, collectionne tout ce qui touche de près ou de loin un garage depuis 1980. en fait, dira-t-il, « je collectionne tout ce qui est ancien ». Il a cependant une préférence pour les pompes à essence et d’antiques peintes d’huiles. Ce désir de garder tout ce qui a trait au métier de garagiste remonte a son enfance quand son père, en revenant de la guerre achète en 1946 un garage. Il le gardera jusqu’en 1974 alors qu’il le vend à un membre de sa famille. Dans le bâtiment en forme de garage que Roch McIntire a construit, il y a des centaines d’objets tous les plus hétéroclites les uns que les autres. Ils n’ont tous en commun que leur âge leur donnerait des courbaturent s’ils étaient des humains. Vieille bicyclette des années cinquante, collection de peinte d’huile, autos jouets, juke-box, chapeau du père Irving, tout y passe. Au deuxième étage se retrouve pourtant la collection la plus spéciale. Des dizaines d’autos à pédales y sont rangées dans un garage original qui ferait facilement office de paradis pour un enfant de quatre ans. Ce goût de la collection a passé de père en fils. Dannick, dans la vingtaine, collectionne depuis déjà des années des lumières d’arbre de Noël de toutes couleurs et toutes les formes. Il porte aussi une grande attention à tout ce qui touche au Titanic. L’ex étudiant universitaire possède des dizaines de VCR, DVD, des maquettes à l’échelle et tout ce qui peut se faire ou se vendre sur l’insubmersible vaisseau qui ne put faire un seul voyage. Grâce à Dannick la mémoire de cette folie humaine se fixe dans le temps et un endroit : Eel River Crossing. Les McIntyre se feront un plaisir de vous montrer leurs collections sur demande. N’hésitez pas, leurs collections, elles en valent le déplacement! Épidémie de Saprolegnia dans la population de saumons de la rivière Restigouche![]() On peut voir les taches blanches caractéristiques de la Saprolegnia tant sur les saumons vivants, que morts. Toute personne voyant des saumons infectés est priée de le mentionner au personnel du conseil de bassin versant de la rivière Restigouche. Crédit photo : (CGBVRR, 2003) Par Michel Gourd Une épidémie de Saprolegnia tuerait actuellement de nombreux saumons dans de la rivière Restigouche. Suite aux dernières observations, il semble qu’un nombre anormalement élevé de saumons mourraient actuellement dans la Restigouche. « Beaucoup de saumons sont infectés actuellement », affirme David Leblanc, directeur exécutif du conseil de bassin versant de la rivière Restigouche. Ce champignon est présent dans la rivière depuis plusieurs années. « Quand les saumons sont affaiblis ou qu’ils ont des blessures, que ce soit par un filet, la montaison ou pendant la ponte, l’infection débute ». Cela peut causer des mortalités. « Quelqu’un m’a rapporté un saumon d’une trentaine de livres qui n’avait pas pondu et qui était mort de cette infection ». Ce champignon qui infecte des saumons blessés ou fatigués a été la cause d’une importante épidémie dans la Restigouche en 2003. Au plus fort de l’infestation, il fut rapporté que l’observation de 800 saumons de la Patapédia, un tributaire de la Restigouche, aurait montré que 80% étaient infectés par ce champignon ! L’infestation aurait diminué en 2004 alors qu’il n’aurait été rapporté une cinquantaine de saumons morts et une centaine de moribonds. Bien que semblant actuellement beaucoup moins importante que l’épidémie de 2003, celle ayant présentement cours n’en est pas moins inquiétante, car elle tuerait des saumons avant mêmes qu’ils pondent. « Actuellement on répertorie toutes les mentions que l’on nous rapporte. Il y a peu de rivières à saumons qui démontrent un aussi fort taux d’infestation par la Saprolegnia que la Restigouche. Il semble que les saumons qui sont le plus infectés sont ceux qui résident le plus longtemps dans le tronc principal de la rivière Restigouche », continue David Leblanc. On cherche aussi à savoir si la qualité de l’eau pourrait être en cause dans ce phénomène. On sait que ce champignon est favorisé par une augmentation des nitrates dans l’eau à la suite de l’épandage d’engrais chimique ou d’herbicides. On cherche donc au niveau des données existantes concernant la composition de l’eau des rivières touchées ou il y a eu augmentation d’épandage d’engrais ou d’herbicides. Cette situation, bien que pénible pour les pêcheurs et gestionnaires de rivières peut cependant avoir de bons côtés pour les ornithologues. Profitant d’une