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3 Septembre 2008Les prisonniers, les rats et les seins
Troisième journée beaucoup plus tranquille à La Nouvelle-Orléans aujourd'hui. Gustav nous a encore craché dessus par moments, mais sans le vent, ça fait beaucoup moins peur. Surtout que les niveaux d'eau avaient nettement baissé, comme le démontrent ces deux photos prises par mon collègue Gilles depuis le même pont surplombant l'Industrial Canal, hier et aujourd'hui.
![]() ![]() En nous promenant dans les rues de la ville, nous sommes tombés sur un groupe d'une vingtaine de gars en jeans et en t-shirts blancs qui montaient debout dans la boîte d'un camion, accompagnés d'agents. L'instinct nous a suffisamment titillés pour qu'on les suive et on ne s'était pas trompés: il s'agissait de prisonniers chargés d'aller ramasser des branches dans les rues. Ce ne sont évidemment pas les criminels les plus dangereux. Ils ont été condamnés à une peine allant de 30 jours à 6 mois pour des délits mineurs. Chaque jour ou presque, on leur donne une tâche, nettoyer le poste de police par exemple. Nous avons ensuite pris la route de Houma, à environ une heure, une ville que Gustav a frappé de plein fouet. Les dommages étaient beaucoup plus importants là-bas, mais si j'avais à choisir entre ça et le verglas, j'aurais choisi Gustav sans hésiter. Après quelques autres détours et après avoir envoyé textes et photos, nous avons pu relaxer un brin. Bourbon Street s'éveille tranquillement et nous nagions pratiquement dans le luxe, ayant le choix entre au moins 3 ou 4 restaurants différents! Aucun n'était excellent, mais entre ça et les biscuits... En ressortant du restaurant de fruits de mer que nous avons finalement choisi, nous avons aperçu au moins une dizaine de rats qui fouillaient dans les vidanges juste de l'autre côté du coin de rue. Ils sortaient du même pâté de maisons que le restaurant, quoique je ne suis pas sûr que les deux édifices connectent réellement. De toutes façons, si on avait été particulièrement difficiles, on ne serait sûrement pas allés dans un restaurant de fruits de mer qui n'a assurément pas été approvisionné en nourriture fraîche depuis au moins 3 jours et dont les frigidaires ont probablement manqué d'électricité... J'étais étonné hier de voir quelques bars et restaurants ouverts, mais pas de club de danseuses. Le sexe, c'est bien connu, est une business particulièrement efficace pour trouver un moyen de servir ses clients. Ça a changé ce soir, alors que le Hustler's était ouvert. En grand professionnel, je n'y ai évidemment pas mis les pieds (sifflez l'air de votre choix ici), mais «on» me rapporte qu'il y avait bel et bien quelques demoiselles en fonction à l'intérieur et qu'on y trouvait même une demi-douzaine de jeunes membres de la National Guard et deux ou trois policiers en uniforme, un soir de couvre-feu où l'endroit n'aurait même pas dû être ouvert de toutes façons. ![]()
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