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21 Août 2008Le problème avec les pirates...
Le problème, avec les gens que j'entends se plaindre des limites imposées aux quantités de données téléchargeables auprès de la majorité des fournisseurs d'accès Internet, c'est qu'ils sont représentés par des gens comme lui.
Le type se plaint que son fournisseur, un revendeur de Vidéotron, vient de changer son forfait, le ramenant d'« illimité » à un maximum de 300 Go. Il n'y a pas de faute, c'est bien 300 Go. Allons-y tout de suite des précisions d'usage, puisque je viens de parler de Vidéotron. Comme les logos surplombant ce blogue ne le cachent pas, je suis sur le payroll de Quebecor. Ouin... pis? 300 Go, donc. C'est assez pour acheter 5181 fois par mois l'album X&Y de Coldplay sur iTunes, incluant le petit livret électronique en PDF. Ou télécharger 283 fois par mois le film Hitman sur le même site. Je choisis ces deux exemples parce que je les ai moi-même achetés et que j'en connais donc la taille exacte. À supposer qu'il aime un peu varier, le type pourrait donc écouter 4,7 films et 86 albums de musique différents à chaque jour — un tout petit peu moins dans un mois de 31 jours — et respecter sa limite de bande passante. Mais non, ce n'est pas assez. Le type a utilisé 409 Go le mois passé. Mon fameux disque dur de 1 To que je ne pensais jamais remplir crierait grâce en deux mois et demi. Mais ce n'est pas la faute du gars, évidemment. C'est la faute du maudit fournisseur d'accès capitaliste monopolistique exploiteur sans vergogne. Le type pirate, il l'avoue, mais c'est parce que « nous croyons que notre culture générale ne devrait pas être limitée par notre budget ». Parce que les détenteurs de droits d'auteur aussi sont des sales rapaces, c'est bien connu. Le gars a des besoins culturels, ma foi, vraiment insatiables. Une véritable éponge à Savoir, avec un grand S. S'il fallait transposer tout le savoir emmagasiné en bons vieux livres, on serait probablement rapidement à l'étroit au sein de la Grande Bibliothèque, les murs crochiraient et les lamelles de verre foutraient le camp sur le coco des passants. Une telle soif, ça ne s'étanche évidemment pas à l'eau. Avec les pénalités incroyables que le vilain fournisseur impose à notre homme (1$ du Go! 1$ pour 17 albums de musique!), il n'aura évidemment pas les moyens de se payer du champagne bien longtemps. Que propose donc notre homme? C'est évident, voyons: graver puis vendre les oeuvres qu'il a téléchargées illégalement. C'est pas sa faute, il le dit: « je n'aurai pas le choix de le faire ». Pas le choix. C'est vraiment tragique de voir le système capitaliste ainsi restreindre un grand esprit en soif de culture générale. En fait, tout devrait fonctionner comme cela: • Les médecins qui ont étudié pendant des années devraient travailler gratuitement et tout le temps. On ne voudrait pas que le vilain système capitaliste empêche des gens d'être soignés. • Les ingénieurs civils aussi devraient travailler gratuitement. Il ne faudrait pas que ces exploiteurs fassent en sorte que construire des ponts coûte trop cher. • Et les professeurs! Quelle racaille! Y pensez-vous? Demander un salaire pour éduquer nos enfants... Il faut vraiment avoir l'esprit complètement pourri par l'appât du gain. ![]()
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