plus grande disponibilité de saumons morts ou moribonds, une trentaine d’aigles à tête blanche patrouillerait actuellement la rivière Restigouche à la hauteur de Tide-Head. Toute personne voyant des saumons infectés est priée de le mentionner au personnel du conseil de bassin versant de la rivière Restigouche au numéro (506) 759-7300 pour le Nouveau-Brunswick ou (418) 865-1323 pour le Québec ou sur son site Internet www.restigouche.org. Il est cependant inutile de ramasser le poisson et de l’amener. « Nous connaissons assez bien ce problème. Au début, nous envoyions les saumons pour analyse à Moncton. Actuellement, nous comptabilisons plutôt le nombre de saumons rapportés aux fins de statistique », termine David Leblanc. 08/11/07Accident mortel sur la 132Sous la bâche, on peut entrevoir l’état dans lequel s’est retrouvé le véhicule des sexagénaires morts dans l’accident. À droite sur la photo, on peut voir le véhicule dans lequel prenait place la petite famille de St-Alexis. Deux nouvelles victimes de la glace noire et un sérieux avertissement pour tous les conducteurs qui sillonneront les routes au cours des prochaines semaines. La glace noire tue ! Par Michel Gourd La chaussée glissante aurait causé deux pertes de vie en fin de semaine. Dimanche 4 novembre, vers 20h, Sylvie Gallant, la femme de Régis Martin de Saint-Alexis revenait d’Amqui ayant à bord de sa fourgonnette ses deux filles, Maude et Marie-Michelle. Roulant sur la 132 elle rencontra environ deux kilomètres avant d’arriver au pont de Saint-Alexis le véhicule que conduisait Marquise Beaulieu, 62 ans et dans lequel Gaétan Landry, 61 ans, était passager. Selon les premières constatations, celui-ci dérapa sur la chaussée noire à la hauteur du 208 route 132 de St-André de Restigouche. Il semble que le véhicule des deux personnes de Val Brillant à la suite a cette perte de maîtrise, se retrouva dans la voie inverse et frappa de plein fouet la fourgonnette qui arrivait. L’impact fut foudroyant, projetant à plusieurs dizaines de mètres le moteur du véhicule rouge que conduisait Marquise Beaulieu. Les premiers répondants et les pompiers de Matapédia furent appelés sur les lieux. Vinrent s’y joindre les pompiers de St-François d’assise qui apportèrent leurs pinces de désincarcération devenues nécessaires par la force de la collision. Le décès de Gaétan Landry fut constaté par les premiers secours arrivant sur place. Marquise Beaulieu, laborieusement extirpée de la carcasse, fut emmenée à l’hôpital régional de Campbellton ou elle mourut peu de temps après son arrivée. En ce qui concerne les passagers de la fourgonnette, Sylvie Gallant ayant subit des blessures au thorax a du être emmené par avion ambulance à Québec. Sa situation semble actuellement stable. Une de ses filles, Marie-Michelle a subi une fracture à un pied. Maude a quant à elle été plus chanceuse pouvant retourner dans sa demeure le soir même n’ayant subi que des égratignures. « Les raisons de cette collision peuvent êtres attribuables à la conduite non adaptée aux conditions météorologiques qui sévissaient au moment où se sont produits ces événements », affirme le sergent Claude Ross de la Sûreté du Québec. On se rappellera que la tempête tropicale Noël avait frappé la région quelques heures auparavant et qu’elle avait laissé de la neige mouillée à la hauteur de Matapédia. « Dans de telles conditions météo, il faut absolument ralentir, car il y a présence de glace noire. Possiblement que la vitesse aurait pu être réduite sans pour autant supposer qu’elle aurait dépassé la limite permise », continue l’agent. Le moment est maintenant venu de se réhabituer aux conduites hivernales », termine-t-il. Aux portes de l’hiver, cet accident mortel devrait donc servir d’avertissement à tous les conducteurs. 70,000$ de tabac de contrebande saisi à CampbelltonPar Michel Gourd Le 31 octobre dernier, un agent de la GRC a effectué une vérification de plaque qui lui permettra de saisir 19 caisses de cigarettes illégales. Il est environ 5h20 du matin, le jour va se lever, mais tout est encore sombre. L'agent J J. Corrigan de la GRC patrouille depuis 21 heures la veille et terminera son travail vers 7 heures. En passant à côté d'une camionnette au coin de la rue Rosebery et Sugarloaf, il s'aperçoit que ses plaques d'immatriculation sont expirées depuis quelques jours. Allumant ses gyrophares, l'agent fait signe au conducteur du véhicule de se ranger. Descendant de son