1er Septembre 2008

Permalink 23:42 pm, Jean-François Codère / Sur le terrain, 527 mots  

Merci Gustav

En fait, ce n'est probablement pas Gustav lui-même qu'il faudrait remercier, mais une quelconque combinaison de facteurs ayant fait en sorte qu'il ait perdu de la force avant d'atteindre la Louisiane en tant qu'ouragan de catégorie 2, plutôt que la catégorie 3, 4 ou même 5 qu'on lui prédisait à un certain moment.

Ce matin, couchés au deuxième étage d'un bed & breakfast, le vent a commencé à nous bercer en secouant l'édifice dès 5h30. Nous étions dehors aux environs de 7h et la pluie était intense, mais pas autant que le vent. Bien aligné, j'aurais probablement pu battre l'un des records du monde d'Usain Bolt sans forcer.

Après une tournée d'une heure, nous sommes rentrés à l'hôtel, le temps de nous informer un peu et de voir jusqu'où irait la tempête. Une fois le pic atteint, nous sommes devenus suffisamment confiants pour lancer notre rutilante minivan à l'assaut de Gustav. Seul problème: une belle crevaison, cadeau probable du globe recouvrant l'ampoule d'un réverbère. Il a donc fallu changer ledit pneu par grand vent, une opération délicate.

Nous nous sommes par la suite rendus près de la digue du Industrial Canal, un mur de ciment d'environ 12 pieds de haut par-dessus lequel l'eau commençait à déborder. Il faut savoir que l'eau ne se rend généralement même pas à ce mur. Il y a même une rue entre le canal et le mur. Au moins, le mur a tenu et l'inondation a été limitée à la rue parallèle suivante.

C'est la première fois que je couvre un événement du genre et l'ambiance est vraiment particulière. Le centre-ville est occupé à 98% par des journalistes. Les 2-3 restaurants ou bars qui ont ouvert leurs portes dès le début de l'après-midi, quand le gros de Gustav était passé, était bondés de journalistes. On se sent un peu comme dans un camp.

Nous sommes retournés manger ce soir dans le même restaurant que ce midi. Deux cheeseburgers consécutifs, ce n'est pas le Pérou, mais c'est mieux que des biscuits. Dans le petit bar où nous sommes allés prendre une bière avant, l'ambiance était encore plus bizarre, alors que tous les clients présents, sauf un, étaient des journalistes qui se racontaient leur journée. En théorie, la ville fait l'objet d'un couvre-feu et pourtant, ni le propriétaire du bar ni celui du restaurant n'ont été importunés par les nombreux policiers qui passaient devant. Au contraire, on a vu des policiers et des soldats de la National Guard commander des burgers!

Je vous laisse en terminant sur cette photo, prise ce matin, alors que j'approchais de notre minivan, sur lequel j'ai laissé libre cours à mes talents artistiques (hum hum...), histoire de pouvoir se promener en ville sans se faire importuner.

Photo le Journal, Gilles Renaud

J'en profite en passant pour corriger une erreur: mon collègue photographe Gilles Renaud n'est pas en mesure d'envoyer ses photos sur son blogue. Vous les trouverez donc, parmi d'autres tirées des fils de presse, dans cette galerie de photos Canoë.

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