auto-patrouille, l'agent Corrigan va alors à la rencontre du véhicule suspect, voit les caisses de cigarettes dans la boîte de la camionnette et demande aux suspects ce qu'ils transportent. « Vous nous avez attrapés, ce sont des cigarettes », avoue alors le conducteur. L'agent au service de la GRC depuis un an et demi appelle du renfort et procède à l'arrestation du conducteur et de son passager. En tout, 19 caisses de tabac de contrebande et une demi-boîte de démonstrateurs ont été saisies. Selon la GRC, la valeur marchande approximative des biens saisie est de 70,000$. Une substantielle quantité d'argent est aussi trouvée dans le véhicule. « Ces cigarettes bien emballées dans des paquets rouges sont de meilleure qualité que celles qui se vendent dans des sacs de plastique » affirme l'agent Corrigan. Les suspects arrêtés soit le conducteur dans la trentaine et le passager dans la cinquantaine, deux personnes de la région de Campbellton, devraient être prochainement accusés en vertu de la Loi sur l'accise. C'est l'agent Corrigan qui mène lui-même l'enquête. « J'ai de l'aide des spécialistes, mais c'est mon dossier et je vais le mener à terme », affirme-t-il. La contrebande de cigarettes est actuellement florissante au Nouveau-Brunswick. Rappelons que le 31 octobre Roger Wedge, un ancien député élu sous la bannière conservatrice du gouvernement de Richard Hatfield en 1982 a été condamné à une amende de 174,705 $ pour contrebande de tabac. Quelques jours auparavant, le 16 octobre, plus de 650 cartouches de cigarettes de contrebande avaient été saisies à Lakeville et à Dieppe à la suite des perquisitions de la Section des douanes et de l'accise de la GRC. S'il y a tant de contrebande, c'est qu'il y a un marché pour ces produits. Une nouvelle étude québécoise montre que les cigarettes illégales représentent plus du tiers des cigarettes fumées par les jeunes de 15 à 19 ans. Cette proportion ne devrait pas être très différente au Nouveau-Brunswick. En fait, selon l'Association canadienne des dépanneurs en alimentation (ACDA), la vente de cigarettes de contrebande menace rapidement de nombreux volets de la société canadienne. Lors d'un forum sur la vente de tabac de contrebande tenue à Ottawa le 2 octobre, des manufacturiers de produits du tabac, des représentants des forces policières, des Premières nations, du gouvernement, du milieu de l'éducation et du secteur de la vente au détail ont demandé au gouvernement fédéral d'agir face cet accroissement de la vente de tabac de contrebande. Des recherches présentées au cours du forum montrent que des différences de prix allant jusqu'à 62 $ par cartouche entre les cigarettes légales et de contrebande créent une inquiétante hausse de consommation depuis un an. De plus, n'étant assujetties à aucune norme, les cigarettes de contrebande ne subissent aucun contrôle de qualité. Selon Catherine Jumarie, spécialiste en toxicologie et professeure au Département des sciences biologiques à l'UQAM, les cigarettes de contrebande sont aussi nocives et peut-être même plus que les régulières. Le professeur Gérald Boutin, du Département d'éducation et de formation spécialisée, affirme pour sa part que les jeunes qui achètent des cigarettes de contrebande ne réfléchissent pas aux dommages que ce produit peut causer à leur santé. Comme ils n'ont pas beaucoup d'argent, seul le prix est important. Une aubaine qui peut leur être funeste. Pour éviter que le vent tourne
Par Michel Gourd
À Balmoral, un spécialiste de l'énergie éolienne met en garde la population contre la désorganisation existant actuellement dans le domaine éolien Jean-Louis Chaumel professeur de l'Université du Québec à Rimouski a prononcé une conférence le 2 novembre dernier à Balmoral sur les bons et mauvais côtés du développement éolien. L'homme invité par le groupe Environnement-vie a développé au fil des ans une expertise reconnue dans ce domaine. Il a mis en garde les citoyens contre les tactiques mercantiles de certains promoteurs. En ce sens, il a fait plusieurs rapprochements avec la manière anarchique dont l'éolien s'est développé au Québec. L'histoire semble d'ailleurs s'y répéter. Comme dans de nombreux endroits au Québec, les citoyens de la Péninsule acadienne se font actuellement offrir des contrats de 1500 $ par année pour les 50 prochaines années. Or au Québec, après quelques mois de ce manège, le montant payé par les promoteurs a pratiquement doublé laissant un goût amer à ceux qui avaient déjà signé. Certains rares propriétaires terriens, voyant passé le train passer pendant qu'ils restaient en gare purent faire augmenter les sommes alloués dans les premiers contrats, mais ce ne fut qu'une minorité. Il y a de bonnes raisons pour lesquelles ce spécialiste fut invité. Le Restigouche est actuellement la cible de développeurs éoliens flairant la bonne affaire. Il y a un mois de cela, Invenergy de Chicago est venu faire la promotion d'un parc de soixante-sept éoliennes érigé à Blue Mountain et pouvant fournir 100 MW d'électricité. Une quinzaine de personnes triées sur le volet tels les maires de Charlo et de Dalhousie, trois représentants de Balmoral, des conseillers d'Eel River Crossing et de Belledune ont pu assister à la présentation. La compagnie Invenergy affirmait avoir complété l'étude de la force des vents et prévoyait que le parc pourrait abriter 67 éoliennes de 1,5 MW. Or une autre entreprise de cette industrie, Preneal Canada, de Moncton, a récemment tenté la même contactant des citoyens et acteurs politiques locaux. Que ce soit au Québec ou au Nouveau-Brunswick, le problème semble le même. Les promoteurs qui sont des entreprises multinationales approchent les propriétaires individuellement les jouant les uns contre les autres. Résulte de cette situation d'infimes retombées économiques régionales alors « qu'une éolienne peut rapporter 500 000 $ annuellement », affirme Jean-Louis Chaumel. L'homme qui consacre sa vie au développement de l'éolien trouve triste que la population voie apparaître les éoliennes sans en recevoir une juste part des profits. S'abstenir n'est pas une meilleure solution. Les projets qui se négocient maintenant fixeront pour les prochaines décennies les grands axes du développement éolien. Quand l'entente par les promoteurs et la province sera signée, les jeux seront faits. « Vous devez vous organiser », a dit plusieurs fois le spécialiste. Il reste à savoir si les décideurs locaux l'écouteront. Vachement bonne!![]() Par Michel Gourd Une des vaches d’un agriculteur de Saint-André de Restigouche vient d’être classée excellente. C’est le plus haut classement qu’une vache laitière a eu dans Baie des Chaleurs. Raymond Charest a une bête exceptionnelle dans son troupeau. Lorsque le classificateur s’est présenté pour faire l’inspection de ses 38 vaches laitières, il a remarqué cette bête exceptionnelle dès qu’il l’a vue. « Il m’a dit : c’est une maudite bonne vache », affirme l’agriculteur des plus heureux de l’événement. « Au commencement, il a dit, je pense que je vais te la remonter en pointage parce qu’elle était déjà 86 points. Il a voulu la mettre à 88 points. Après l’avoir bien regardé, il m’a dit : je vais me rectifier un petit peu et te la mettre excellente. C’est la première vache classée excellente dans la Baie des Chaleurs et sur les plateaux. C’est bien important pour moi », continue Raymond Charest. Les classificateurs font des rondes de classification des troupeaux aux sept mois. Chaque vache est évaluée pour 24 caractères descriptifs au moyen d'une échelle de 9 points incluant 39 caractères défectueux qui sont classés avec une tendance légère ou prononcée. La combinaison de ces cotes sert à évaluer les sept caractères principaux de la vache soit la charpente, la croupe, les membres, le système mammaire, l'avant pis, l'arrière pis et le caractère laitier plus un pointage et un classement final. Il y a de bonnes raisons pour lesquelles Raymond Charest est fier de cette vache. Elle est le résultat de croisement qu’il a lui-même décidé. « Cette vache vient de mon propre élevage. Sa mère était évaluée A bonne +, mais rien d’extraordinaire. Tout dépend du croisement qu’on fait. J’ai décidé de la croisée avec du Stromatic ce qui a donné cette belle grande vache qui est devenue excellente au troisième veau », continue-t-il. « Si elle continue à être en bonne forme, elle peut faire jusqu'à 8 lactations. Elle est projetée à 10,300 kilos de lait pour cette année. Ça, c’est pour 305 jours en lactation. Elle peut encore monter ». Le troupeau de Raymond Charest comporte donc actuellement une vache excellente, 7 très bonnes, 19 bonne + et 12 bonnes. Le classement ne pouvant redescendre, ses vaches ne peuvent que progresser. C’est une bonne récompense pour quelqu’un qui a décidé de passer sa vie sur une ferme. « Le troupeau a été transféré à mon nom et a celui de mon frère Philippe en 1983. C’est une entreprise familiale. Mon père l’a parti lui-même. Jeune, on a toujours travaillé avec les animaux, j’aime les travaux de la ferme, faire de la culture. Actuellement, on a 32,39 kilos de quotas de matière grasse », dit-il en terminant. « Ça va être une vache pour la reproduction. Je vais essayer de mettre son potentiel génétique à contribution ». La vente d’embryons pourrait être la voie choisie. 01/11/07Balmoral : 35 ans et toutes ses dents !Par Michel Gourd Hébert D. Arseneault, maire de Balmoral, la voit comme la Beauce du nord du Nouveau-Brusnwick. Cette municipalité vient d'ailleurs de compléter une partie importante de ses infrastructures. Pour la première fois de son histoire, la route qui sert de colonne vertébrale à la plus longue municipalité du Nouveau-Brunswick est asphaltée d'un bout à l'autre. À 35 ans, Balmoral est prête à mordre dans la vie. Cette comparaison que fait le maire avec la Beauce québécoise, berceau d'innombrables entreprises, tient la route. Le village de Balmoral compte 90 PME pour une population de 1700 habitants et a résolument mis le cap sur le développement économique ayant en 2005 converti une partie de son immeuble municipal en centre d'aide aux entreprises. La Salle Justin porte le nom de la première personne de langue française à s'établir et à enregistrer sa terre à Balmoral en 1855 et sert de soutien pour les entrepreneurs locaux les aidant à créer des emplois et accroître la prospérité de Balmoral. Elle leur offre un lieu de rencontre et une salle de formation dotée d'équipement de bureau. Ce centre nerveux a pour mission de créer et solidifier des partenariats d'affaires qui sont nécessaires et vitaux pour le développement économique de la communauté selon Hébert D. Arseneault. « Nous sommes fiers de contribuer à l'avancement de notre économie », affirme-t-il. « Au fil des ans, Balmoral a beaucoup évolué », continue le maire. Les immigrants ont commencé à s'installer dans cette région sauvage vers 1850. Pour mieux les recevoir, elle fut découpée en plusieurs centaines de concessions en 1856. La promulgation en 1874 d'une Loi offrant gratuitement ces concessions provoqua l'arrivée d'un grand nombre de colons. En 1875, il y avait 232 personnes à Balmoral, 44 maisons, un magasin général, 26 granges, 4 chevaux, 11 vaches, 13 moutons et 25 truies! L'évaluation moyenne de ces maisons était de 100 $ chacune! Les choses ont beaucoup changé depuis. Balmoral est devenu au fil du temps un village francophone à 99 %. Ses habitants sont fiers de leur histoire et ont décidé d'y est allé en grand pour souligner le 35e anniversaire de son incorporation. Le tout a commencé le 25 avril dernier avec une chorale de 45 jeunes chanteurs de 25 nationalités différentes. Elle fut suivie du Festival de la Truite du 31 mai au 3 juin et de la levée traditionnelle du drapeau et du tintamarre les 1er juillet et 15 août. Une soirée sociale fut organisée en l'honneur de tous les bénévoles le 8 septembre pour les remercier d'avoir fait de ce village ce qu'il est. Plus près de nous, le 27 octobre, un souper et une soirée reconnaissance a souligné les efforts soutenus des bénévoles. L'inauguration du parc des Braves, prévue pour le 11 novembre et la parade de Noël terminera les festivités. « Nous regardons résolument vers l'avenir», conclut le maire. « Les défis sont grands, mais nous saurons les affronter avec l'aide de nos entrepreneurs ». Photo: Du passé au présent. On voit ici Hébert D. Arseneault, l'actuel maire de Balmoral regardant le premier maire du village, Lauréat Drapeau signant le livre d'or du village le 25 octobre soit exactement 35 ans après l'incorporation de la municipalité de Balmoral. Credit:Michel Gourd Offensive bio en régionPar Michel Gourd Les producteurs de bœuf biologique de la Gaspésie et du Bas-St-Laurent se sentent à l’étroit dans le marché actuel. Ils réclament plus d’espace de tablette dans les épiceries et de meilleures normes de découpage. Hélène Guénette et Rubens Lavigne ont acquis une ferme à Saint-François-d’Assise en février 1988, commençant son exploitation deux ans plus tard. « Ça fait maintenant 17 ans que nous travaillons très fort à notre ferme. Elle a été certifiée biologique depuis 2003 », dit Hélène Guénette. « Au début, on avait 11 vaches qu’on a vendues pour acheter 30 bêtes de boucheries. On a actuellement 100 vaches reproductrices qui donnent 80 bouvillons par année. On pense augmenter notre cheptel à environ 130 vaches qui donneraient 100 bouvillons pour la vente. Cela devrait prendre encore un ou deux ans ». Devenir des producteurs biologiques a été une chose naturelle pour eux. « On a toujours été pour la production biologique. On s’est décidé à demander notre certification en 2000 et l’avons reçu 2003, car ça prend trois ans pour l’avoir ». Pour l’obtenir, ils ont du changé plusieurs choses au niveau de la production. « Un bœuf certifié biologique est élevé naturellement sans hormones dans les oreilles ou herbicides, pesticides et engrais chimiques. Tout ce qui est toléré est de chauler les terres et de les engraisser en fumier. Du côté rendement, nos bouvillons ont environ un mois de retard par rapport à un élevé avec hormones. On peut fournir un bœuf d’environ 1400 livres en 22 mois ». La différence se situe au niveau de la viande selon Hélène Guénette. « La qualité est meilleure, car on peut aller chercher un haut niveau de tendreté et une viande plus maigre, ce qui donne une qualité exceptionnelle. Ce qu’on remarque tout de suite avec le bœuf bio c’est qu’il requière une cuisson moins longue, car la viande est moins grasse. Les grandes différences, on les retrouve dans le goût, la tendreté et le fait qu’elle contient moins de produits chimiques », continue-t-elle. Pour mieux vendre leurs produits, les 21 producteurs biologiques du Bas-St-Laurent et la Gaspésie se sont donné une entreprise. Les viandes biologiques du Québec met en marché leurs bœufs biologiques. « On désert déjà quelques boucheries a Montréal, mais cela n’est pas suffisant pour écouler toutes nos bêtes », continue Rubens qui voudrait pouvoir vendre plus de bœuf dans la région. « On a contacté toutes les épiceries locales dans la vallée jusqu'à Carleton et on dirait que les gens sont frileux à l’idée de vendre du bœuf biologique ». Pour expliquer cette situation, il se demande si les grandes chaînes ne nuiraient pas à l’introduire des produits locaux. « Pourtant, le boeuf est là et les gens en demandent. On est rendu au point ou commence la difficulté de distribuer le produit. Étant loin des grands centres on a moins d’endroits ou on peut écouler notre boeuf comme une viande bio et c’est dommage, car si on ne peut pas l’écouler bio, on est obligé de l’envoyer dans des marchés conventionnels, c'est-à-dire qu’on l’envoie dans les abattoirs des grands centres et puis ça revient ici dans nos épiceries. C’est un peu ridicule que la viande fasse tout ce chemin ». Les viandes biologiques du Québec entreprennent donc une offensive pour sensibiliser la population. « Bien que toute notre production soit biologique, on ne peut que vendre environ 10% de notre viande sous cette appellation. Le reste passe par les créneaux habituels ». Pour remédier à ce problème, les producteurs vendent leur bœuf directement de la ferme. « Actuellement on vend l’équivalent d’un bœuf en viande coupée et emballée par mois. On a tous les permis. Les gens peuvent s’adresser directement à nous pour avoir leur viande bio. Le bœuf part pour l’abattoir de Luceville certifié bio, est ensuite découpé dans un endroit qui a aussi sa certification bio et revient emballé et surgelé sous vide ». Ces producteurs ont aussi de nouvelles demandes au niveau des centres de découpe. « Plusieurs font actuellement entre 47 et 50% de bœuf haché. Or la viande hachée tirée d’un bœuf ne devrait pas dépasser 33% du total. En fait, beaucoup de belles coupes peu connues au Québec sont passées dans le hachoir faute de connaissances suffisantes. C’est du gaspille. Beaucoup de gens reviennent de Montréal. Ils sont habitués à des coupes différentes, il faut s’adapter », termine-t-il. Confirmation définitive du SOMMET MONDIAL![]() Par Michel Gourd Le 25 octobre dernier, Bruno Bodard, secrétaire Général du Club des plus Belles Baies du Monde confirmait par courriel aux responsables de l'organisation du Club Allaooleg Baie des Chaleurs Inc. une des décisions les plus attendues dans la Baie des Chaleurs. Le courrier envoyé a Richard Gingras et Gilles Soucy annonçait la confirmation définitive du PREMIER SOMMET MONDIAL DE CET ORGANISME qui se déroulera du 3 au 8 octobre 2008 dans la Baie des Chaleurs. « C'est une fenêtre extraordinaire sur le monde dans l'actuel et pour toujours », affirme Gilles Soucy, V-P Nouveau-Brunswick pour le Club Allaooleg. « C'est un grand honneur pour nous d'organiser le premier sommet mondial du Club des plus Belles Baies du Monde. Ceci nous confirme comme une destination soucieuse d'un tourisme de développement à caractère durable. Nous sommes maintenant reconnus comme une destination exceptionnellement belle et préservée ». Rappelons que c'est Jean Mancat, un Français en quête d'absolu qui décida en premier de jumeler ce qu'il considérait être les deux plus belles baies du monde, soit celle d'Ha Long au Vietnam et le golfe du Morbihan. Favorisant les confrontations et les échanges naturels, ces endroits où la mer rejoint le continent sont riches d'histoire et de vie. Les fondateurs du club voulaient que toute la beauté de ce spectacle ne soit pas marquée par des stigmates d'un monde moderne mal maîtrisé. Ils voulaient contribuer par la réflexion et l'échange et faire en sorte que ces sites exceptionnels le restent. L'idée est de rassembler sous une même entité les plus belles baies de la planète, celles-ci étant un trait d'union symbolique entre l'océan et le continent. Le concept prit de l'ampleur et un courrier fut adressé aux responsables des sites recensés comme faisant partie des plus beaux de la planète les invitant le 12 novembre 1996 a une première réunion à Londres. L'assemblée générale constitutive du club s'est tenue le 10 mars 1997 à Berlin. Présidé par Jérôme Bignon, député français spécialiste du littoral, l'organisme regroupe actuellement les offices du tourisme de lieux exceptionnels du littoral mondial. Viennent s'y joindre quelques organismes de tourisme privés. « Les baies de par leurs configurations en arc de cercle schématisent à elles seules la confrontation de ces deux univers », estime ce club. Étant une structure liée au tourisme haut de gamme, tous veulent en être pour profiter de la manne. Une sélection impitoyable est donc effectuée pour assurer le plus haut niveau de qualité des sites adhérents. Les baies voulant en faire parti doivent donc remplir certains critères comme faire l'objet de mesures de protection, disposer d'une faune et d'une flore intéressante, disposer d'espaces naturels remarquables et attractifs, être connue et appréciée sur le plan local et national, être emblématique pour la population locale et avoir un certain potentiel économique. La Baie des Chaleurs en est devenue le 31e membre le 8 mars 2004 après qu'un regroupement d'hommes d'affaires et de membres des communautés micmacs qui formèrent le club Allaooleg, qui signifie là où on va, déposèrent une demande officielle à Paris en ce sens. « Ce sommet aura un grand impact sur notre région », affirme Gilles Soucy. « Quatre cents personnes vont venir pendant une semaine. Ce qui est encore mieux c'est qu'il y aura dans ce groupe cent journalistes de partout dans le monde qui vont parler de la Baie des Chaleurs. C'est très gros pour notre région ». Le Club des plus Belles Baies du Monde met l'accent sur la protection des sites qui en font partie. Il s'est d'ailleurs prononcé contre l'usine de traitement des sols contaminés de Bennett à Belledune le 15 décembre 2004. Environ 70 membres d'une vingtaine de pays ont voté unanimement une résolution disant que « le club s'oppose totalement à l'aménagement d'un tel projet sur les bords d'une baie classée parmi les plus belles baies du monde, une telle installation étant totalement incompatible avec la qualité environnementale et naturelle de ce site ». « Si une telle réalisation venait à voir le jour, il est évident que nous serions amenés à reconsidérer le classement de la baie des Chaleurs au sein de notre organisation. Ceci étant d'autant plus regrettable que vous faites preuve d'un dynamisme remarquable et que vous avez souhaité organiser le rendez-vous », affirma le Club dans son communiqué. La menace étant passée, l'organisme, lors de son 4e congrès mondial au Brésil du 3 au 9 octobre attribua le prix de l'environnement 2007 au club Allaooleg-Baie des Chaleurs pour son action déterminante contre l'incinérateur de Belledune. L'obtention du premier sommet mondial de cet organisme vient donc confirmer la haute opinion qu'il a de notre région. Un des criminels les plus recherchés des États-Unis est arrêté à Campbellton !Par Michel Gourd Les agents du District 9 de la GRC, Restigouche-Chaleur, ont capturé un des hommes les plus recherchés en Amérique du Nord. Richard Lee McNair, âgé de 48 ans, a été inscrit sur la liste des 15 fugitifs les plus recherchés après s’être évadé en avril 2006 du pénitencier fédéral de Pollock, en Louisiane ou il purgeait trois peines d'emprisonnement à vie. Champion de l’évasion, il en était à sa troisième. C’est mercredi que commença la chaîne d’événements qui allaient mener ce fugitif à sa perte. L'agent Daniel Melanson de la GRC de Campbellton, bien que n’étant pas en service, devint suspicieux après avoir rencontré une fourgonnette blanche immatriculée en Ontario sur la route 11. Les vitres teintées à l’arrière du véhicule le rendaient idéal pour le transport de contrebande. Il en fit la remarque à ses collègues. Le lendemain, les agents Nelson Levesque et Stéphane Gagnon ont repéré cette camionnette au centre-ville vers 10 h 35 et décidèrent de la vérifier. Réagissant à la mise en marche des gyrophares pour l'interception, McNair prit alors la fuite. Les agents amorcèrent donc une poursuite dans la partie Est du centre-ville, remontant dans les collines en direction de l'autoroute. C’est son manque de connaissance du terrain qui perdit le fuyard. Plutôt que de prendre la sortie pour l’autoroute, il la dépassa et s’engagea sur le chemin Gallant, en arrière du Centre hospitalier Restigouche, qui est un cul-de-sac. Coincé, Richard Lee McNair abandonna son véhicule se sauvant en courant. Il fut rejoint et arrêté un demi-kilomètre plus loin par Gagnon qui dut utiliser son savoir ayant recours à des techniques de contrôle pour passer les menottes au criminel qui refusait de se laisser faire. Maîtrisé, mais non démonté, Richard Lee McNair affirma alors à ses poursuivants qu’ils venaient d’attraper un gros poisson et se présenta sous son vrai nom. Il brouilla cependant les pistes quelques minutes plus tard, en signant ses empreintes digitales avec le faux nom de Troy Snyder. Pendant la fouille de la camionnette blanche qui lui servait d’endroit pour dormir, furent trouvés de fausses cartes d’identité et de l’équipement électronique pour les produire. Ce n'est que lorsque le résultat de l’analyse de ces empreintes revint une heure et demie plus tard que les agents ont réalisé à qui ils avaient affaire. Détenu jusqu’à vendredi au poste de la GRC de Campbellton, il fut transféré dans une prison du Nouveau-Brunswick en attendant d’être extradé aux États-Unis. Les enquêteurs voulaient cependant s’assurer que McNair n’avait pas commis de crimes graves au Canada avant de l’extrader. Bien que la camionnette qu’il conduisait ait été volée en Ontario, il est probable que la GRC ne retiendra pas cette charge pour faciliter son extradition. Selon le sergent James Bates, sous-officier responsable des opérations à Campbellton, la situation pourrait être différente s’il était révélé au cours de l’enquête qu’un crime plus grave avait été commis. L’homme arrêté pour une première fois à l’âge de 28 ans pour le meurtre d’un employé de silo à grain s’est évadé à trois reprises des prisons américaines. Au poste de police de Minot en 1988, il utilisa du baume à lèvre pour se glisser les mains hors d’une paire de menottes, mais fut repris après avoir sauté du troisième étage d’un édifice pour semer ses poursuivants. En 1992, il s’enfuyait avec deux autres prisonniers d’un centre de détention du Dakota du Nord et fut repris 10 mois plus tard. Finalement, en avril 2006, travaillant à la réparation de sac de postes dans un pénitencier de Pollock en Louisiane, il s’expédia hors de prison! McNair avait déjà été aperçu au Canada, à Penticton, en Colombie-Britannique. Bien que le Département américain de la Justice offre une récompense de 25 000 $ à quiconque fournirait des renseignements pouvant mener à l'arrestation de Richard Lee McNair, les agents de la GRC n’en toucheront pas un sou et devront se contenter de la gloire et du sentiment de devoir accompli. En cela l’agent Stéphane Gagnon devrait être particulièrement fier de son coup. Non seulement a-t-il réussi l’arrestation un des criminels les plus recherchés en Amérique, mais si ce n’avait été de ses connaissances en techniques de combat, l’arrestation de cet expert en arts martiaux aurait pu très mal tourner. Il n’est pas question ici de chance, mais de qualités personnelles. Bas de Vignette : On voit sur cette photo les agents Stéphane Gagnon et Nelson Levesque près de la camionnette du fuyard. Ce sont les vitres à l’arrière du véhicule qui mirent la puce à l’oreille de l'agent Daniel Melanson.
|
10 derniers articles10 derniers commentaires
SondageComment qualifieriez-vous la santé démocratique du Canada?
RechercherParticiper au blogue |
|||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||












